Les Galeries Lafayette parient sur l'Indonésie pour leur come-back en Asie

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Les Galeries Lafayette, sur le boulevard Haussmann, à Paris. Copyright Reuters
Les Galeries Lafayette, sur le boulevard Haussmann, à Paris. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les Galeries Lafayette ont inauguré jeudi 13 juin un nouveau magasin en Indonésie. Ils en ouvriront un autre en Chine en septembre. Le groupe de distribution se lance une nouvelle fois à la conquête de l'Asie, nouvel eldorado du luxe, après son premier essai manqué dans les années 1980-1990.

Les Galeries Lafayette ont inauguré jeudi 13 juin un nouveau magasin en Indonésie, premier signe d'une volonté de revenir s'implanter sur le continent asiatique, devenu un immense marché dont les Galeries veulent avoir leur part.

Quatrième pays le plus peuplé de la planète avec 240 millions d'habitants, l'immense archipel est depuis longtemps la nouvelle destination phare des marques de luxe internationales. Avec une croissance supérieure à 6% l'an dernier, la plus élevée du groupe des vingt principaux pays riches et émergents (G20), la plus grande nation musulmane de la planète voit grossir de manière spectaculaire sa classe aisée, à l'appétit féroce pour tout ce qui brille. Les LVMH, Gucci, Prada et autres Chanel ne cessent d'ouvrir de nouvelles boutiques dans la centaine de centres commerciaux que compte la capitale Jakarta, une mégapole gigantesque d'environ vingt millions d'habitants.

Echec à Singapour et Pékin

Face à cette ruée vers les juteux marchés d'Extrême Orient, comme l'Indonésie ou la Chine, les Galeries Lafayette faisaient jusqu'à présent figure de grand absent. La première économie d'Asie du Sud-Est a pourtant "un potentiel et une croissance très rapide", déclare à l'AFP Philippe Houzé, président du directoire du groupe.

Le groupe a déjà tenté l'aventure asiatique dans les années 1980-1990 mais les magasins de Singapour et de Pékin avaient dû fermer, la presse locale parlant de pertes de dizaines de millions d'euros. "Nous n'avions pas les bons partenaires et les magasins n'étaient pas adaptés", explique Philippe Houzé.

Seules 4 Galeries sur 64 sont hors de France

Cette fois-ci, la société compte bien ne pas se fourvoyer en adoptant une "démarche professionnelle" qui consiste à "ne pas trop vouloir imposer les composantes des Grands Magasins français" et à les "mixer avec le style de vie" local, explique le patron. Zadig et Voltaire côtoie ainsi les "batiks" (tissus imprimés typiquement indonésiens) et une vingtaine de marques sont indonésiennes, parmi les 330 présentes dans ce temple du luxe de 12.000 m2, soit environ un sixième de la taille des Galeries à Paris.

Ce concept est le fil rouge de la nouvelle stratégie internationale des Galeries, encore peu présentes à l'étranger. Seuls quatre des 64 Galeries (en comptant l'indonésien) se trouvent hors de France: Berlin a ouvert en 1996, puis Dubaï en 2009 et Casablanca en 2011. Pékin doit suivre en septembre prochain, avant la Turquie et le Qatar en 2015.

Objectifs : 700.000 visiteurs par an

Le groupe, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 3,7 milliards d'euros de ventes de détail en 2012, ne dévoile pas les montants investis. Son patron Philippe Houzé se dit de toute façon confiant, même pour le magasin de Pékin, qui doit ouvrir au moment où la croissance du géant asiatique ralentit. "Il ne s'agit pas d'une histoire de quelques mois ou de quelques années. On ouvre pour défricher un pays, on est là pour le long terme", assure-t-il.

A Jakarta, où le magasin a effectué une pré-ouverture fin avril, les premiers chiffres de fréquentation sont "bons", assure une source proche de la direction du magasin, qui a pour ambition d'attirer 700.000 visiteurs par an.

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