Face à l'OPA de Couche-Tard, Seven & i Holdings va scinder ses activités
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Alimentation Couche-Tard souhaite racheter Seven & i, ce qui donnerait naissance à un mastodonte mondial de la distribution.
Kim Kyung-Hoon
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Alimentation Couche-Tard souhaite racheter Seven & i, ce qui donnerait naissance à un mastodonte mondial de la distribution.
Kim Kyung-Hoon
[Article publié le jeudi 10 octobre 2024 à 10h01 et mis à jour à 14h35] Le groupe japonais Seven & i Holdings, propriétaire notamment de 84.000 supérettes 7-Eleven dans 19 pays, va scinder ses activités. Il a annoncé ce jeudi dans un communiqué créer une holding dans laquelle il va regrouper ses filiales banques et supermarchés, afin de se concentrer sur ses supérettes, qui est le cœur de son activité. Le groupe entend enregistrer cette nouvelle société dès ce vendredi 11 octobre pour une entrée en vigueur à la fin du mois de février 2025, peut-on lire.
Seven & i justifie cette séparation des activités notamment par le fait que ses filiales ont une croissance qui « diffère de celle des magasins de proximité ». Le groupe envisage en outre d'introduire en Bourse cette nouvelle entité « afin de libérer de la valeur pour les actionnaires de la société et les autres parties prenantes », est-il précisé.
Le groupe nippon se veut rassurant sur l'impact de ce changement de fonctionnement. « La création de la [holding] et la restructuration organisationnelle [qu'elle induit] devraient avoir un impact minimal sur les résultats consolidés de la société étant donné que la restructuration concerne les sociétés du groupe consolidé », affirme-t-il dans son communiqué.
Avec cette annonce, Seven & i confirme les informations de presse du début de semaine révélant cette séparation de ses activités. L'objectif derrière est de compliquer une potentielle prise de contrôle par son rival canadien Alimentation Couche-Tard (ACT). Ce dernier souhaite en effet le racheter, ce qui donnerait naissance à un mastodonte mondial de la distribution. Ainsi, aux enseignes de Seven & i s'ajouteraient les 16.700 magasins de Couche-Tard dans 31 pays, qui incluent la marque Circle K.
Le groupe canadien a pour cela fait une première offre à Seven & i, 14,86 dollars par action en numéraire, rejetée par le groupe japonais début septembre en raison d'un montant jugé sous-évalué. Couche-Tard a répliqué mi-septembre, comme indiqué mercredi par Seven & i, précisant dans un communiqué avoir « reçu une proposition révisée, confidentielle et non contraignante d'Alimentation Couche-Tard ». Sans plus de détails néanmoins à ce stade, le groupe nippon souhaitant « continuer à maintenir la confidentialité de ses discussions » avec son rival canadien.
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D'après l'agence de presse Bloomberg, la nouvelle proposition de rachat se chiffrerait à 18,19 dollars par action, soit environ 20% de plus que sa première proposition (14,86 dollars). Et très nettement au-dessus du cours de l'action de Seven & i, qui a clôturé jeudi à 2.325 yens (environ 15,6 dollars) à la Bourse de Tokyo. Le titre a grimpé de plus de 30% depuis mi-août, dopé par l'intérêt de Couche-Tard. Cela valoriserait Seven & i à quelque 47,2 milliards de dollars. Ce serait alors la plus grosse acquisition étrangère jamais réalisée d'une entreprise japonaise.
Pour sa part, Couche-Tard, la marque au « hibou rouge » et géant des « dépanneurs » comme les Québécois surnomment leurs magasins de proximité, entend changer de dimension. 7-Eleven est la plus grande chaîne de magasins de proximité au monde. Un quart d'entre eux se trouvent au Japon, où ces supérettes omniprésentes vendent aussi bien des plats à emporter que des billets de concerts et proposent des services (distributeurs bancaires, paiement de factures, photocopieuse...).
De quoi en faire un symbole dans le pays: le gouvernement japonais a classé mi-septembre Seven & i comme entreprise « essentielle » au secteur de l'industrie, une décision susceptible de compliquer une prise de contrôle étrangère. Et selon les experts, une telle opération pourrait susciter les réserves des régulateurs anti-trust, au vu de l'emprise de la nouvelle entité combinée.
Signe de son appétit, Couche-Tard avait, par ailleurs, tenté sans succès en 2021 un rapprochement avec le groupe français Carrefour - auquel s'était alors vivement opposé Paris -, et a acquis des stations de TotalEnergies en Europe pour 3,4 milliards d'euros.
Seven & i a néanmoins publié ce jeudi les résultats du premier semestre de son exercice décalé (entre mars et août). Il ressort que son chiffre d'affaires a augmenté de +6,8% comparé à la même période l'année dernière, à plus de 9,2 milliards de yen (près de 57 millions d'euros). Son Ebtida (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements), un indicateur clé de rentabilité, a lui en revanche baissé de -5%, à 471,5 millions de yen (2,9 millions d'euros).
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Dans un communiqué, le groupe explique ses résultats par « une consommation plus prudente » qu'attendu aux États-Unis, ayant entraîné « une baisse du nombre de clients par rapport aux prévisions » dans ses supérettes 7-Eleven. À cela s'ajoute, selon lui, le retrait d'une de ses filiales, qui a été enregistré « comme une perte sur les activités des filiales et des sociétés associées ». Si bien que, « en raison de ces facteurs », sur les six premiers mois de l'année, « le résultat d'exploitation, le résultat ordinaire et le résultat net attribuable aux propriétaires de la société mère ont été inférieurs aux prévisions ».
Dans ce contexte Seven & i a revu à la baisse ses prévisions financières pour l'année 2024, dont l'exercice se terminera fin février 2025.
(Avec AFP)
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