Environnement : la France est "ambitieuse" mais pas encore assez efficace

Dans le volet français de ses "examens environnementaux", l'OCDE salue les objectifs fixés dans les lois Grenelle et dans la loi sur la transition énergétique. Elle pointe toutefois encore de "nombreuses pressions" sur l'environnement français.

3 mn

En France, les concentrations d'ozone, de dioxyde d'azote et de particules fines dans l'air dépassent régulièrement les normes de protection pour la santé humaine, souligne l'OCDE.
En France, les concentrations d'ozone, de dioxyde d'azote et de particules fines dans l'air "dépassent régulièrement" les normes de protection pour la santé humaine, souligne l'OCDE. (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)

Beaucoup d'efforts, mais des résultats pas encore à la hauteur des objectifs. C'est le bilan en demi-teinte des politiques de la France en matière d'environnement et de transition énergétique dressé par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), dans le volet français de ses "examens environnementaux" présenté lundi 11 juillet à Paris. Le bilan précédent de l'organisation date d'il y a onze ans.

L'OCDE salue notamment les objectifs fixés dans les lois Grenelle (2009 et 2010) et la récente loi sur la transition énergétique (2015), ainsi que le "rôle moteur" de la France dans l'adoption de l'accord international sur le climat en décembre dernier. Grâce à ces différentes initiatives, "la France a progressé sur la voie du découplage en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et des principaux polluants atmosphériques, les prélèvements d'eau douce et en stabilisant la production de déchets municipaux", constate l'Organisation.

L'OCDE apprécie en particulier la promotion des investissements dans la croissance verte, notant que la France "est l'un des leaders européens" de l'éco-innovation et que la valeur ajoutée et l'emploi y "ont crû plus vite que dans l'ensemble de l'économie".

La biodiversité appauvrie

Mais l'organisation constate aussi que les résultats ne sont "pas toujours aussi bons qu'escomptés".

"L'agriculture intensive, l'urbanisation, l'artificialisation des sols et l'expansion des infrastructures de transport continuent de produire des effets néfastes sur la pollution de l'eau, de l'air et sur les écosystèmes", note le rapport, qui pointe de "nombreuses pressions" sur l'environnement.

Et d'égrener que la France est "l'un des plus gros consommateurs de produits phytosanitaires du monde", que les concentrations d'ozone, de dioxyde d'azote et de particules fines dans l'air "dépassent régulièrement" les normes de protection pour la santé humaine, ou encore que l'artificialisation des sols "s'est accélérée", appauvrissant la biodiversité.

Des réglementations environnementales trop compliquées

En matière énergétique, la France "n'est pas sur la bonne voie" pour atteindre ses objectifs de développement des énergies renouvelables et de maîtrise de la consommation d'énergie. En cause, selon l'OCDE, à la fois des carences dans la gouvernance des questions environnementales et un manque de volontarisme sur la fiscalité écologique.

"Il reste une marge de progression pour verdir plus largement la fiscalité française", et "la modernisation de l'organisation territoriale et la simplification des réglementations environnementales sont d'autres évolutions bienvenues qui devraient être poursuivies", juge le rapport.

Trente-trois recommandations

L'OCDE formule trente-trois recommandations, dont certaines ont déjà fait polémique en France, notamment dans les transports, comme la promotion de péages urbains, l'expérimentation d'une taxe poids lourds régionale ou l'élimination des exonérations de taxes sur les carburants. L'organisation défend aussi un renforcement des sanctions administratives contre les infractions à la protection contre les pollutions, des efforts en termes d'implication du public, la promotion de l'agroécologie ou encore la réorientation de la fiscalité sur la protection de la biodiversité.

(Avec AFP)

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 7
à écrit le 11/07/2016 à 17:34
Signaler
Pour les autres, la France peut toujours mieux faire a condition qu'elle fasse abstraction de ses intérêts et que la nouvelle situation avantages ses concurrents!

à écrit le 11/07/2016 à 17:02
Signaler
le scribe use de l' encre pour rien , une carte à l' échelle Européenne et mondiale accompagnée d' un tableau évolutif serait plus explicite .

à écrit le 11/07/2016 à 13:57
Signaler
En meme temps tous les pays peuvent faire mieux notamment l'Allemagne et ses mines de charbon et son industrie automobile très polluante, ainsi que les états-unis 5 fois plus pollueur que l'Europe et bien d'autres pays !

à écrit le 11/07/2016 à 13:43
Signaler
Pour la pollution de l'air, même si on ferme tout et arrête de bouger, on sera encore pollués par l'Allemagne, la GB, selon les vents. Réduire la pollution ne peut être que générale, concertée, car même arrivés à 0 particule, tant que les voisins, to...

à écrit le 11/07/2016 à 13:34
Signaler
Ce sont les Français qui refusent d'appliquer la bonne solution, parce qu'ils refusent obstinément d'augmenter le prix de l'énergie. Il suffirait d'appliquer les recommandations de la note n°6 du CAE, c'est à dire financer les charges sociales par un...

le 11/07/2016 à 16:43
Signaler
Pas la peine de lever de nouveaux impôts: il suffit de baisser les dépenses sociales et la redistribution (30% du PIB en France, plus de 600 milliards..). Je vous assure que c'est très possible puisque fait partout dans le Monde..

à écrit le 11/07/2016 à 12:04
Signaler
Difficile de contester ce rapport maintenant il s'oppose à la logique des lobbys financiers et au final, économie et environnement ont le même ennemi, le néolibéralisme. Or c'est lui qui dirige l'économie mondiale et donc, par compromission, la p...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.