Le tourisme, infirmier du dynamisme économique de pays européens en crise

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La bonne santé du secteur touristique grec a contribué à ralentir la contraction du Produit Intérieur Brut au deuxième trimestre 2013.
La bonne santé du secteur touristique grec a contribué à ralentir la contraction du Produit Intérieur Brut au deuxième trimestre 2013.
Cette année, l'Espagne, le Portugal et la Grèce semblent avoir été les grands gagnants de la saison touristique. La fréquentation y a augmenté, les touristes les ayant préférés à l’Égypte, la Turquie ou même aux pays du Maghreb. Ainsi, l'activité touristique tire leurs PIB respectifs, une bonne nouvelle en vue d'éventuelles renégociations des plans de sauvetage consentis par la troïka.

Le dynamisme du tourisme serait-il LE remède anti-crise ? Les Français, eux, ont l'air d'y croire: 45% d'entre eux estiment que la capacité de la France à sortir de ses difficultés économiques repose en premier lieu sur son attractivité touristique, selon un sondage dont les résultats ont été rendus publics début juin.

>> 54% des Français optimistes sur une sortie de crise… grâce au tourisme et au CAC 40

Et ils ont peut-être raison de se l'imaginer étant donné que chez nos voisins du sud, l'activité touristique de cet été semble redonner du punch aux économies de pays "en crise", au premier rang desquels la Grèce, mais aussi le Portugal et l'Espagne.

+ 10% de touristes étrangers en Grèce

Dans le berceau des Jeux Olympiques, le service national des statistiques Elstat a fait part de très bons chiffres côté tourisme au deuxième trimestre 2013. La bonne santé du secteur a contribué à ralentir la contraction du Produit Intérieur Brut (PIB) sur la période, celle-ci étant estimée à -3,8% selon les données révisées, publiées le 6 septembre.

Déjà mi-août, l'AFP notait que la Grèce connaissait cette année "une augmentation de plus de 10% de l'affluence touristique de touristes étrangers par rapport à l'année dernière". Du côté des représentants des professionnels du tourisme grecs, on tablait sur une progression de 10% des revenus du secteur pour 2013, à 11 milliards d'euros, avec un nombre de visiteurs culminant au record de 17 millions de personnes.

Selon certains observateurs, le tourisme est devenu le seul moteur de l'activité économique de la Grèce. Toutefois, ce regain de dynamisme de l'activité est à relativiser, les chiffres de l'année 2012 ayant été très mauvais, consécutivement à l'instabilité politique et économique de l'hiver et du printemps 2012 qui avaient affecté le niveau des réservations.

+ 8,2% de recettes liées au tourisme au Portugal

Au Portugal, le tourisme pèse pour 9,2% du Produit Intérieur Brut (PIB). Le secrétaire d'État au Tourisme - Adolfo Mesquita Nunes - considère que c'est "le secteur qui contribue le plus à la sortie de crise du Portugal". De son côté, le ministre de l'Économie Antonio Pires de Lima assure que "le tourisme au Portugal a connu durant les mois écoulés la croissance la plus élevée de ces dernières années", en hausse de "près de 10%".

Les recettes générées par les touristes venus de l'étranger ont progressé de 8,2%, à 3,7 milliards d'euros au premier semestre. Conséquence immédiate: la compagnie aérienne nationale, TAP Portugal, a transporté un nombre record de passagers en août: 1,11 million. Si Lisbonne reste extrêmement sollicitée, l'Algarve a également tiré son épingle du jeu, misant sur ses longues plages de sable fin. Mais les Français, les Allemands et les Britanniques ont eu beau s'y presser, "les recettes ne suivent pas forcément" tient à nuancer Eliderico Viegas, président de l'Association de l'hôtellerie de l'Algarve auprès de l'AFP. "Les prix sont bas et les touristes dépensent moins", regrette-t-il.

Record de visiteurs étrangers en Espagne

Et au pays de Cervantes, un record historique d'arrivées de touristes étrangers entre janvier et juillet a également été enregistré avec 34 millions de visiteurs, un niveau inédit depuis au moins cinq ans. Selon les chiffres officiels publiés le 22 août, l'Espagne a accueilli pas moins de 7,9 millions de touristes rien qu'au mois de juillet, un record, là aussi. Ils ont privilégié l'Andalousie, la Catalogne, les îles Baléares et les Canaries. Ces records d'affluence constituent une excellente nouvelle pour les Espagnols, dont 11% du PIB repose directement sur le tourisme.

Ces bons chiffres dans le domaine du tourisme devraient ainsi tirer vers le haut le PIB de ces pays, et s'ils réussissent à produire davantage de richesses, cela les placera dans une position relativement favorable au moment de renégocier leurs plans d'aide respectifs avec les représentants de la troïka, formée par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne.

