Nucléaire : le bénéfice net de Tepco s'effondre plombé par Fukushima

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Le 11 mars 2011, Takayuki Ueno (41 ans) a perdu ses deux parents, sa fille et son fils emportés dans le tsunami qui a frappé le Japon, causant 16.000 morts, et plus de 2.500 disparus. Derrière lui, sa maison de Minamisoma (préfecture de Fukushima), dévastée. Il y a cinq ans, les survivants comme lui, à la recherche des corps de leurs proches, se sont exposés à de hauts niveaux de radiations immédiatement après la catastrophe nucléaire.
Le 11 mars 2011, Takayuki Ueno (41 ans) a perdu ses deux parents, sa fille et son fils emportés dans le tsunami qui a frappé le Japon, causant 16.000 morts, et plus de 2.500 disparus. Derrière lui, sa maison de Minamisoma (préfecture de Fukushima), dévastée. Il y a cinq ans, les survivants comme lui, à la recherche des corps de leurs proches, se sont exposés à de hauts niveaux de radiations immédiatement après la catastrophe nucléaire. (Crédits : Reuters)
La chute de 66% du bénéfice net semestriel est due à la baisse des recettes (17 réacteurs à l'arrêt) et à de nouvelles charges liées au dédommagement des victimes du désastre nucléaire (on parle de bien au-delà de 80 milliards d'euros).

Le bénéfice net de la compagnie d'électricité japonaise Tepco, dont le nom a fait le tour du monde depuis l'accident nucléaire de Fukushima qui a suivi le tsunami du 11 mars 2011, a dévissé de 66% au 1er semestre 2016/17, plombé par une baisse des recettes et de nouvelles charges liées à la catastrophe.

Au terme des mois d'avril à septembre, le résultat net de Tokyo Electric Power Holdings est descendu à 94,17 milliards de yens (822 millions d'euros).

Le deuxième trimestre a cependant été moins désastreux que le premier.

Les recettes semestrielles du groupe ont reflué de 15% à 2.643 milliards de yens, tandis que son bénéfice d'exploitation a cédé 24% à 292,83 milliards de yens.

Solde négatif aggravé

L'addition des gains et charges non récurrents aboutit au 1er semestre à un solde bien plus négatif qu'un an plus tôt, selon les tableaux de chiffres livrés par la société.

Les résultats de Tepco sont encore affectés par les répercussions de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

La compagnie comptabilise chaque fois des transactions positives et négatives correspondant respectivement aux avances d'un fonds de compensation et aux reversements aux victimes du drame.

Bien au-delà de 80 milliards d'euros d'indemnités

Le total des indemnités devrait allègrement dépasser les 9.000 milliards de yens (près de 80 milliards d'euros) prévu, a prévenu récemment une commission d'experts révisant les évaluations de Tepco et du gouvernement.

Totalement privé des 17 réacteurs qu'il exploitait dans les provinces de Fukushima (nord-est) et Niigata (centrale Kashiwazaki-Kariwa, au nord-ouest), le fournisseur de courant de la mégapole tokyoïte facture toujours plus cher l'électricité aux clients pour limiter ses pertes.

Parc nucléaire à l'arrêt quasi total

Il espère pouvoir relancer le plus rapidement possible au moins l'une de ses sept tranches atomiques de Kashiwasaki-Kariwa, à l'arrêt comme presque toutes les autres au Japon. Seulement deux réacteurs du pays fonctionnent, sur un parc ramené à 42 unités exploitées par plusieurs compagnies régionales.

Les 6 tranches du complexe Fukushima Daiichi (le plus endommagé) sont condamnées et les 4 tranches de Daini (moins touché) probablement aussi, même si officiellement rien n'est encore décidé.

Incertitude financière

Pour l'exercice en cours qui s'achèvera en mars 2017, Tepco n'a toujours pas établi de prévisions financières, arguant qu'il lui est impossible de calculer de façon rationnelle tant que n'est pas connue la possibilité de relancer ou non un ou plusieurs réacteurs nucléaires de Kashiwasaki-Kariwa.

Ce lundi matin, à la Bourse de Tokyo, l'action de Tokyo Electriv Power Company Holding Inc chutait de 1,21%, selon Bloomberg.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/11/2016 à 10:48 :
Chere Tribune, le brillant corps de Ingénieurs des Mines vous intime l'ordre de retirer cet article partisant et tendancieux. En effet 'il fait savoir que' un tel accident ne peut avoir lieu chez nous comme le disait fort pertinemment 'Atomic' Anne Lauvergeon en 2011 et ce d'autant plus qu'en cas d'accident, nos copains planqués dans les ministères et à l'assemblée feront porter la facture aux contribuables, comme ca l'est deja cette année pour les renflouements de Areva et EDF.
a écrit le 31/10/2016 à 14:14 :
Nous sommes dans les pires conditions pour une reprise de l’électricité nucléaire au Japon, c'est presque un second accident à prévoir dans les dix ans s'ils le font.

Ils feraient mieux d'abandonner totalement cette énergie.

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