Le gouvernement réfléchit à une offre touristique optimisée

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La ministre du Tourisme, Sylvia Pinel, affiche une ambition double : permettre au Français modestes de partir en vacances et ancrer le secteur, qui subit de nombreuses mutation, dans un "redressement productif".

Bien que la France soit la première destination mondiale en termes de fréquentation, elle pointe à la troisième place en termes de recette. C'est pour cela que la ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Sylvia Pinel, aimerait que les Français partent en vacances cet été. La crise, l'austérité et le temps morose ne vont malheureusement pas exaucer ses v?ux. La ministre qui a récemment dévoilé ses priorités pour le tourisme, juge ce secteur essentiel pour l'économie française. D'autant que le tourisme français représente 7 % du PIB. Selon Sylvia Pinel "la France vit, depuis de nombreuses années, sur ses acquis et n'a pas réussi à avoir une politique du tourisme structurée et ambitieuse".

Fracture entre ménages aisés et modestes

"Je reste très vigilante sur le fait que le taux de départ des Français s'affaiblit d'année en année, accentuant l'émergence d'une fracture touristique entre ceux qui ont les moyens de partir et ceux qui ne les ont pas". Sylvia Pinel a notamment précisé que 46 % des Français ne partiront pas en vacances cette année. Alors qu'un quart de ceux qui prennent la poudre d'escampette vont assurer cet été les deux tiers des départs. Depuis 2003, les ménages modestes partent moins en vacances. En 2011, seulement 30 % de ces derniers ont profité d'un repos estival mérité. Au contraire des catégories supérieures, qui ont un taux de départ en congés approchant les 78 %.

Et à la grande tristesse de Sylvia Pinel, la saison estivale s'annonce sous les mêmes auspices. Les Français sont 29 % à être certains de partir en juillet, près de 3 points de moins que l'an passé. Pour août, la proportion est de 32 %, en baisse de 2,7 points. L'objectif affiché est donc de réduire une "fracture" entre les ménages modestes et les ménages qui peuvent partir en vacances. Pour cela, la ministre va confier à "une personne qualifiée" une mission sur "l'accès aux vacances pour tous". Les travaux de cette mission seront rendus à la fin de l'année.

Autre décision, plus concrète, le gouvernement a décidé de reporter l'échéance de classification pour les campings du 23 juillet au 31 décembre, pour éviter de pénaliser les vacanciers les plus modestes. Les campings non classés auraient en effet été soumis dès l'été à un taux de TVA supérieur. Un type d'hébergement qui est privilégié par les moins fortunés.

Améliorer la qualité de l'offre touristique

Sylvia Pinel veut se donner tous les atouts pour redresser un secteur qu'elle estime être "un moteur sous-exploité de la croissance économique française". La ministre souhaite miser sur une amélioration de la qualité de l'offre touristique dans un contexte de concurrence mondiale aiguë. L'ex-députée du Tarn-et-Garonne voudrait doubler d'ici à 20 ans le flux touristique mondial, en passant de 980 millions à 1,8 milliard de visiteurs internationaux annuels.

"Une réhabilitation des hébergements touristiques est nécessaire", souligne Sylvia Pinel. Elle pointe notamment le "sous-investissement chronique en matière d'hébergement" et le nombre "insuffisant" d'hôtels qui ont adopté les nouvelles normes.

Un déficit de 50.000 emplois

Il y a aussi la volonté du ministère d'améliorer la qualité des formations aux métiers du tourisme. Une mesure qui pourrait potentiellement combler un déficit de 50.000 emplois non pourvus actuellement. Ce plan passera par une concertation annoncée dès septembre entre collectivités territoriales et acteurs privés.

Du côté des professionnels, le président des agents de voyage, Georges Colson, a salué "les intentions mais il faut voir maintenant les actes". "On est prêt à toutes les discussions", ajoute-t-il. Mais selon lui, "le droit des vacances pour tout le monde en France, c'est bien, mais il ne faut pas oublier l'étranger". Surtout que depuis le début de l'année, le tourisme en France a surtout été largement soutenu par la clientèle étrangère, notamment européenne, américaine et asiatique, selon les chiffres de la Direction générale de la compétitivité de l'industrie et des services (DGCIS).

L'e-tourisme, en plein croissance

Le secteur du tourisme subit aussi de fortes mutations, rajoutant un peu plus d'instabilité. Les Français affichent de nouveaux comportements de consommation qui déroutent et perturbent les professionnels secteur. Par exemple, l'e-tourisme en France confirme sa croissance et son potentiel. En 2011, 42 % des Français partis en vacances, soit 12,5 millions de personnes, ont réservé tout ou partie de leurs séjours sur Internet et ont payé en ligne. Ils étaient 8 % en 2003 et 31 % en 2008, selon le baromètre Raffour Interactif publié mardi 10 juillet.

