Notre-Dame-des-Landes : premier dossier explosif du nouveau gouvernement ?

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La question de l'attitude à adopter face aux opposants les plus radicaux, les zadistes, qui occupent le site depuis près de deux ans, risque aussi d'embarrasser le gouvernement.
La question de l'attitude à adopter face aux opposants les plus radicaux, les "zadistes", qui occupent le site depuis près de deux ans, risque aussi d'embarrasser le gouvernement. (Crédits : Reuters)
Opposant au projet de construction d'un nouvel aéroport au Nord de Nantes, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, avait accepté le résultat du référendum en faveur du "oui". Aujourd'hui, il espère que la médiation annoncée par le Premier ministre fera émerger des "alternatives". Mais Le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest souhaite commencer les travaux dans six mois.

Le dossier a déjà été l'un des plus intriqués du quinquennat de François Hollande. La nomination de Nicolas Hulot comme ministre d'Etat du premier gouvernement d'Emmanuel Macron semble au premier abord compliquer la donne, plutôt que la simplifier. Le projet prévoyant le transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique du sud au nord de la ville, vers Notre-Dame-des-Landes (NNDL), sera sans doute l'un des plus délicats pour le nouvel exécutif, laissent entrevoir les prises de position affichées depuis mercredi.

"Vous n'imaginez pas une seconde qu'avec Nicolas Hulot entré au gouvernement, Notre-Dame-des-Landes puisse se faire", a notamment lâché au lendemain de la nomination du nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire Pascal Canfin, ancien ministre du Développement et actuel directeur du WWF France, interrogé par France Inter. Nicolas Hulot s'est en effet toujours dit opposé à ce projet, dont la conception remonte à la présidence de De Gaulle et qui a été relancé par l'ancien maire de Nantes et Premier ministre sous François Hollande Jean-Marc Ayrault, puis soutenu par Manuel Valls - contre l'avis de l'ex-ministre de l'Environnement Ségolène Royal.

"Attristé" par le résultat du référendum

En 2015, Nicolas Hulot, qui était pourtant à l'époque "envoyé spécial pour la planète" du président de la République, n'avait pas ménagé ses mots: "Vieux de plus de 40 ans, ce projet est vicié, gangrené. Il porte en lui les racines de la discorde", avait-il affirmé, en reconnaissant se trouver à ce propos "en porte-à-faux" avec le président socialiste, qui n'avait jamais voulu contrarier sur ce dossier ses Premiers ministres. Répondant aux partisans d'une nouvelle infrastructure, qui faisaient valoir le nécessaire développement économique de la région, il avait expliqué:

"Il va falloir se développer dans le domaine de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables (...) et se désinvestir de tout ce qui encourage l'utilisation des énergies fossiles, tout ce qui consomme des terres nourricières."

Bien que sceptique quant au périmètre de la consultation (limité au département de Loire-Atlantique, soit à 500.000 personnes), et "profondément attristé" par le résultat, Nicolas Hulot avait néanmoins accepté le verdict du référendum organisé en juin 2016, où le "oui" au transfert l'avait emporté à 55%.

"On ne peut pas demander un référendum et après, sous prétexte que la réponse ne vous va pas, s'opposer aux décisions qui en découleront... Je prends acte de ce vote démocratique, je m'incline, chacun doit en tirer les leçons", avait-il déclaré à Europe 1 le 27 juin 2016.

Macron ouvert

Or, presque un an plus tard, les travaux pour le nouvel aéroport n'ont pas encore commencé. Quelques centaines de militants continuent en effet de s'y opposer, occupant toujours une Zone à défendre (ZAD). La patate chaude revient donc dans les mains du gouvernement d'Edouard Philippe, qui pour sa part, en octobre 2016, interrogé par France Info, s'était montré favorable à la construction d'un nouvel aéroport, en espérant un début des travaux "avant mai ou juin 2017". Immédiatement après sa nomination, le Premier ministre a ainsi pris les devants, en précisant, dès jeudi, l'approche choisie:

"Il y aura un médiateur qui va permettre de mettre l'ensemble des choses sur la table, d'étudier l'ensemble des options et, ensuite, nous prendrons une décision qui sera assumée, qui sera claire", a déclaré le chef du gouvernement sur France Inter.

