Hinkley Point : le gouvernement britannique dit oui, mais...

La Première ministre Theresa May a finalement donné son feu vert à la construction par EDF de deux nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR dans le sud-ouest de l'Angleterre. Son aval est toutefois assorti de nouvelles conditions.

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Le projet, de 18 milliards de livres (21,2 milliards d'euros), est financé en partie par des capitaux chinois.
Le projet, de 18 milliards de livres (21,2 milliards d'euros), est financé en partie par des capitaux chinois. (Crédits : © Stefan Wermuth / Reuters)

Après plusieurs mois d'incertitudes et de tensions diplomatiques entre Londres et Paris, le gouvernement du Royaume-Uni a dit oui. La Première ministre britannique, Theresa May, a donné jeudi 15 septembre son feu vert à la construction par EDF de deux nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre: un projet de 18 milliards de livres (21,2 milliards d'euros) financé en partie par des capitaux chinois. Le ministre aux Entreprises, Greg Clark, a déclaré dans un communiqué:

"Nous avons décidé de la construction de la première centrale nucléaire depuis une génération".

L'entourage de François Hollande a précisé:

"Theresa May a appelé le président hier soir pour l'informer de son accord sur le lancement du projet de deux EPR à Hinkley point".

Le gouvernement du RU a aussi confirmé que l'accord sur Hinkley Point prévoit un prix de 92,95 livres sterling (82,8 euros) par mégawatt heure pendant 35 ans. Il ajoute toutefois que son aval à ce projet est assorti de nouvelles conditions, qui lui permettent notamment d'intervenir dans une cession éventuelle de la participation de contrôle d'EDF dans le projet. Des mesures additionnelles au projet initial permettraient "d'améliorer la sécurité", a précisé Greg Clark.

Le titre d'EDF en baisse

En juillet, quelques heures seulement avant la signature officielle du projet, la nouvelle occupante du 10, Downing Street avait, à la surprise générale, décidé de le mettre en suspens, expliquant avoir besoin de temps pour évaluer les implications de ce dossier.

L'approbation donnée par le gouvernement britannique à la construction de la centrale nucléaire controversée Hinkley Point C, en Angleterre, "crédibilise" la filière nucléaire française en pleine refonte, a réagi le secrétaire d'Etat français à l'Industrie, Christophe Sirugue.

"On est très satisfait. Bien sûr, cela affirme l'excellence française dans le domaine de la filière nucléaire. C'est quand même la première commande en Europe depuis Fukushima (...). Cela valide l'engagement du gouvernement français de refondation de la filière nucléaire et puis cela crédibilise à la fois notre savoir-faire et (...) nos excellentes relations avec les Britanniques. Et, au bout du compte, c'est 4.500 emplois" en France, a-t-il souligné.

Vers 07h35 GMT, le titre EDF perdait 1,65% à 11,05 euros alors que l'indice regroupant les "utilities" européennes était inchangé.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires 11
à écrit le 15/09/2016 à 18:05
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Pour vendre un truc qui ne marche pas et qui va coûter les 2 bras et les jambes aux contribuables français en indemnités de retard et surtout travaux supplémentaires sans fin ou encore mise en oeuvre d'éléments non prévus, il y en a sûrement quelques...

à écrit le 15/09/2016 à 14:07
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Ce n'est pas difficile cette centrale ne fonctionne toujours pas et on met l'avenir d'EDF la dessus le fiasco sera total Flamanville pas livrée ainsi que l'EPR en Finlande, ) on a du soucis a se faire !!!!!Vu le prix de ces EPR on leur souhaite bien ...

à écrit le 15/09/2016 à 13:38
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Triste jour, allons allumer un cierge pour cette humanité cupide et irresponsable

à écrit le 15/09/2016 à 13:29
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Sans le nucléaire, notre industrie n'existerait plus. Et sans industrie, que serions nous?

le 15/09/2016 à 17:20
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Sauf que le nucléaire stagne et n'arrive pas réellement à se renouveler. On a tellement d'autres industries qui se portent bien et qui pourraient exceller en France, mais on préfère rester sur un milieu qui préfère être obsolète (alors qu'il pourrait...

à écrit le 15/09/2016 à 10:44
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Le "oui mais" m'inquiète fortement surtout concernant le financement sachant que les anglais sont beaucoup plus fins que les français concernant les tractations et sachant également que Hollande et EDF sont prêts à tout accepter du moment que le proj...

à écrit le 15/09/2016 à 10:28
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Pas adepte du French bashing, mais il faut être réaliste, suite au vote du Brexit, nos voisins se sont pris une très sévère mise en garde des Chinois. Ils ne peuvent pas se permettre de se fâcher avec l'Empire du Milieu. Sympa le "take back controle"...

le 15/09/2016 à 15:55
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Le PV est à 30€/MWh au Chili parce que l'ensoleillement là bas est 3 fois supérieur à ici. Ici le solaire est au mieux du mieux à 70€/MWh pour de grandes centrales en pleins champs, et jusqu'à 240€/MWh pour du PV sur toit intégré au bati. Il fa...

le 16/09/2016 à 1:55
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@ Bachoubouzouc : au Chili le prix est à 25,6 euros / MWh pour un important appel d'offre mixe solaire et éolien, donc pas uniquement solaire. De plus en mars 2012 on avait en France des appels d'offres retenus à 188 euros / MWh. On est désormais à 7...

à écrit le 15/09/2016 à 10:20
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"C'est quand même la première commande en Europe depuis Fukushima (...). " Qui a eu lieu il y a plus de 5 ans... C'est quoi cette économie ??? Je veux bien bosser dans le nucléaire moi hein ! Dans le secteur des ventes surtout...

à écrit le 15/09/2016 à 10:17
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Les Chinois, dans ce domaine comme dans d'autres, sont uniquement intéressés par le transfert de technologies quasi gratuit. Le mot milliard semble démesuré pour les sans dents, mais c'est une goutte d'eau dans la mer pour les Chinois qui, rappelons-...

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