Gel des salaires en vue chez Air France

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Le plan d'économies de la direction sera examiné le 11 janvier. Les mesures structurelles de transformation sont prévues en mai et juin. Des turbulences sociales sont à craindre.

Ce sera l'une des mesures emblématiques du plan d'économies d'Air France qui sera examiné le 11 janvier 2012 en conseil d'administration. Après le gel des embauches décidé en septembre la direction devrait, selon plusieurs sources concordantes, instaurer le blocage des salaires. Concrètement ce gel concerne les augmentations générales, les primes liées à la productivité et les promotions. Des points sur lesquels la direction dispose de marges de manoeuvre. En revanche, pour certaines augmentations (liées à la séniorité par exemple) inscrites dans des accords avec le personnel, il lui faudra les renégocier si elle veut arriver à ses fins. Ces mesures permettraient de dégager plusieurs dizaines de millions d'euros d'économies, non pas en 2012, mais en 2013. Interrogé ce lundi à Toulouse lors d'une rencontre avec la presse, le nouveau PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, a simplement répondu que « toutes les mesures seraient examinées sauf l'emploi, qui ne serait que la dernière des mesures à prendre ».

Ce gel des salaires fera partie d'un ensemble de mesures d'urgence de redressement annoncées en janvier dans le but d'arrêter de brûler du cash. Plus que des fermetures de lignes, des réductions de fréquences déficitaires devraient être annoncées. Côté investissement, si les livraisons d'avions ne pourront pas être repoussées - 7 à 9 long-courriers - en 2012 en raison des contrats déjà bien engagés, Air France n'exclut pas de procéder à des reports en 2013.

Ce plan d'urgence sera suivi en mai et juin d'un plan de restructuration, de transformation et de développement de la compagnie. C'est là que les mesures structurelles pour redresser l'activité moyen-courrier, qui génère 90 % des pertes du groupe, seront annoncées. Elles passeront, en amont par la renégociation des accords dans le but d'augmenter significativement la productivité du personnel. Le système de bases de province en place à Marseille depuis octobre, puis à Toulouse et Nice début avril, n'est qu'une étape.

Trouver une solution à Orly

Avec ce plan qui doit inclure la base de Bordeaux, Alexandre de Juniac estime que « moins de la moitié du chemin sera fait » pour redresser le moyen-courrier. En effet, il faudra trouver une solution à Orly mais aussi au hub de Roissy, foyer très important des pertes du moyen-courrier. Sur le réseau dit de point-à-point, Air France vise un retour à l'équilibre fin 2013. In fine, si le groupe souhaite que le redressement soit enclenché dès la première année, il entend dégager des solides résultats d'ici deux à trois ans.

La restructuration d'Air France promet déjà des turbulences sociales au regard des efforts qui vont être demandés. Tôt ou tard pour nombre d'observateurs, Air France ne pourra pas faire l'économie d'un plan de départs. Car une hausse de productivité, dans un contexte de faible croissance des capacités, risque en effet d'entraîner un sureffectif.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2011 à 22:15 :
Mauvaise idée !
a écrit le 07/12/2011 à 13:54 :
La situation salariale au sein d'AIR FRANCE n'est pas la même selon secteur. En gros les PN sont bien mieux payé que la concurrence et pour l'informatique, il est temps d'aller voir ailleurs ou les salaires sont bien plus haut !!!
Réponse de le 13/12/2011 à 20:30 :
Faux, une hotesse easyjet debutante gagne plus qu une d air france qui commence sa carriere. Mais elle travaille plus. Grosso modo le taux horraire de vol est le meme. Renseignez vous avant de dire n importe quoi et faire croire que ce sont des nantis...
Réponse de le 06/02/2012 à 17:43 :
Debutante peut-etre. Et ensuite?
a écrit le 06/12/2011 à 17:39 :
Cette mesure est susceptible d'être suivie si elle correspond non à un marché de dupes (certaines mesures ne peuvent êtres appliquées surtout pour les PN qu'après dénonciation, délais de carence et renégociation des accords actuels)mais à un plan stratégique crédible. Cela a déjà été pratiqué entre 1994/1996 dans le cadre du plan Blanc . Chacun a compris que la dissociation des mesures de redressement ont un caractère un peu "politique" : les mesures financières à court terme, et les mesures structurelles après les présidentielles.
Quelques idées à carcatère symbolique de partage : suppression de la retraite complémentaire chapeau, après le PDG pour les autres cadres supérieurs, suppression des jetons de présence aux administrateurs pour la durée des mesures de gel des salaires, suppression de la part variable des cadres dirigeants pour la durée du gel des salaires...
a écrit le 06/12/2011 à 15:52 :
L'un des problèmes d'Air france réside dans sa double implantation à Paris . Cela oblige Air France a entretenir un double réseau Court/ Moyen Courrier déficitaire sur Roissy afin d'alimenterle hub international. Par ailleurs les prestations fournies à bord en classe voyageur ne sont pas vraiment différenciantes par rapport au low cost et donc incitent une partie de la clientèle à voyager sur Ryannair et EasyJet.
a écrit le 06/12/2011 à 14:16 :
de Juniac, ce genre de commentaires on le garde pour après les fêtes; pas besoin d'inciter le personnel d'AF à faire une grève à Noèl
Vraiment con ce dirigeant
a écrit le 06/12/2011 à 13:41 :
Le jour où nos chefs et dirigeants seront exemplaires dans ce pays... C'est pourtant le devoir d'un leader de montrer l'exemple ! Quand on pense que dans le même temps, Lufthansa et British Airways sont beaucoup moins endettées, ont une masse salariale inférieure, font des bénéfices et n'ont perdu aucun avion ces 10 dernières années... Serions-nous plus bêtes que les allemands ou les anglais ?
a écrit le 06/12/2011 à 8:43 :
Une baisse des salaires des hauts cadres d'AF est elle envisageable étant donné les sommes perçues pour etre crédible ? (sans compter les fetes de Juniac en Colombie ....)
a écrit le 06/12/2011 à 8:35 :
Le fameux Alexandre de Juniac qui passait ses vacances dans une villa de rêve d'un proche du président en Colombie.
Pas de soucis pour le personnel de la compagnie nationale : il n'est pas encore au niveau des compagnies à "bas coût". Avec quelques petites grèves ici ou là, le transporteur finira dans l'escarcelle d'un prédateur (Golfe, Asie , USA ?).

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