Lévy (EDF) conditionne le projet Hinkley Point à une aide de l'Etat

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Nous négocions actuellement avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part nous permettant de sécuriser notre situation financière, explique Jean-Bernard Lévy dans cette lettre dont Reuters a eu copie. Il est clair que je n'engagerai pas EDF dans ce projet tant que ces conditions ne seront pas réunies.
"Nous négocions actuellement avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part nous permettant de sécuriser notre situation financière", explique Jean-Bernard Lévy dans cette lettre dont Reuters a eu copie. "Il est clair que je n'engagerai pas EDF dans ce projet tant que ces conditions ne seront pas réunies." (Crédits : Reuters)
Le projet de construction de deux réacteurs de type EPR en Grande-Bretagne, évalué à quelque 23 milliards d'euros pourrait lourdement peser sur les finances de l'électricien. Son PDG veut s'assurer du risque encouru en demandant une aide supplémentaire de l'Etat.

EDF ne s'engagera définitivement dans la construction de deux réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne que si l'Etat sécurise sa situation financière, écrit son PDG dans une lettre adressée aux salariés.

"Nous négocions actuellement avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part nous permettant de sécuriser notre situation financière", explique Jean-Bernard Lévy dans cette lettre dont Reuters a eu copie. "Il est clair que je n'engagerai pas EDF dans ce projet tant que ces conditions ne seront pas réunies."

"Nous avons déjà obtenu que la totalité du dividende de l'année 2015 soit versée à l'Etat en actions et non pas en cash, ce qui représente 1,8 milliard de fonds propres supplémentaires pour EDF", ajoute-t-il. "Ces discussions se poursuivent et j'y défends notre entreprise pour le présent et surtout le futur."

Jean-Bernard Lévy assure que les aspects contractuels et industriels du programme Hinkley Point "permettent d'être confiants pour engager définitivement le projet". "Une revue des risques conduite fin 2015 a établi que les risques sont bien identifiés et sont surmontables moyennant la mise en oeuvre d'une série de recommandations", ajoute-t-il.

Les critiques de la CGT

La CGT reproche dans un communiqué à la présidence d'EDF et à l'Etat de vouloir "imposer à marche forcée" un projet qui pourrait, selon le syndicat, être soumis au conseil d'administration du 30 mars. Le syndicat organise en outre une consultation auprès de ses salariés, les invitant à demander au conseil d'administration de différer le projet.

Ce projet de construction de deux réacteurs de type EPR en Grande-Bretagne, évalué à 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ), alimente les inquiétudes quant à ses conséquences sur les finances d'EDF, qui a annoncé lundi la démission de son directeur financier.

Les interrogations de la Cour des comptes

Dans un rapport publié jeudi, la Cour des comptes estime que le montage envisagé pour Hinkley Point illustre le poids de la contrainte financière à laquelle le groupe se trouve confronté. La Cour des comptes souligne aussi que les retards de mise en service des autres EPR en cours de construction dans le monde, notamment à Flamanville (Manche) et en Finlande, peuvent "évidemment susciter des interrogations quant à la capacité du projet Hinkley Point à tenir les délais initialement impartis".

Le projet Hinkley Point, qu'EDF mène avec son partenaire chinois CGN, a reçu jeudi l'aval de la Commission européenne.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/03/2016 à 20:42 :
Est-ce bien raisonnable pour l'Etat de financer les centrales anglaises, je croyais qu'on était au bord de la faillite
a écrit le 14/03/2016 à 18:09 :
Bravo , L'Etat Français devrait aider financièrement le Brexit à construire ses centrales
a écrit le 14/03/2016 à 9:26 :
L'Etat devrait aussi demander à faire sauter le golden parachute de ce corpsards des Mines qui comme ses potes plombent impunément l'économie comme Patrick K. Anne L. Jean-Marie M, Serge T.
a écrit le 14/03/2016 à 9:01 :
Ha ces libéraux...
a écrit le 14/03/2016 à 5:45 :
on va vers la catastrophe a marche forcée et vous allez payer 2 fois : comme client et comme contribuable!!!!!! la faillite du nucleaire!
a écrit le 13/03/2016 à 16:23 :
Les constribuables français vont payer pour que les anglais aient l'électricité, Que vont-ils recevoir en échange : des déchets radio-actifs ?
a écrit le 13/03/2016 à 15:42 :
Ce projet en l'état,n'est pas viable.
Technicité non maîtrisée,les en cours sont témoins des contorsions pour réaliser;
Budget totalement à découvert,et ce n'est pas l'ETAT,qui va abonder ,car il est impécunieux!!
Nos centrales doivent rester prioritaires,et ce projet UK,fardeau financier,qui s’accroît avec celui d'Areva,devient irrationnel.
Alors quel inconscient financier,va courir le risque.Pas la Bourse en tous cas.
a écrit le 13/03/2016 à 15:38 :
Il faudra aussi régler de dépassement d'Olkiluoto; 3 milliards d'€ devisés plus de
7 milliards en final.
a écrit le 13/03/2016 à 14:25 :
Voici une entreprise qui a à sa tète tous les plus grands polytechniciens de France. Ils engagent une privatisation partielle il ya quelques années dans laquelle ils ont pris un max d'action, et maintenant, ils appellent l'état, c'est à dire le contribuable à les cautionner et couvrir le risque. Demandez à une PME si l'état lui couvre un risque quelconque. Pour ces dirigeants, ils ne se trompent pas, ce sont les conditions qui changent. Aucune démission pour incompétence... Qu'EDF fabrique de l'électricité en France avant de jouer les grands dans le monde. Il y a assez de travail ici.
a écrit le 13/03/2016 à 12:21 :
Extraordinaire.
Cameron va faire payer ses 2 EPR aux contribuables Francais.
Et en meme temps le communiste Cameron soutient avec la planche a billets la rente de rentiers.
Pouquoi n'utilise il pas ses 375 milliards de fake money e la BOE pour payer ce projet a 40 milliards de £ (et non pas18).
a écrit le 13/03/2016 à 12:11 :
Et voilà une fois de plus comment survivent nos grands capitalistes... une aide de l'Etat, c'est-à-dire que sans le contribubale, ils ne seraient rien !!!
a écrit le 13/03/2016 à 10:22 :
Il demande la garantie de l état ça me fait bien rires car de toutes façon 23 milliards c'est pas edf qui peut les payer

