La réforme du statut des cheminots, une bombe sociale en puissance

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La libéralisation du rail implique de définir un cadre social commun à l'ensemble des travailleurs du rail. Un sujet plus que polémique.

Sans doute pour éviter de polluer les Assises du ferroviaires avec un dossier très explosif, la question du statut des cheminots en a été écartée. L'ouverture à la concurrence du rail hexagonal oblige cependant à réfléchir au cadre social dans lequel s'inscriront les salariés des chemins de fer dès que la libéralisation du transport régional de voyageurs sera décidée. Le gouvernement n'en a pas encore défini la date mais il a fait savoir qu'il souhaitait « un cadre social commun », qui concerne tout autant les agents de la SNCF que les salariés des opérateurs privés. En clair, il s'agit d'écrire une nouvelle convention collective qui définisse les règles minimales applicables à terme à tous les salariés du rail.

La SNCF réclame elle aussi un cadre harmonisé pour éviter la situation du fret où il existe une réglementation pour les agents SNCF et une autre pour le privé. Son PDG, Guillaume Pepy, préconise de distinguer le statut proprement dit (garantie de l'emploi, régime de retraites...) de l'organisation du travail (temps de travail, règle de repos...). Il l'a redit lors d'un séminaire de presse à Reims fin septembre. « Je souhaite un cadre social sinon on est dans la cacophonie des règlementations. Et faire l'impasse sur le social n'est pas vivable. » Le président de la SNCF avait également cité en exemple le modèle social de la Deutsche Bhan (DB), qui prévoit notamment que les écarts salariaux entre les entreprises ne sont pas supérieurs à 6 %.

Les syndicats sont vent debout contre cette réforme. Ils parlent d'une « mort programmée » du statut. Ils plaident pour une évolution par le haut, à l'instar de la Fgaac-CFDT qui « ne s'oppose pas à un cadre social harmonisé si celui-ci se base sur les règles sociales en vigueur au sein de l'entreprise historique ».

Surcoût de 7 % à 15 %

Une option que le gouvernement a déjà écartée. Sans doute pour des raisons idéologiques mais aussi en vertu du fait que, selon l'économiste Nicolas Baverez, le statut des cheminots induirait un surcoût de 7 % à 15 % pour l'entreprise.

Nathalie Kosciusko-Morizet a confié, fin août, une mission au président de la section sociale du Conseil d'Etat. La ministre des Transports lui demande d'étudier les conditions d'évolution du statut spécial des cheminots. Elle précise qu'elle confie au Conseil l'analyse des « spécificités du statut du personnel de la SNCF et propositions en vue de son adaptation éventuelle aux évolutions que connaîtront la branche et l'entreprise ». Le Conseil d'Etat doit rendre ses propositions au début 2012. Reste à savoir si le gouvernement actuel les mettra en oeuvre avant l'élection présidentielle ou s'il refilera le bébé au prochain Premier ministre.

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Commentaires
a écrit le 10/12/2011 à 8:52 :
Un retraité cheminot à une vie plus longue en moyenne à la retraite que sa durée active professionnelle en prenant en compte l'âge de départ à la retraite.
Il faut impérativement aligné le départ à la retraite sur le droit des salariés privés.
Il y a urgence d'aller encore plus loin dans la réforme des retraites de la SNCF.
Réponse de le 11/12/2011 à 8:13 :
il faut tous de suite privatiser, allez monsieur sarko du courage
Réponse de le 12/12/2011 à 7:53 :
Continuez a vs tirer des balles ds le pied! pourquoi toujours vers le bas?
Réponse de le 13/12/2011 à 17:29 :
D'autant que les "chauffeurs de locos" peuvent se faire embaucher à l'étranger après leur départ en retraite.............................;;
a écrit le 09/12/2011 à 16:55 :
Bjr Jéjé j'aime bien ton commentaire § Voyons si les politiques auront les couilles pour ramener tout ce petit monde de privilégiés à la raison. Ces types profitent honteusement du courage de leurs ainés mais ne leur arrivent pas à la cheville. Des parasites qui n'ont même pas su sauvegarder leur outil de travail pour en faire profiter leurs enfants - voir le fret en particulier-! un conducteur de TGV gagne plus qu'un pilote de chasse . L'erreur ? un vieux chancre et un jeune dynamique, vaillant et courageux.
Réponse de le 11/12/2011 à 20:45 :
vous avez vu ou qu un conducteur de tgv gagne plus qu un pilote de chasse ???? ha oui, sur TF1 ... la chaine " d'info " du gouvernement ...
Franchement, ce prendre la tete pour 10 000 personnes ... qui ont un systeme a l'equilibre ... si ca sert pas juste a detourner les gens des vrais problemes ...
a écrit le 09/12/2011 à 14:15 :
JE serais curieux de voir le resultat d un referendum posant la question des regimes speciaux, statut des cheminots, dockers.... et autres nantis.
Auraient ils le meme culot de faire greve a tout bout de champs si la voix du peuple legitimait les reformes que certains veulent mettre en place pour retablir plus d equite?
a écrit le 09/12/2011 à 13:09 :
bon, si ils obtiennent le nivèlement par le haut, chapeau!! et moi, je postule de suite!!
a écrit le 09/12/2011 à 11:22 :
enfin des privilègess (des fonctionnaires SNCF!) vont tomber !
Réponse de le 09/12/2011 à 14:13 :
Encore un qui parle sans savoir. certainement ,de plus,quelqu'un qui n'est pas à plaindre au niveau des privilèges

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