Il s'agit notamment, comme le demandent les opposants, de réexaminer le dossier en fonction de l'ensemble des données les plus récentes (prévisions de trafic, coûts, empreinte carbone, etc.), et en comparant l'hypothèse de NDDL à celle d'une modernisation de Nantes-Altantique, l'aéroport existant. Une démarche conforme à une promesse formulée par Emmanuel Macron pendant sa campagne lors d'un Facebook Live avec le WWF. Tout en refusant "d'écarter" le résultat de la consultation publique de juin, le candidat d'En Marche s'était montré ouvert sur le dossier, affirmant vouloir se donner six mois avant de décider - un délai encore confirmé mercredi par son secrétaire d'Etat Christophe Castaner -, et était allé jusqu'à lâcher:

"Aujourd'hui, on ne lancerait pas un projet du type de Notre-Dame-des-Landes."

Hulot pour parler aux écologistes

"L'assurance qu'il y aurait une vraie étude transparente sur l'aéroport" aurait d'ailleurs été l'élément poussant Nicolas Hulot - qui avait jusqu'à présent refusé toute proposition en ce sens - à accepter "d'entrer dans un gouvernement", affirme Ouest France, citant l'un de ses proches. Dans sa première interview télévisée en tant que ministre, jeudi soir sur France 2, l'ancien journaliste est d'ailleurs lui-même revenu sur l'existence d'"alternatives" au projet controversé. Comme l'a dit explicitement vendredi sur RTL le nouveau ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, en évoquant des "écologistes qui peuvent être plus modérés" auxquels Nicolas Hulot "saura parler", le choix de Nicolas Hulot - qui comme ministre d'Etat a aussi une main sur les Transports - semble donc être aussi destiné à calmer les esprits.

Il n'empêche que les divisions au niveau local restent marquées. Le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, rassemblement pro-NDDL de 20 collectivités des Pays de la Loire et de Bretagne, et présidé par Bruno Retailleau (LR), a réagi immédiatement à la nomination du nouveau ministre, en essayant de tourner la nouvelle dans son sens:

"Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Nicolas Hulot ont tous confirmé vouloir lancer les travaux de l'Aéroport du Grand Ouest. Une bonne nouvelle pour les régions de l'Ouest et également pour la démocratie", soulignait un communiqué. En appelant à respecter "le choix des citoyens" et à exécuter les "178 décisions de justice" prononcées, à "travailler à la concertation préalable à la mise en œuvre opérationnelle de cet équipement indispensable", il espérait "de débuter les travaux d'ici 6 mois".

Le collectif d'élus opposés au projet (le Cédpa), a pour sa part salué l'annonce de la médiation.

Évacuer par la force ou pas?

La question de l'attitude à adopter face aux opposants les plus radicaux, les "zadistes", qui occupent le site depuis près de deux ans, risque aussi d'embarrasser le gouvernement. Lors du Facebook Live avec le WWF, Emmanuel Macron avait exclu tout recours à la force. Mais ensuite, le 7 avril, invité de l'Emission politique sur France 2, il avait été bien moins clair:

"Il y a un problème d'ordre public. Je vais nommer un médiateur pendant six mois maximum pour faire descendre la pression. A l'issue de cette période, je prendrai mes responsabilités et je ferai évacuer la zone avec les forces de l'ordre qui s'imposent. (...) J'essayerais d'apaiser les choses", avait affirmé le futur président.

Cet aspect inquiète d'ailleurs Gérard Collomb qui, tout en insistant sur la volonté d'éviter "des mesures brutales" du gouvernement, a déploré une "certaine radicalisation", risquant de mener de "la violence du langage" à "la violence des actes". Le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité à faire le parallèle avec "les dérives qui ont pu avoir lieu en Allemagne et en Italie" "dans (sa) génération", à savoir les crimes des Brigades Rouges ou de la Bande à Baader des années 1970 et 1980... Des propos qui soulignent bien à quel point le dossier angoisse la nouvelle équipe de Macron.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2017 à 12:53 :
Il y a une bande d'allumés en Bretagne comme on sait. Le dossier doit être encore étudié et pesé mais ensuite une fois tous les arguments épuisés de part et d'autre la décision sera prise pour ou contre et que les contestataires la ferment car çà nous coûte à tous très cher cette débilité bretonne qui date de plus de 40 ans. C'est comme la réunification de la Bretagne, elle n'a aucun sens, les données historiques ne pèsent rien. Il y a une minorité bretonne attardée foyer de gabegie.
Réponse de le 21/05/2017 à 17:32 :
@Breton furax: Ils sont allumés parce que c'est bien de Bretagne que vient l'expression "piquer son far" ! En plus, les vrais Bretons (les Chouans) ont été éliminés par Napoléon, d'où l'expression "c'est la chouanlit". Et avec le Brexit et les Johnnies de Roscoff, Hulot devra s'occuper de ses propres oignons :-)
a écrit le 21/05/2017 à 9:14 :
'l'écologie ok mais pas n'importe quoi ,le binesse hulot ?????

