Climat : BlackRock tire la sonnette d’alarme

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Que BlackRock, qui, à lui seul, détient 4.737 milliards de dollars d'actifs sous gestion, joigne sa voix à celle de ces pionniers de l'investissement responsable montre à quel point le sujet devient « mainstream ».
Que BlackRock, qui, à lui seul, détient 4.737 milliards de dollars d'actifs sous gestion, joigne sa voix à celle de ces pionniers de l'investissement responsable montre à quel point le sujet devient « mainstream ». (Crédits : STEPHANE MAHE)
Premier gestionnaire d’actifs au monde, le fonds américain alerte les investisseurs: ils doivent désormais prendre en compte l’exposition au risque climatique dans la composition de leurs portefeuilles. Et peu importe qu’ils en soient ou non personnellement convaincus.

Sur le fond, l'analyse du BlackRock Investment Institute (BII) ne diffère guère de celles développées depuis plusieurs années par certains investisseurs institutionnels tels que les membres du PRI (Principles for Responsible Investment), de l'IIGCC (Institutional Investors Group on Climate Change) ou du CDP (Climate Disclosure Project). Pour mémoire, quelque 130 investisseurs représentant 13.000 milliards d'actifs sous gestion avaient d'ailleurs adressé une lettre ouverte aux membres du G20 en amont du sommet des 3 et 4 septembre dernier à Hangzhou, afin de les pousser à ratifier au plus vite l'Accord de Paris.

Mobiliser 90.000 milliards de dollars d'ici à 2030

Mais qu'un fonds "classique" de la taille de BlackRock, qui, à lui seul, détient 4.737 milliards de dollars d'actifs sous gestion, joigne sa voix à celle de ces pionniers de l'investissement responsable montre à quel point le sujet devient « mainstream ». Heureusement pour les défenseurs du climat. Le think tank New Climate Economy  estime en effet à quelque 90.000 milliards de dollars d'ici à 2030 le coût de la transition énergétique. Pour y faire face, les seuls investisseurs institutionnels n'y suffiront pas. D'où l'initiative prise par BlackRock pour faire prendre conscience aux fonds, et plus encore à leurs clients, de la réalité et de l'ampleur des risques (et des opportunités) liés au climat.

"Dans la foulée de la ratification par la Chine et les Etats-Unis de l'Accord de Paris, alors que le climat est le sujet qui a fait le plus consensus lors du dernier G20, il nous a semblé que c'était le bon moment pour publier notre rapport", précise Isabelle Mateos y Lago, directrice générale au BlackRock Investment Institute.

"Aujourd'hui, les risques (réglementaires, technologiques, climatiques et sociaux) liés au changement climatique sont tels qu'aucun gestionnaire d'actif ne peut les ignorer, quelles que soient ses convictions personnelles sur le sujet", ajoute-t-elle.

Prendre aussi en compte le risque de disruption

Dans sa publication, BlackRock rappelle le risque « physique » lié aux manifestations physiques les plus violentes (inondations, ouragans, incendies, etc.) ou les plus profondes (évolution des températures) du changement climatique. Le rapport Stern paru en 2006 en estimait le coût annuel entre 5% et 20% du PIB mondial. Le fonds souligne également l'inflation et le durcissement de régulations environnementales, et singulièrement climatiques, qui accroissent les coûts de mise en conformité mais multiplient également les risques d'amendes ou de procès, comme l'a récemment montré l'affaire Volkswagen.

Le risque « technologique », lié aux disruptions dans certains secteurs plus particulièrement concernés (notamment l'énergie ou le transport), menace également les modèles économiques traditionnels et les entreprises qui ne feraient pas preuve de l'agilité nécessaire pour évoluer.