Réflexions en cours sur de nouvelles aides internationales

Rappelons en effet que tous sont sous perfusion européenne et internationale. L'Espagne a consenti un plan de sauvetage de ses banques d'une valeur de 41,3 milliards d'euros. Une mission des inspecteurs de la troïka effectuera le 23 septembre une nouvelle visite dans le pays pour évaluer la situation du secteur bancaire. La Grèce a rendez-vous mi-septembre avec ses créanciers, alors que des réflexions sont en cours sur l'utilité d'un éventuel troisième plan de sauvetage pour la période 2014-2015.

Enfin le Portugal n'exclut pas un nouveau plan d'aide afin de pouvoir se permettre de poursuivre sur la voie de l'austérité. "Si nous ne sommes pas capables dans les prochains mois de montrer à nos créanciers que la réforme de l'État nous permet de réduire les dépenses d'une manière durable, il se peut que nous ne soyons pas en mesure de poursuivre notre chemin sans davantage de financement, sans un deuxième programme garantissant au pays les moyens dont il a besoin", a averti le Premier ministre portugais lors d'un déplacement à Bragance le 31 août.

>> Le Portugal n'exclut pas un nouveau plan d'aide

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Commentaires
a écrit le 10/09/2013 à 12:55 :
La plus forte augmentation touristique dans certains pays, dont la Grèce, ne signifie strictement rien. A part, peut-être, plus de pollution et quelques vols en plus dans les magasins de souvenirs. prenons le cas de la Grèce. On estime effectivement qu'elle recevra cette année 10 à 12 % de plus de visiteurs que l'an passé. Chouette ? Pas vraiment ! Car ce que cet article tronqué et mensonger a force d'omissions prend bien garde de ne pas révéler, c'est que la "manne" financière provenant du secteur du tourisme, elle, a considérablement baissé. De l'ordre de 15 % par rapport à l'an dernier, en moyenne. Car s'il y a des touristes en Grèce, et notamment, des français, ce sont avant tout des touristes fauchés qui créent au moins autant de nuisances qu'ils apportent de bénéfices au pays et aux Grecs. Dans les tavernas, les "toutous" se prennent plus, comme par le pasé, du vin et un apéro, mais se contentent de partager chichement une bouteille d'eau. Et commandent moins de plats et moins chers que par le passé. Dans les magasins à souvenirs, ce sont avant tout les babioles et 2 ou 3 euros qui se vendent. Pour le reste, les "toutous" - marcel sur le dos et tongs en plastique auxpieds - se contentent de regarder... "Et on doit faire attention à ce qu'ils ne volent pas trop", comme me le dit un ami commerçant dans une station balnéaire. Autre problème, surtout en Crète : les hôtels "all in" qui sont une véritable plaie et qui ne regroupent que des touristes à petits budgets.Comme des bons moutons, ces "toutous" se payent -ô folie ! - une excursion en car sur leur séjour. Arrivés sur le lieu de l'excursion, ils sont dirigés vers une taverna spécifique et l'opérateur ne leur laisse ensuite pas le temps de déambuler dans le village ou la station balnéaire, de peurt qu'ils y laissent les quelques euros qu'ils ont au fond de leur porte-monnaie. Par contre, une fois revenus dans l'hôtel all in, ils sont incités à consommer et dépenser ... y compris l'argent qu'ils n'ont pas. Et souvent, cet argent dépensé ne reste pas dans le pays, l'hôtel appartenant à une chaîne étrangère, et ce sont une fois de plus les Grecs qui sont victimes des Européens (et des franchouillards) fauchés.
Réponse de le 10/09/2013 à 15:12 :
Vous avez raison sur pas mal de points, mais est-ce que vous avez mieux à proposer pour les familles à faibles budgets ?
a écrit le 10/09/2013 à 10:53 :
Pourquoi.. ?? y'a une crise..??
a écrit le 10/09/2013 à 9:46 :
Quand on pénètre en France depuis la RFA près de Mulhouse, pas de quoi pavoiser. L'ancien poste frontière inauguré il y a 20 ans est une friche immonde. Rien de rien sur place, pas même des sanitaires. D'ailleurs aucune possibilité de pause biologique sur le réseau non payant (RN, 4 voies) français. Les aires de repos sont le plus souvent des latrines à ciel ouvert avec ce que l'on peut deviner au niveau hygiène.
Réponse de le 10/09/2013 à 10:53 :
Je ne pensais pas que les Allemands avaient autant de problèmes de prostate. Ou la bière, peut-être..??
Réponse de le 10/09/2013 à 11:45 :
Et alors ? Les environs de Mulhouse ne sont pas une région touristique. Côté allemand il n'y a pas de toilettes non plus au bord de la route en dehors des autoroutes.

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