La libéralisation du rail a fait perdre un quart du marché du fret à la SNCF

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La libéralisation impulsée par Bruxelles a abouti à l'inverse de ce qu'elle visait : la part modale du fret ferroviaire a chuté de 12,6% à 10,6 % en une dizaine d'années au profit du transport routier.

Depuis mars 2006, date de l'ouverture totale du fret ferroviaire en France, la part de marché des concurrents de la SNCF sur le fret n'a cessé d'augmenter. Selon les chiffres publiés mercredi par la SNCF, alors qu'elle était nulle en 2006 elle atteignait déjà 15% en 2009 et s'élevait à 20% l'an dernier. Cette part de marché est partagée entre dix-neuf entreprises ferroviaires qui ont obtenu les autorisations légales d'opérer sur le marché français. Une nouvelle étape de la libéralisation du rail est en cours de finalisation à Bruxelles.

L'émergence rapide d'entreprises concurrentes est un paradoxe. La libéralisation du rail européen, impulsée dès 2001 par la Commission européenne afin, affirmait-elle alors, de redynamiser le transport des marchandises par le rail, n'a en effet aboutit qu'au résultat inverse. "La part du ferroviaire n'a cessé de suivre son long déclin au profit de son principal concurrent qu'est le transport routier", pointe Pascal Deschamps, secrétaire général de la FGAAC-CFDT (conducteurs). Et les chiffres de la commission des transports du parlement européen confirment ses dires. La part modale du fret ferroviaire a chuté de 12,6% à 10,6% en une dizaine d'années. Comment dans ces conditions comprendre le développement de sociétés concurrentes et ceci alors que d'aucuns affirment que le bilan économique du fret privé reste négatif.

La question se pose d'ailleurs de façon plus globale. "Le ferroviaire n'est pas une activité ultra-rentable", reconnaît David Azema, directeur général délégué de la SNCF. Cette fragilité économique aiguillonne la compagnie nationale qui se dit que si elle a laissé des plumes sur le marché des marchandises, le même phénomène pourrait bien se reproduire pour le marché des voyageurs. Aujourd'hui, seule la concurrence sur les lignes inter-européennes est autorisée. Une seule société, Eurostar détenue à 50% par la SNCF, y est présente (Paris-Londres et Paris Bruxelles) dont elle réalise 7,8% de l'activité.

Mais dès le 11 décembre, l'entreprise ferroviaire Thello, un consortium formé par l'italien Trenitalia et le français Veolia-Transdev, fera rouler des trains de nuit entre Paris et Venise. Un nouveau défi pour la SNCF qui, côté cour, affiche sa sérénité mais qui, coté jardin, est plus fébrile et multiplie les initiatives afin de se préparer à ce nouveau choc concurrentiel.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2011 à 11:02 :
C'est du grand n'importe quoi.... Faire des grèves les responsables du "déclin" de la sncf est une pure hérésie... Une grève coûte cher, c'est évident. Mais ces grèves (pas si nombreuses que celà d'ailleurs, mais ultra-médiatisées), sont loin de coûter une fortune à la maison mère. On passe sous silence le coût des cadres et maîtrises, hors encadrement direct, dans une entreprises qui se livre à une véritable masturbation sur ce sujet. Suppression de milliers d'emplois d'éxécutants (moins de monde sur le terrain de la productivité (à bas coût qui plus est....)), et recrutement en parallèle de centaines de cadres et agents de maîtrise dans les couloirs douillets et bureaux feutrés des différentes directions. Le coût salarial de ces personnes (qui ne font pas grève, elles) est loin d'être négligeable, pour un retour en productivité nul... A quoi servent ces recrutements en interne mais surtout en externe de décideurs qui ne connaissent absolument au ferroviaire, ni à ses particularités ??? Après plusieurs plans pour soi-disant sauver le fret ferroviaire, qui n'ont fait qu'empirer la situation, force est de constater que ce massacre du fret ferroviaire, vécu de l'intérieur, a été organisé et orchestré par la sncf elle-même (et accessoirement par l'état en coulisse), d'une part pour faire volontairement de la place au privé extérieur, d'autre part pour se faire sa propre place avec ses propres sociétés privées... N'oubliez pas que la sncf est aussi le plus gros transporteur routier de france, fret comme voyageur, et qu'il est évident par là-même qu'elle ne va pas sacrifier ce qui lui rapporte une grosse part de ses dividendes, juste pour faire plaisir à ses employés.
La compétitivité, elle y est, il suffit que les décideurs aient simplement envie qu'elle se fasse. Seulement les décideurs sont tellement nombreux qu'il sera impossible d'en sortir quoi que ce soit de valable.
Tirer à boulets rouges sur les employés, au prétextes de grèves est un raisonnement beaucoup trop simpliste pour être sérieux, et celà, tout le monde le sait parfaitement.