Le vrai soucis est ce bazar d EPR
Il faudrait une vrai commission d enquête avec des têtes sur le billet Bouygues ane etc ....
a écrit le 13/03/2016 à 10:06 :
Une aide de l'état, c'est types ne manque vraiment pas d'air !!
Faites comme tout le monde, aller vous "fournir" sur les marchés, mais les marchés ne sont pas stupides à ce point !!
L'état va avoir d'autres chats à fouetter : démentellement de centrale nucléaires hors d'age, reconversion vers des sources d'énergies économiquement plus rentables et inteligentes.
Il est plus que temps de mettre la bride à la caste des "nucléaires".
a écrit le 13/03/2016 à 9:08 :
Levy n'impressionne pas par sa gouvernance. Proglio tenait mieux la boutique et c'est sur il se faisait plus d'ennemis.....
a écrit le 13/03/2016 à 9:08 :
Levy n'impressionne pas par sa gouvernance. Proglio tenait mieux la boutique et c'est sur il se faisait plus d'ennemis.....
a écrit le 13/03/2016 à 7:59 :
Les pseudos entrepreneurs étatiques n'ont peur de rien. Risquer la faillite d'une boite déjà bien malade et qui devra être renflouée par nos impôts quand les anglais autrement plus réalistes ne veulent pas se risquer à porter le bébé et que pas un EPR ne fonctionne malgré les milliards engloutis, il faut vraiment avoir une perception décalée de la réalité
a écrit le 13/03/2016 à 0:45 :
Incroyable, si ca se passait dans une autre compagnie, tout le staff dirigeant serait deja viré, les projets pharaoniques abandonnés et les actionnaires devant la justice .... mais l'actionnaire c'est l'Etat, ou plutot le gouvernement.
#impunité #incompetence.
Réponse de le 13/03/2016 à 9:05 :
Je vous rappelle que ce qui a mené EDF dans cette situation, c'est essentiellement la baisse des prix de marché due aux surcapacités mises en place avec... les ENR dont vous êtes le premier à défendre les subventions.
a écrit le 12/03/2016 à 22:58 :
Si l'on comprends bien les contribuables français devraient payer les risque nucléaires en Grande-Bretagne que les Anglais eux mêmes ne veulent pas payer ;

Les énarques Français sont devenus fous furieux et dangereux.

C'est scandaleux et voila ou ou mène les élucubrations de l'Europe ;
Réponse de le 13/03/2016 à 6:51 :
L'Europe n'a rien à voir.
Réponse de le 13/03/2016 à 9:08 :
1) la question ici n'est pas le risque nucléaire, mais le risque industriel.
2) les anglais participent largement à la sécurisation de ce projet via le contract for difference.
a écrit le 12/03/2016 à 21:07 :
C une blague ou bien Lévy a fait l'école du rire.
Une entreprise privée demande un aide d'Etat pour pouvoir financer son investissement, comme quoi le libéralisme a du bon.

On peut aussi demander aux actionnaires d'augmenter le capital, et on verra comment la demande sera reçu. Mais quand on voit le coût d'un EPR avec des installations gaz / mixé à des ENR, le risque financier est bien trop lourd pour le service rendu.
Réponse de le 13/03/2016 à 9:18 :
EDF est certes privé, mais au final l'Etat décide de tout via son actionnariat ou via la réglementation.

Il peut nous obliger à fermer des unités parfaitement rentables (Fessenheim), il peut nous forcer à acheter et gérer l'électricité ENR, et ne pas nous rembourser tout ce que ça nous coûte (déficit de 4,5G€ de la CSPE), il peut nous forcer à acheter des entreprises en difficulté, il peut mettre notre marché en surcapacité structurelle en subventionnant l'installation d'éoliennes sans augmentation de consommation, il peut forcer l'entreprise à s'endetter pendant des années pour payer un dividende faramineux, bref...

C'est un peu normal que l'Etat mette la main au porte-monnaie après avoir tout fait pour couler l'entreprise qu'il possède.
Réponse de le 13/03/2016 à 9:23 :
Quant aux installations gaz+ENR moins chères que le nucléaire, c'est tout simplement faux.

D'ailleurs en Europe aucun industriel ne se lance dans les ENR sans subventions, et les unités gaz perdent toutes de l'argent.

Et c'est sans parler des émissions de CO2, qui seraient 50 à 100 fois plus élevées que avec le nucléaire.
a écrit le 12/03/2016 à 20:47 :
On sait d'avance que ce projet va nous coûter la peau des fesses et que les anglais vont nous tenir par les c.... !
a écrit le 12/03/2016 à 19:38 :
Ça c'est mauvais signe pour vos future impôts

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