Allez dans les methaneries vous trouvez plein de bon légumes que vous devait detruire parce quE BRUXELLES impose des tailles à respecter qui n'ont rien à voir avec la qualite .ALORS que la terre à besoin de nourriture
Réponse de le 21/05/2017 à 16:33 :
Les unités de méthanisation produisent un excellent terreau donné aux agriculteurs. C'est bien mieux sur tous les plans que de laisser pourrir des légumes dans les champs ou d'importer des engrais radioactifs ! Informez-vous mieux, merci !
a écrit le 21/05/2017 à 8:54 :
Le problème de notre dame des landes est totalement politique et celà sur depuis quelque 50 ans, donc c'est totalement inimaginable de ne prendre aucune decision pour construire ou non tel type d'aeroport ! Oui il faut prendre la bonne décision !
Rien ne dit que l'aéroport se fera et qu'il ne créera pas d'autres nuisances, car en fait le problème est bien le bruit généré et non le coût ou même l'utilisation. Alors il faut que l'on prenne definitivement la bonne décision concernant notre Dame des landes : quitte même à arrêté definitivement le projet car celà devient impossible à gérer !
a écrit le 21/05/2017 à 1:23 :
Macron pourra dire merci à Hollande, 5 ans à temporiser sans jamais décider. Il lui a maintenant refilé la patate chaude et maintenant il est de temps de virer tous ses anarchistes-casseurs de Notre dame des Landes.
a écrit le 20/05/2017 à 19:35 :
La seule question qui vaille dans ce problème est la suivante : est ce normal d'avoir un aéroport à moins de 10 bornes du centre d'une grande ville compte tenu des énormes problèmes posés par un aéroport ? Le pire reste néanmoins TOULOUSE, aéroport le plus urbanisé de France.
a écrit le 20/05/2017 à 17:47 :
"à savoir les crimes des Brigades Rouges ou de la Bande à Baader des années 1970 et 1980..."

Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage, du grand n'importe quoi cette approche.

Les zadistes de nddl et de sivens sont les héros des temps modernes et donc aux idées de liberté qui dérangent le néolibéralisme et sa compromission permanente avec le pire, il faut donc d'abord manipuler le langage afin de faire paraitre normal d'agresser des gens qui défendent l'intelligence et le bon sens.