@ foufou92 : en bon commercial, t'es-tu posé un jour la question de la rentabilité de tes supérieurs et de leur coûts dans l'entreprise ??? Certainement pas... Observe un peu la pyramide, et sois réaliste... As-tu déjà vu une entreprise fonctionner et dégager des bénéfices avec plus de 50% de cadres et maîtrises ??? Moi pas.... Cherchez l'erreur...
Les profiteurs ne sont certainement pas ceux auxquels on pense...

Je précise que je n'ai aucune appointance sous quelque forme que ce soit avec aucun des syndicats dans lesquels je ne me reconnais nullement. Ce qui n'est pas une tare en soi, ils n'ont pas fait que du bien à la sncf, loin s'en faut... Il n'empêche qu'ils sont toutefois nécessaires, pour de multiples autres raisons, mais çà c'est un avis personnel...
a écrit le 02/12/2011 à 15:37 :
Faut arrêter de dire des bêtises, ce n'est pas la libéralisation du rail qui a fait perdre 1/4 du marché de fret à la SNCF .... c est son manque de compétitivité d'une part et les syndicats d'une autre part . Même si la croissance revenait en France , même si on réindustrialisé le pays , FO , CGT et compagnie empêcheront le pays de produire .....
a écrit le 23/11/2011 à 7:46 :
Quelques chiffres datant de 4 5 ans :
sncf fret 24000 agents
db fret 28000 employés (saisissez la nuance..)
trafic db en t/km = le double de celui de sncf fret...
réflexion d'un commercial venant du privé embauché au titre d'un des nombreux plans pour sauver sncf fret après une nième grève contre la casse du service public :
"cette grève, c'est 3 ans de prospection commerciale mise à la poubelle..."


