Soldes d'été à Paris : la grande déprime

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Les commerçants parisiens pointent la concurrence du e-commerce
C'est la crise, y compris pendant les soldes. Une étude de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris souligne la résignation des commerçants parisiens. Lors des soldes d'été 2012 qui s'achèveront le 31 juillet, les consommateurs ont restreint leurs achats.

Les soldes d?été n?ont pas ranimé la consommation en France. Pas plus qu?à Paris. Sur les six premiers, les ventes des enseignes spécialisées dans le commerce non-alimentaire ont reculé de 0,5% par rapport au premier semestre 2011, selon les chiffres de Procos, fédération du commerce spécialisé. Aucun format n?a échappé au phénomène. En juin, les enseignes qui exploitent des magasins dans les parcs d?activités commerciales affichent des scores en recul de 1,9%. Dans les centres commerciaux, toujours selon Procos, le chiffre d?affaires des boutiques flanche de 0,9% sur le mois de juin. En ville, le commerce résiste, avec une progression d?activité de 0,9%.

Des dépenses en chute

A Paris, les commerçants font aussi la grimace. L?étude de la Chambre de commerce et d?industrie de Paris réalisée à l?occasion des soldes d?été auprès de 300 commerçants le démontre : 42% d?entre eux estiment que leurs clients ont comprimé leurs achats pendant la période des soldes. Pour 48%, leur panier, c'est-à-dire le montant moyen de leurs dépenses, est resté stable.

Guère plus qu'un mois normal

Rien n?y a fait. Prés d?un commerçant sur deux (47%) avaient pourtant organisé des « ventes privées et des promotions » auprès des plus fidèles de leurs clients lors de la quinzaine précédent les soldes. Las. «Pour 70% des commerçants interrogés, le chiffre d?affaires réalisé durant les soldes d?été ne dépasserait pas 20% de plus qu?un mois d?activité normal », note la Chambre de commerce et d?industrie de Paris.

75% n'ont plus recours aux soldes flottants

A quoi attribuer ce phénomène ? Les commerçants parisiens estiment être concurrencés par internet. C?est une « sérieuse concurrence », pour 54% d?entre eux. Leur opposition aux soldes flottants demeure aussi virulente. Ces deux semaines, au cours desquelles un commerçant peut vendre à perte, auraient profondément modifié les comportements d?achat des consommateurs, sans toutefois apporter un chiffre d?affaires supplémentaire. A ces dates, les vitrines des grandes enseignes succursalistes fleurissent de prix barrés à 50%, tout comme en période de soldes. Sur les six derniers mois, trois commerçants sur quatre n?y ont toutefois pas eu recours.

Sylvia Pinel promet la concertation

La Chambre de commerce et d?industrie de Paris rappelle que le gouvernement réfléchit à la disparition de ces soldes flottants. Le 27 juin, lors du lancement des soldes d?été à Paris, boulevard Hausmann, au Printemps et aux Galeries Lafayette, Sylvia Pinel, ministre du commerce, de l?artisanat et du tourisme, avait rappelé à l?envi combien elle comptait « mener cette réflexion dans la concertation ». Une table-ronde avec les associations de commerçants doit être organisée à la rentrée.

 

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