La radicalité, et tout le monde a pu le constater lors de ces élections, elle est dans la politique professionnelle et pas dans la société civile.
Réponse de le 24/05/2017 à 10:55 :
"Les zadistes de nddl et de sivens sont les héros des temps modernes " Tiens pour une fois, à une lettre près (un z à la place d'un h) je suis d'accord avec vous.
a écrit le 20/05/2017 à 16:34 :
La consultation populaire sera toujours en faveur de création d'emploi même si tout cela n'est que fictif!
a écrit le 20/05/2017 à 13:15 :
Un autre problème concerne l'application de la note n°6 du CAE du ressort de Nicolas Hulot et relatif à la taxation de l'énergie pour réduire le cout du travail. Il faudra peut être abandonner l'aéroport au profit de la fiscalité énergétique beaucoup plus utile pour la protection du climat, donc pour les écologistes. C'est une suggestion. Mais pour cela, il faut aussi l'accord des syndicats. C'est un problème global comprenant plusieurs aspects. Il faudra beaucoup de diplomatie.
Réponse de le 21/05/2017 à 20:06 :
il faudrait commencer par beaucoup moins prendre l'avion...mais on en prend pas la voie...
a écrit le 20/05/2017 à 11:45 :
ND des Landes , un projet qui date de 1963 et toujours en suspend. Cet aéroport ne servira à rien , il en existe un qui pourrait être modernisé. L'avion est une source importante de pollution sonore mais pas uniquement. Les avions avant d’atterrir, se délestent de tonnes de Kérosène sur la population. Par ailleurs, on pourrait continuer la ligne TGV Nantes- Paris ou un LVG ce qui mettrait Roissy à 1H15 de Nantes par ex.
Bordeaux qui est plus éloigné de Paris que Nantes possède un TGV qui met la capitale aquitaine à 2H de Paris , le même temps mais avec 150 Km de plus. Pour le referendum, c'est n'importe quoi, la population concernée donc, vivant à proximité de cet aéroport a voté massivement contre.
Réponse de le 24/05/2017 à 10:50 :
Nantes Atlantique est en zone urbaine dense, il faudrait tourner sa ou ses pistes dans une direction est-ouest pour éviter les survols à basse altitude du centre ville de Nantes mais c'en serait fini de la réserve ornithologique et naturelle de Grand-Lieu (sans compter les risques d'ingestion d'oiseaux par les réacteurs) mitoyenne de l'aéroport Nantes Atlantique. L'idée de transférer Nantes-Chateau Bougon remonde certes à 50 ans, mais les études techniques ne remontent heureusement pas à cette époque. Quant au chiffre de 1h15 pour aller de Roissy à Nantes en TGV... Il faut déjà 50mn pour aller par le contournement TGV par l' est de Paris de Roissy TGV à Massy TGV... 25mn de Massy Palaiseau à Nantes, ça ne le fait pas même en TGV. Enfin, le prolongement de la ligne TGV atlantique du Mans à Rennes a coûté la bagatelle de 3 milliards d'€ (soit 5 fois le prix de l'aéroport de NDDL) et a consommé une superficie de terres agricoles bien supérieure à l'emprise dudit aéroport. Prolonger la ligne atlantique jusqu'à Nantes coûterait sensiblement le même prix.
a écrit le 20/05/2017 à 11:30 :
La décision à été prise par le référendum pourquoi revenir une fois encore en arrière. Que vient faire le ministre de l'écologie dans ce projet . C'est du ressort du ministre des transports.
a écrit le 20/05/2017 à 10:30 :
que pense mr josé Bovais ? il y a urgence.. bientot les votes.... un fiasco
a écrit le 20/05/2017 à 9:58 :
J'ai voté oui au projet ... qui semble t'il ne verra jamais le jour !?
Réponse de le 20/05/2017 à 17:57 :
Tu devais donc habiter loin du projet car ses résultats cachent de grandes disparités, les communes directement concernées votant contre le projet à de très fortes majorités.Aucune solidarité dans votre coin.C'est d'ailleurs étonnant de voir des gens voter favorablement à la destruction de leur propre environnement.Mais bon, tu bosses peut-être chez Bouygues ?
Réponse de le 24/05/2017 à 10:52 :
@lachose : Si on avait fait voter les habitants de Roissy en France, de Gonesse ou de Goussainville sur l'aéroport Charles de Gaulle, on n'aurait peut être pas eu les mêmes résultats qu'au Bourget... d'où les avions décolleraient encore.
a écrit le 20/05/2017 à 9:53 :
Si les nantais veulent jeter l'argent par les fenêtres, qu'ils paient! Pour rappel, ce referendum n'a pas été tenu sur l'ensemble de la région financièrement responsable. Un projet qui n'apporte rien, si ce n'est couper le sud de Nantes, Vendée en tête, de tout aéroport!
a écrit le 20/05/2017 à 9:45 :
Il y a certainement une solution :
-construire l'aéroport de Nantes à Sivens
-la retenue d'eau nécessaire aux agriculteurs du Tarn à Roybon
-le Center Parcs à Bures
-et le site d'enfouissement des déchets nucléaires à Notre Dame des Landes.
a écrit le 20/05/2017 à 8:48 :
... si des groupuscules tentent d'imposer leur vue après referendum (....... local !!! ) sans réaction du gouvernement , c'est la porte ouverte a toutes les revendications sectaires !
....
Réponse de le 20/05/2017 à 10:06 :
Cerise sur le gâteau , les gens des groupuscules ne sont pas du coin ! Il est probable que la projet de voit jamais le jour. Le plus dramatique c'est tout le fric dépensé pour rien, et l'incompétence des politiques ! S'il ne ce fait pas (probable), la démocratie perd son sens, donc le non respect des lois et " l'anarchie en marche " !
Réponse de le 21/05/2017 à 22:40 :
"Le plus dramatique c'est tout le fric dépensé pour rien"... et c'est loin d'être fini, parce qu'en cas d'arrêt du projet il faudra certainement indemniser Vinci à hauteur de plusieurs centaines de millions... en plus des travaux à engager pour mettre Nantes Atlantique à niveau.
a écrit le 20/05/2017 à 7:45 :
Ce qu'une consultation populaire a décidé, seule une autre consultation populaire peut annuler.
Macron ferait mieux de respecter le vote , Combien même le Oui n'a gagné que pour évacuer la zad...

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