a écrit le 22/11/2011 à 10:33 :
Sous mes fenêtres les wagons Gefco (transports Peugeot) tirés par une loco rouge DB (chemins de fer allemands). Bientôt la DB passera sous la Manche !!! Là où les Français ne sont même pas fichus de mettre en place une liaison cadencée voyageurs entre le Calaisis et le Kent... C'est à l'étude comme toujours.
a écrit le 17/11/2011 à 13:50 :
sncf trop chére pour les passagers et le fret une honte un billet nice paris plus de 100 euros des fois le double de l aerien un bus menton nice 1 euros en trains 5 euros je sais qui l euros est petit mais c est quant méme 6,50 frans
a écrit le 17/11/2011 à 13:03 :
Tous ces commentaires prouvent que vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Il faut le vivre de l'intérieur pour comprendre toutes ces grèves. L'injustice est inacceptable, c'est por cela que nous luttons. Il n'y a qu'à lire vos posts sur d'autres sujets pour savoir que vous en feriez de même à la SNCF. En attendant, je vais boire mon p'tit café ....
Réponse de le 17/11/2011 à 16:41 :
Nos commentaires ne prouvent pas grand chose, et personne n'a la science infuse... Soyons simplement factuels : il faut être autiste pour ne pas constater que les organismes dirigés de fait par les syndicats les plus idéologistes/conservateurs (la SNCF n'en est qu'un exemple) vont dans le mur sitot qu'un concurent rentre dans la partie...
Réponse de le 29/11/2011 à 14:28 :
Si la sncf était dirigée par les syndicats, on aurait pas besoin de faire grève!
a écrit le 17/11/2011 à 12:17 :
La SNCF ou plutot les cheminots n ont jamais ete tres motives par le fret ou la messagerie et c est bien dommage. Je parle d experience, ayant voulu a maintes reprises les utiliser.
Un responsable (ex) logistique transport et douanes d un grand groupe industriel
a écrit le 17/11/2011 à 12:10 :
SI LA SNCF ET EN PARTICULIER LES EMPLOYES ETAIENT A LA HAUTEUR NS N'EN SERIONS PAS LA
LA SNCF A PERDU SON FRET A CAUSE DE GREVES A REPETITION QUI ONT FAIT DE CE TRANSPORTEUR UN PARTENAIRE PEU FIABLE ET LES SYNDICATS ONT L 'IMMENSE RESPONSABILITE DE CE DESASTRE
UN CLIENT VEUT ETRE TRANSPORTE ET N'ATTEND PAS LE BON VOULOIR DES EMPLOYES DE SON PRESTATAIRE DE SERVICE POUR ACHEMINER LES PRODUIITS NECESSAIRES AU BON FONCTIONNEMENT DE SON ENTREPRISE
a écrit le 17/11/2011 à 11:21 :
Le groupe SNCF n'est-il pas le premier transporteur routier de fret?
a écrit le 17/11/2011 à 9:43 :
Le transport des marchandises par camion c'est entre 75 et 80% le reste c'est le train,le fluvial et l'avion. Le grenelle de l'environnement devait réduire cette domination du transport par la route..Comme souvent du bruit et rien où si peu à la finale!!Il n'y a plus de constructeur de camion français RVI ex berliet saviem ex renault truck a été découpé et vendus à volvo lesquels ont été racheté par des chinois!!
a écrit le 17/11/2011 à 9:07 :
La politique traditionnelle de la SNCF, c'est de penser à ses intérêts à l'exclusion de ceux de ses clients. D'où la suppression d'arrêts de ses trains sur une distance de 300 voire 500 kilomètres, même si sur ces longues distances il existe plusieurs villes importantes: exemple paris-strasbourg, paris-forbach, paris-bruxelles. Le but c'est de dire : on a des trains rapides, de plus ils sont à l'heure, comme si on se trouvait à une compétition de vitesse. Elle a constaté après avoir imposé cette politique hasardeuse que ses tgv n'étaient pas rentables, entre-temps le mal était fait.Ils ont à la sncf les prototypes des technocrates qui n'écoutent que leur logique bornée et à la limite anti-démocratique.
a écrit le 17/11/2011 à 7:20 :
Vite, c'est la saison, il faut faire grève. Marquons notre mécontentement en pourrissant encore et toujours la vie des salariés du privé accrochés comme des c..s à leurs emplois.
a écrit le 17/11/2011 à 6:27 :
Le bénéficiaire serait le transport routier, pas vraiment réjouissant.
a écrit le 16/11/2011 à 20:29 :
SI les fonctionnaires de la sncf ne s'étaient point évertués durant des décennies à se mettre en grève pour défendre des droits, aujourd hui obsolètes ou qui font figure d'anachronismes ou d'illogismes surtout en temps de crise ... Si ces mêmes fonctionnaires de la SNCF avait eu une culture d entreprise plutôt qu'une culture du nombril , aujourd hui il n y aurait peut-être pas de libéralisation du rail ,
Les droits acquis ne le sont pas éternellement . Ce qui était justifiable et justifié au début du XX eme siècle , n est plus du tout d actualité.
La SNCF ne résistera pas à la privatisation .... Vu que tout le monde refuse la flexibilité , ce sera soit la privatisation ( santé, éducation , retraites, SNCF , assurance chomage....... ) , soit l'effondrement parce qu'une bande de nombrilistes ne veulent pas perdre des droits acquis sur des fondements qui ne sont plus d actualités ..
a écrit le 16/11/2011 à 18:21 :
La libéralisation n'y est pour rien.Vous avez déja essayé de travailler avec la SNCF en fret ? moi j'ai donné et je ne suis pa le seul.
a écrit le 16/11/2011 à 17:56 :
Normal elle était tout le temps en grève. Le commerce ne peut s'accomoder de traditions du 19ème siècle. Il faut livrer régulièrement, à temps, et au juste prix, un univers à découvrir pour la SNCF.
a écrit le 16/11/2011 à 17:40 :
Il serait intéressant de comparer cette situation à celle des pays étrangers où la libéralisation est intervenue plus tôt.
En Angleterre, certaines compagnies reprennent le tafic des "wagons isolés", ce que la SNCF a complètement abandonné.
Laissons du temps au temps...
a écrit le 16/11/2011 à 17:21 :
Dire que le déclin du ferroviaire tient à la libéralisation n'est qu'un sophisme et ceux qui le croient ne sont que des sots. Les grèves incessantes des cheminots français ont déconsidéré le transport ferroviaire, leurs horaires douillets, leurs retraites précoces et autres avantages en ont tué la compétitivité. Dès lors la libéralisation ne peut que faire du bien en amenant des offres plus crédibles. Ouvrez les yeux, messieurs des syndicats et ne vous moquez pas des citoyens, s'il vous plait.
a écrit le 16/11/2011 à 16:59 :
je ne comprends, pas, pourquoi comparer le trafic sur 10 ans, alors que dans le même article on dit que des sociétés privées n'ont commencé à apparaitre qu'après 2006??
Il faut voir l'évolution du trafic et des prix à partir de 2007, et encore ce n'est pas terrible puisque ce serait juste avant la crise... ce genre de comparaison est donc bidon. Le chiffre intéressant ici est que les parts de marché de la SNCF fondent à vue d'oeil, preuve de son manque de compétitivité
Réponse de le 16/11/2011 à 20:37 :
"preuve de son manque de compétitivité" : grèves - largesses sociales - horaires ...

Pourrait-on dire que les fonctionnaires de la SNCF sont des nantis ?

Les grévistes et leurs syndicats seront responsables dans quelques temps de leur propre mise à la rue ..La SNCF est un monstre autophage .
Réponse de le 17/11/2011 à 15:07 :
Prévisible, mais avant tout pourquoi avez-vous accepté les lois scélérates de votre "chère" (des)Union Européenne ?? Après coup, il est toujours trop tard !!

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