Aux détenteurs d'actifs de faire pression sur les fonds

Face à ces risques, dont la plupart représentent en miroir des opportunités pour les entreprises qui sauraient bien négocier la transition, que peuvent faire les gestionnaires de portefeuilles? Les entreprises sont soumises à une exigence de transparence quant à leur risque climatique, notamment en France dans le cadre de la loi sur la transition énergétique. Pour autant, "tant qu'elles ont le choix, certaines entreprises auront toujours tendance à en dévoiler le moins possible", rappelle Isabelle Mateos y Lago. De leur côté, les gestionnaires de portefeuille disposent d'outils de plus en plus sophistiqués permettant de mesurer une exposition au risque climatique. Mais,

"l'objectif principal de cette publication est aussi de 'sensibiliser' les détenteurs d'actifs, nos clients et ceux qui ne le sont pas encore, pour qu'ils demandent des comptes à leurs gestionnaires d'actifs, détaille Isabelle Mateos y Lago. Ce n'est pas facile de modifier sa façon de faire et de communiquer lorsqu'il n'y a pas de demande en face", reconnaît-elle.

Préserver la stabilité des marchés

Malgré l'urgence climatique, BlackRock ne préconise pas un réajustement trop brutal des portefeuilles :

"Le calendrier de travail pour la mise en œuvre de l'accord de Paris porte sur les 10 à 15 prochaines années, ce qui est compatible avec une évolution progressive des portefeuilles et donc de la réallocation des fonds, rappelle Isabelle Mateos y Lago. Cette progressivité est préférable pour préserver la stabilité des marchés", ajoute-t-elle.

C'est pourquoi, plutôt que le désinvestissement, BlackRock appelle à un "mode d'engagement constructif auprès des entreprises". Une méthode d'autant plus adaptée que les entreprises qui pourraient se voir désinvesties en priorité, telles que les grands énergéticiens conventionnels, sont également celles qui pourraient peser le plus dans la transition, par exemple en basculant massivement vers les énergies renouvelables.

Par ailleurs, le BII plaide  pour une tarification du carbone, le meilleur outil, du point de vue des experts, pour inciter les entreprises à la transition, et pour des politiques favorisant un développement plus rapide des green bonds.

     >Lire: La France émettra en 2017 la première obligation souveraine "verte"

Pas de scénario sans transition énergétique... ou sans risque

En outre, le BII estime que ces ajustements peuvent parfaitement se faire sans risque financier et qu'il est aujourd'hui tout à fait possible d'optimiser un portefeuille pour en réduire l'exposition au risque climatique avec une faible déviation par rapport aux index classiques.

"C'est un peu comme une prise d'assurance presque gratuite", conclut Isabelle Mateos y Lago.

Reconnaissant que "la vitesse de la transition énergétique  va dépendre notamment de la rapidité de réallocation des ressources vers une économie décarbonée", elle insiste :

"Il n'existe pas de scénario sans risque ni transition. On ignore simplement sous quelle forme et à quel moment précis elle se fera."

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Commentaires
a écrit le 11/09/2016 à 10:10 :
IL Y A 10ANS C ETAIT UNE PERTE DE 10% DU PIB MONDIAL PERDU MAINTENENT C EST 20% DU PIB MONDIAL PERDU A CAUSSE DE LA NON PRIS EN CHARGE DU RECHAUFEMENT CLIMATIQUE CELA COMMENCEA FAIRE BEAUCOUP CELA A DOUBLE EN I0ANS/// C EST EMORME EST CELA TOUS LES ANS???/// C EST UNE CHOSSE DE SONGER QUE LA NATURE NOUS PARLE ET LE GENRE HUMAIN N ECOUTE PAS///VICTOR HUGO/// AVEC CES MILLIARDS DE MILLIARDS ONT POURRAIS NOURIR ET AIDE TOUS LES PAUVRES DE LA TERRE???/// LA PLANETE PEUT POUVOIR AU BESSOINS DE TOUS MAIS PAS A LA CUPIDITE DE CERTAINS/ //GANDHI///
a écrit le 10/09/2016 à 12:56 :
Les gars, ils enfoncent des portes ouvertes. D'après lui pourquoi la plupart des pays occidentaux en dehors de son cher pays américain se sont engagé dans le protocole de Kyoto il y a 20 ans ?
Les gars, ils ont une génération de retard et c'est à cause de types dans leur genre que les progrès ont été limités depuis 20 ans et que leur pays n'avait jamais ratifié le protocole de Kyoto.
C'est juste une posture politique (car oui les financiers font au moins autant de la politique à coup de corruption (houps pardon on dit lobbying en novlangue ultra-libérale) que de finances ! Des hypocrites comme d'habitude.
a écrit le 10/09/2016 à 1:08 :
BlackRock était déjà un peu parmi les pionniers avec sa sicav BFG New Energy et a raison d'aider à accélérer le processus de transition énergétique. Le pétrole et dans une moindre mesure le gaz sont une absurdité sous forme « combustible ». Il aura fallu quelques 250 millions d’années pour former du pétrole dans au moins 4 conditions bien spécifiques et rares et on le brûle à tout va dans des moteurs thermiques à bas rendement qui sont plus efficaces à chauffer qu’à transporter, entraînant de plus l’émission de Ges avec les conséquences durables et lourdes que l’on peut de plus en plus constater depuis environ 1830 dans le monde entier, sans parler de la pollution par particules également coûteuse en maladies et vie.

