Climat : Obama serre la vis aux centrales thermiques, l'Europe applaudit

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Nous n'avons qu'une maison. Nous n'avons qu'une planète. Il n'y a pas de plan B, a affirmé Obama.
"Nous n'avons qu'une maison. Nous n'avons qu'une planète. Il n'y a pas de plan B", a affirmé Obama. (Crédits : © Jonathan Ernst / Reuters)
Le président des Etats-Unis a dévoilé lundi le "Plan américain pour une énergie propre". Sa version définitive prévoit une réduction de 32% entre 2005 et 2030 des émissions de CO2 provenant de la production d'électricité. L'Union européenne a immédiatement salué l'effort.

"Il n'y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique."

Par ce constat, le président américain Barack Obama a introduit lundi 3 juillet la version définitive de son plan de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre produites par les centrales électriques fonctionnant au charbon.

"Nous sommes la première génération qui ressent l'impact du changement climatique", a expliqué le président américain. "Nous sommes la dernière génération qui peut faire quelque chose à ce sujet", a-t-il insisté.

Ce  "Plan américain pour une énergie propre" ("America's Clean Power Plan") sera au cœur de la contribution de Washington à la Cop21, la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à la fin de l'année à Paris, et dont l'administration Obama s'est engagé à être l'un des fers de lance. Elle réunira 195 pays qui devraient s'engager à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température mondiale générée par les émissions de gaz à effet de serre.

Le passage aux énergies renouvelables encouragé

Afin de rattraper le "retard" dans la lutte contre le réchauffement climatique et de déclencher une véritable inversion des changements écologiques, la prise de mesures draconiennes s'impose, a jugé le président américain. C'est pourquoi la version du plan "Clean Power" présentée lundi se fixe un objectif plus ambitieux que sa première mouture: réduire de 32%, à l'horizon 2030, les émissions de CO2 provenant du secteur de la production d'électricité, par rapport à leur niveau de 2005. Le projet initial, publié l'an dernier, demandait une réduction de 30%.

Le plan augure d'une transformation notable du secteur de l'électricité, car il encourage le passage aux énergies renouvelables aux dépens de la production d'électricité à partir du charbon. S'il est mis en œuvre, la part du charbon dans la production d'électricité aux Etats-Unis tombera de 39% en 2014 à 27% en 2030 (30% dans la proposition initiale), a précisé dimanche à la presse la responsable de l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA), Gina McCarthy.

La part du gaz naturel dans la production d'électricité restera pour sa part à 30% à l'horizon 2030, tandis que les énergies renouvelables représenteront 28%, contre 22% initialement envisagé. Le nucléaire présente quant à lui 20% de l'énergie produite aux Etats-Unis.

Les républicains opposés

Dans un pays où 37% de l'électricité est encore produite par des centrales au charbon, certains groupes industriels, ainsi que des élus d'Etats dépendant d'une énergie à base de charbon, accusent notamment l'administration Obama d'être responsable d'une future hausse du prix de l'électricité pénalisant les plus pauvres, voire de futures destructions d"emplois. Ils ont annoncé leur intention de contester ce plan en justice ainsi qu'au Congrès.

L'annonce officielle a également été immédiatement critiquée par les républicains et par le chef de la majorité sénatoriale Mitch McConnell qui a promis de "faire tout ce qu'il pourrait pour s'y opposer". Pour John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants, ce plan est un "impôt énergétique" adopté au moment où le pays connaît une lente reprise après la récession.

"Nous n'avons qu'une maison"

Barack Obama s'est toutefois montré ferme:

"C'est la chose juste à faire", a-t-il affirmé. "Nous n'avons qu'une maison. Nous n'avons qu'une planète. Il n'y a pas de plan B", a-t-il martelé.

Selon l'administration Obama, son plan vise en effet plutôt à accélérer la transition vers une économie qui produira plus d'électricité à partir des énergies renouvelables. Aujourd'hui, les centrales électriques sont responsables de 40% des émissions américaines de dioxyde de carbone, le gaz le plus répandu contribuant au changement climatique.

"Un pas en avant" selon l'UE

"C'est un bon plan, et en tant que présidente, je le défendrai", a aussi déclaré l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui fait figure de favorite dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2016.

L'Union européenne a également immédiatement salué le plan. Le commissaire européen chargé du Climat, Miguel Arias Canete, a écrit sur Twitter: "le Plan pour une énergie propre est un pas en avant positif dans les efforts sincères des Etats-Unis pour réduire leurs émissions".

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 04/08/2015 à 20:08 :
c st un grand projet sur l avenir de la planette de surprimez le brulage du charbon mais faudrais allez plus loin comme l arret de la recherche de gaz de chiste et faire des progres dans des voitures plus petite et surtout electrique???
a écrit le 04/08/2015 à 14:59 :
un pas en avant pour .....2030!! Les peuples avancent , les états font du sur place!! aucun un mot sur la réduction de la taille des voitures des américains, sur l'éclairage tout zazimut des mégalopoles, sur les gaz de schiste....????Obama ou Hollande c'est du pareil au même!!

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