Disneyland et le Futuroscope ne connaissent pas la crise

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Les Français partent moins loin et moins longtemps. Une aubaine pour les deux parcs à thème.

C'est un peu comme si la méchante fée madame Crise avait, ces dernières années, évité de se pencher sur les parcs d'attractions de l'Hexagone. Alors que le moral des Français est au plus bas, que leur pouvoir d'achat est en baisse, Disneyland comme le Futuroscope ont fini l'année 2011 en fanfare avec de nouveaux records de fréquentation. Et tant pour le numéro un que pour le numéro deux français, l'année 2012 s'annonce festive puisque Disneyland fêtera ses 20 ans en avril, alors que le Futuroscope soufflera, lui, ses 25 bougies le mois suivant.

Panier moyen en hausse

Du côté d'Euro Disney, maison mère de Disneyland, on ne cache pas sa satisfaction. Alors que les prix des billets ont augmenté, "Disneyland a battu un nouveau record en 2011 avec 15,6 millions de visiteurs", se félicite Frederik Pénot, vice-président ventes et marketing France du parc de loisirs. Plus surprenant, peut-être, en cette période difficile, le "panier moyen" ? qui comprend la restauration ainsi que les produits dérivés estampillés Mickey, Blanche-Neige et autres personnages Disney ? a lui aussi augmenté pour atteindre 46,23 euros hors taxes. Dans la foulée, le taux d'occupation des différents hôtels est passé à 87,1%, contre 85,4% un an plus tôt, pour une dépense moyenne par chambre de 219,14 euros.

Tous ces voyants au vert n'étonnent pas les dirigeants de Disneyland. "En période de crise, les gens partent moins longtemps et moins loin, explique Frederik Penot. Ils ont besoin de s'échapper en famille et notre parc répond alors parfaitement à leurs attentes."

Même musique du côté du Futuroscope. "Tout se passe comme si les crises étaient favorables au secteur des loisirs", estime Dominique Hummel, président du directoire du parc à thème. Et de citer le sociologue Jean Viard et sa théorie des trois R, "rupture, retrouvailles et ressourcement", qu'a adoptée depuis toujours le Futuroscope. "Plus que jamais, en période de crise, nous avons besoin de moments d'échange, de créer du souvenir." Lui aussi constate que, depuis deux ans, le Français délaisse le séjour d'une semaine au Maroc ou en Tunisie pour "partir plus souvent mais moins loin et moins longtemps".

Bilan, le Futuroscope a connu lui aussi "une année exceptionnelle" avec un record de fréquentation à 1,8 million de visiteurs. Le parc, qui n'est pas ouvert toute l'année, a accueilli durant les vacances de Noël 100.000 visiteurs, soit un bond de 20%. Petit bémol du côté des dépenses dans les boutiques du parc qui, ces derniers temps, sont "plus mesurées", reconnaît Dominique Hummel. En revanche, tout se passe bien dans les hôtels, qui enregistrent un très bon taux de réservation pour 2012. Une année qui s'annonce riche. Nouvelles attractions, nouveaux spectacles, chacun peaufine sa stratégie pour attirer le plus grand nombre de visiteurs. Chez Disney rien qu'en 2011, 10% du chiffre d'affaires, soit quelque 130 millions d'euros, ont été consacrés au marketing.

Il faut dire que ces mastodontes du tourisme ont encore des progrès à faire. Malgré une clientèle fidèle et toujours plus nombreuse, Euro Disney, la maison mère du parc, affiche une perte de 63,9 millions d'euros, en chute de 41% par rapport à l'exercice précédent (45,2 millions), pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros. Le Futuroscope, qui a connu une période mouvementée du côté de ses actionnaires, est depuis un an sous la coupe de la Compagnie des Alpes qui en détient 45%. Peu disert, son président ne délivre que quelques éléments financiers pour 2010 : un chiffre d'affaires de 90 millions d'euros, en hausse de 12% et un résultat net de 10,5 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 17/01/2012 à 9:57 :
z'ont bien eu raison d epas mettre une taxe de plus la dessus.. les pauvres clients qui y vont, ça les aurait rebutés à coup sur!
a écrit le 17/01/2012 à 8:06 :
quand on peut encore dépenser de l'argent dans ces lieux , c'est que la crise n'est pas celle que l'on veut bien dire.. la crise a bon dos dans les motivations de chacun. on nous raconte tout ce que l'on veut et on en a marre de cette cacophonie.
a écrit le 16/01/2012 à 17:55 :
@ Churchill : La maison mère, aux Etats-Unis, demande un genre de taxe à EuroDisney. Or cette "taxe" ne se calcule pas en pourcentage du bénéfice : la somme que doit EuroDisney est constante. Donc même si la société ne fait pas de bénef', elle doit payer un "droit d'exercer" à la Walt Disney Compagny. Résultat : des pertes, et pour pouvoir être rentable, le parc devrait théoriquement drainer 17 millions de visiteurs. Désolé, mais les termes techniques exactes m'échappent ;)
a écrit le 16/01/2012 à 11:59 :
D'ailleurs les petits actionnaires se sont portés en association : l'APPAED afin de demander des comptes à la société. Mais personne ne parle de ce regroupement qui compte déjà près de 40.000 actions et des centaines d'adhérents . L'APPAEd possède une page facebook
a écrit le 16/01/2012 à 8:27 :
Je ne comprends pas comment Disneyland Paris fait pour tenir depuis 25ans en annoncant tous les ans des pertes... Leur comptabilité aussi vient d'un monde magique ?
a écrit le 16/01/2012 à 8:10 :
il font du ca, mais est ce qu'ils sont rentables? a priori une perte de 64 millions, c'est pas genial, d'autant que c'est recurrent , non?

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