Stanislas de Gramont (SEB) : « Avec la pression fiscale et normative, c'est toute l'industrie européenne qui peut sauter »
Pierrick Merlet
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Stanislas de Gramont, le directeur général du groupe SEB, appelle à plus de souplesse normative.
Groupe SEB
ENTRETIEN. Propriétaire notamment des marques Tefal, Rowenta ou Moulinex, le groupe SEB s'inquiète d'une prochaine interdiction des PFAS. Le directeur général du groupe conteste aussi l'inflation normative auquel il doit faire face et qui fragilise toute l'industrie européenne.
La Tribune : Les polémiques autour des PFAS, ou polluants éternels, reviennent souvent au centre du débat public. Le Groupe SEB a-t-il l'intention de les retirer de ses produits, utilisés pour la fabrication des ustensiles de cuisine ?
Stanislas de Gramont : Ce n'est pas à l'ordre du jour pour nous. Cette question des PFAS fait surtout l'objet d'un intense lobbying politique et activiste. Les écologistes en ont fait un étendard, mais nous n'avons pas attendu cela pour agir sur la question. Par exemple, nous avons arrêté d'utiliser le PFOA [acide perfluoro-octanoïque, cancérogène pour l'humain] dès 2012 alors que la France a interdit cette substance en 2020 seulement.
Nous sommes contre les PFAS dangereux. Nous n'avons jamais mis la vie de nos collaborateurs et de nos clients en danger. Bien que les écologistes nous expliquent la vie, nous sommes contrôlés par de nombreuses personnes et institutions avant de mettre nos produits sur le marché. Nous ne faisons pas ce que nous voulons.
Nous utilisons des PTFE [Teflon] pour recouvrir nos poêles, et c'est inerte. Cela traverse l'organisme humain sans y laisser de trace, cela n'a aucune incidence sur la santé de nos collaborateurs ni sur l'environnement. C'est sécurisé et ce n'est pas le groupe SEB qui le dit, mais l'agence européenne de sécurité alimentaire, notamment. Néanmoins, le sujet des PFAS est un sujet sur lequel nous sommes en veille permanente.
Vos poêles sont fabriquées à Rumilly (Haute-Savoie) et il a été détecté un niveau élevé de PFAS dans l'eau potable de cette commune. Récemment, vous avez pris la décision de contribuer financièrement à la dépollution de cette eau. Comment expliquez-vous cette situation ?
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