Dans quelques décennies notre période apparaîtra comme l’une des plus attardées et stupides de l’histoire. Un peu comme lorsque l’on regarde la période de la 1ere et de la 2e guerre mondiale qui s’est laissée entraînée dans le chaos et la gabegie avec cette absence de raisonnement à plus long terme intégrant plus de paramètres, malgré pourtant tous les atouts scientifiques, techniques et de connaissances qu’il y avait déjà pour vivre bien mieux et de manière bien plus évoluée.

Il y a beaucoup d’applications de bien plus grand intérêt pour le pétrole et dans une moindre mesure le gaz, notamment en chimie, pharmacie, revêtements, plastiques, pvc, engrais etc et souvent sous forme recyclable et souvent également pour des applications irremplaçables.
Réponse de le 10/09/2016 à 12:52 :
Dans quelques décénies se sera l'anarchie ou la pire dictature que nous ayons connu
a écrit le 09/09/2016 à 22:22 :
Sauvez la planète pour sauver nos investissements !!!!
a écrit le 09/09/2016 à 15:38 :
Rien sur la proliferation de l'espece humaine .Rien sur le fait qu'en 30 ans l'humanité ait doublée !!!!!Demographie irremediablement en hausse ,lutte contre la pauvreté comme necessité morale en hausse ,donc plus de pouvoir d'achat pour les pauvres ce qui signifie plus d'impact sur l'environnement ,le co2 ext ....Le pape qui dit publiquement '''les chretiens ne doivent pas se reproduire comme des lapins ''''rien la dessus ni de la part des politiques ,ni de la part des écolos,des politiques ,et encore moins rien de la part des investisseurs !On peut avoir beaucoup d'argent et etre petit homme, c'est pas les investisseurs qui sont capable de faire un pas vers demain ,un pas vers un nouveau futur ,c'est rien que des suiveurs ......
Réponse de le 09/09/2016 à 19:07 :
Le système entier est conçu pour la destruction rapide de notre planète. La terre de demain ne sera pas faite pour l'homme d'aujourd'hui...
a écrit le 09/09/2016 à 15:14 :
il faut emettre une nouvelle monnaie pour garantir la survie de l'espèce: le SDR
Et surtout , chacun doit confier son or à blackrock et aux gouvernements.

il faut sauver la planete pour le petit aylan
a écrit le 09/09/2016 à 14:49 :
Tout cela a un cout. Les investissement faits en dehors de la doxa mainstream ne les supporteront pas et seront donc plus rentables pour l'investisseur. A méditer, en période de taux négatifs.
a écrit le 09/09/2016 à 14:23 :
Comme d'habitude les marchés pensent d'abord et avant tout... aux marchés.
Réponse de le 09/09/2016 à 22:09 :
@citoyen blase
Très juste. L'écologie selon Black rock c'est avant tout de protéger ses clients: les retraites américains. Une situation qui ne devrait pas perdurer dans un environnement de taux négatifs, d'un croissance mondiale atone et des bruits de bottes aux 4 coins de la planète.m

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