L'étude indique que 58 % des personnes parties en vacances en 2011 ont préparé leurs séjours en ligne. Parmi ces personnes, 73 % ont ensuite réservé sur Internet. Consulter les avis publiés sur les sites Internet est également devenu un réflexe, puisque 72 % des Français qui partent et ont préparé leurs séjours en ligne assurent faire cette vérification et que 64 % d'entre eux disent en tenir compte. Aujourd'hui, les professionnels du tourisme doivent faire face à de nouveaux challenges. En premier lieu, l'e-réputation qui peut se dégrader très vite.

Mais pour les professionnels du tourisme tel le directeur du cabinet Pro Tourisme, Didier Arino, une véritable politique touristique passe "par des projets forts structurants (création de parcs, d'infrastructures...), une politique touristique nationale en terme de promotion et des aides sur ce qui génère de l'emploi". 

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a écrit le 02/09/2013 à 21:55 :
Le Parlement Européen et son incapacité d?analyse et/ ou de rédaction.

Un touriste étranger (comme moi) veut vendre son appart à Paris. PRESQUE IMPOSSIBLE.
1) La Loi Schengen dit « Loi de 6 mois » établis qu?un étranger qu?arrive dans un des Etats, a 90 jours pour se promener, sortir et rentrer. Au bout de ces 90 jours ou moins, il doit sortir même si tout ce qu?il fait pendant ce temps est dépenser de l?argent. Ensuite, il doit attendre 90 jours pour pouvoir revenir en Europe Schengen. C?est-à-dire qu?à partir du jour de son arrivée il doit savoir qu?il ne sera pas possible de revenir que 6 mois passes.
2) L?habitude en France fait qu?un notaire même diligent n?aura pas l?Acte Authentique près pour être signer par les deux parties (vendeur-acheteur) que 90 jours après la signature de l?Avant Contrat (Promesse de Vente-Achat). Et c?est n?est pas sa faute. Il doit collecter des nombreux documents dans un océan de bureaucratie.
3) Exemple concret : Un touriste vendeur arrive le 1èr Septembre. Il prendra 60 jours pour trouver un acheteur (optimiste en vue de l?état du marché immobilier). Il signera l?Avant Contrat le 1èr Octobre et devra quitter l?Europe Schengen au plus tard le 30 novembre (90 jours après son arrivée). Il ne pourra pas revenir que le 1èr Mars au plus tôt soit 6 mois après le jour de son arrivée.
Or, l?Acte Authentique sera prêt pour la signer disons le 2 Janvier (environ 90 jours après la signature de l?Avant Contrat). Est-ce-que un acheteur pressé comme tous va accepter d?attendre 2 mois pour conclure la transaction et pouvoir déménager avec tout ce que ça signifie (Ecole des enfants, nouveau bouleau, etc.) ?

La Loi Schengen a était faite dans le but d?empêcher les touristes de rester et s?installer en Europe. Mais le Parlement Européen n?a pas pensé aux touristes que n?ont pas la moindre intention d?en faire comme ça. Aussi, le but de la de la Loi aurai était accompli si la rédaction aurai établi qu?un touriste pouvait rester en Europe un maximum de 90 jours et ne pourrai pas revenir que 90 jours après le jour de sa sortie. Question de capacité d?analyse et de rédaction.

Est-ce-que un journaliste bienveillant du grand arbre de la presse aurai la gentilles d?écrire à ce sujet ?
a écrit le 15/07/2012 à 9:31 :
Les allocations vacances existent déjà.
a écrit le 13/07/2012 à 18:07 :
Je rêve où on se dirige vers des "allocs vacances" ??????
a écrit le 13/07/2012 à 16:48 :
Ahhh l'hôtellerie française!
A paris, chambres minuscules mais prix XXL, en province, parfois ( souvent ) des installations obsolètes; quant à la restauration, franchement, à part quelques bonnes adresses...
bref, il y a beaucoup à balayer devant notre porte et simplement comparer avec l'Espagne ou l'Italie, sans commentaire!
Réponse de le 13/07/2012 à 18:06 :
Vu le coût des salaires en France ... La différence est peut-être là, l'argent dépensé n'est plus là pour le reste [sauf dans les hôtels plus haut de gamme].
a écrit le 13/07/2012 à 16:38 :
un ministre qui nous dit qu'elle s'inquiète que des français ne partent pas en vacances, voilà une drole de façon d'appréhender son travail

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