La grève des aéroports gagne du terrain, le gouvernement hausse le ton

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La grève dans les aéroports français devait se poursuivre ce mercredi. Le gouvernement a demandé la fin du mouvement qui perturbe depuis cinq jours certains des aéroports les plus chargés de France. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant s'est dit prêt à recourir aux forces de l'ordre.

Le bras de fer se poursuit entre le gouvernement et les agents de sécurité qui ont reconduit pour mercredi la grève qui perturbe depuis cinq jours certains des aéroports les plus actifs de France au moment des vacances de fin d'année. Le gouvernement s'est déclaré prêt à faire intervenir les forces de l'ordre pour se substituer aux grévistes si le mouvement devait se prolonger à l'approche des fêtes de Noël.

"Le gouvernement ne laissera pas les Français être pris en otage à l'occasion des fêtes de Noël", a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, également en charge des Transports, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

Les premières discussions avec les médiateurs nommés par le gouvernement n'ont rien donné mardi et une nouvelle réunion est prévue mercredi, a déclaré un responsable de Force ouvrière. "En conséquence, le mouvement a été reconduit pour mercredi", a-t-il dit à Reuters.

Le conflit est devenu le prétexte à un affrontement politique droite-gauche, l'opposition socialiste reprochant au gouvernement d'en profiter pour relancer le débat sur la mise en place d'un service minimum dans le secteur aérien.

Une proposition de loi visant à instaurer un service minimum dans le transport aérien comme pour les trains sera examinée par les députés le 24 janvier, a annoncé le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Les représentants des grévistes, qui ont continué mardi à manifester dans plusieurs aéroports, ont dénoncé l'ultimatum lancé par le gouvernement et mis en garde contre une éventuelle intervention des forces de l'ordre.

Bras de fer

Dans les aéroports de Lyon-Saint-Exupéry et au terminal 2 de Paris-Charles-de-Gaulle, où la grève est la plus suivie, la situation était mardi en amélioration sensible grâce à la mobilisation de personnels complémentaires. A Lyon, aucune annulation de vols n'a été enregistrée dans la matinée et les vols sont partis avec 15 à 40 minutes de retard, selon la direction qui pensait assurer la totalité du trafic prévu dans la journée. A Roissy, les principaux retards restaient concentrés au terminal 2 avec un temps d'attente moyen de 15 minutes, voire 60 sur certains postes de contrôle, selon Aéroports de Paris. Mais les vols au départ connaissent des retards moyens de 45 minutes.

La situation s'est également améliorée à l'aéroport de Toulouse-Blagnac où le retard moyen des vols est tombé à 9 minutes, contre 12 la veille, selon la direction.

Les syndicats avaient prévu une extension du mouvement aux aéroports de Nice et de Mulhouse, mais aucune perturbation n'était signalée dans la matinée dans ces deux villes. Les syndicats des sociétés de sûreté des aéroports, qui emploient environ 10.000 personnes, demandent des hausses de salaires et l'amélioration des conditions de travail.

Parallèlement à la nomination lundi soir de deux médiateurs, le gouvernement a musclé ses propos. "Nous voulons que cette grève cesse. Nous voulons que cesse cette prise d'otages des usagers qui partent en vacances", a dit la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, sur LCI.

Elle a confirmé que le gouvernement était favorable à la proposition de loi du député UMP, Eric Diard, visant à imposer aux salariés du secteur du transport aérien de déclarer toute grève au moins deux jours à l'avance.

Nathalie Kosciusko-Morizet avait déclaré lundi qu'elle réévaluerait la situation mardi et qu'elle étudierait "toutes les solutions" en cas d'échec des discussions.

Dans un communiqué, la CGT a répliqué que la profession était déjà soumise à un "préavis de grève au minimum de sept jours". Elle met en garde le gouvernement contre "l'envoi des forces de police contre les grévistes".

La responsable du PS a déploré que le gouvernement ne réagisse que lorsque le conflit bat son plein. "Le service minimum, la droite en parle toujours en plein moment de crise", a déclaré Martine Aubry sur RTL. "Ce n'est pas au moment où les Français vont partir en vacances -et on peut comprendre leur exaspération- qu'il faut s'inquiéter du fait que les salariés de ces entreprises privées de sécurité soient dans la précarité et de mauvaises conditions de travail", a-t-elle ajouté.

Pour le député socialiste Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, "l'absence de dialogue social" est en cause. "Cette grève n'aurait pas dû avoir lieu", a-t-il déclaré sur France Info. "François Hollande, au cours de sa campagne électorale, insistera sur la démocratie sociale."

 

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a écrit le 19/12/2011 à 16:50 :
Les habitudes des monopoles ont la vie dure, publiques comme privé.
Une grève en monopole=un licenciement.
a écrit le 19/12/2011 à 16:43 :
Il faut être 2 pour négocier. Les médias n'en parlent pas (éléments de langage oblige), mais les syndicalistes ont affirmé que jusqu'à présent la direction de la société (privée) concernée a refusé de rencontrer les représentants du personnel pour négocier. Qui prend les voyageursen otage, les employés qui demandent à négocier depuis longtemps, ou la direction, qui refuse de les rencontrer ?
a écrit le 19/12/2011 à 12:16 :
Ces greves ne vont pas arranger les finances de la FRANCE !!!!!!
a écrit le 19/12/2011 à 11:38 :
Assourdissant silence et l'inaction du gouvernement devant cette bien française habitude qu'ont les fonctionnaires de prendre les citoyens en otages.... Alors que les députés (quel courage!) viennent de passer à la broyeuse le rapport sur le financement autres inepties des syndicats et que le pays est à la limite du collapsus économique, cette grève est à pleurer de consternation.
Réponse de le 19/12/2011 à 15:15 :
Sans prendre parti sur le bien-fonde de cette grève, je ne sais pas où vous voyez vous des fonctionnaires en grève. Les agents de sécurité en question sont des salariés de sociétés privées recrutées par APD par marchés publics. La grève existe aussi dans le secteur privé.

Réponse de le 20/12/2011 à 9:08 :
OK, ce ne sont pas des fonctionnaires, mais j'aimerais bien voir les contrats de travail.
Réponse de le 20/12/2011 à 10:43 :
smicards en salaire de base... mais majoration des heures le week end et jours feriés, nuits, ect.. !!!
ca chiffre vite
a écrit le 19/12/2011 à 9:25 :
Roissy est un aeroport a éviter. Mal conçu, liaison ferroviaire indigne, gréves sans cesse etc. Il faut aimer quand on compare avec Bruxelles, Frankfurt ou Zurich. Sans oublier Londres.
Réponse de le 19/12/2011 à 12:18 :
Ns ne le croyons pas Gilles
Réponse de le 20/12/2011 à 9:43 :
Mais non, comme ces salari?au SMIC, je ne peux pas comparer tous ces a?ports, n'ayant pas les moyens de me payer l'avion, moi.Je peux aussi souligner que je connais peu de familles de salari?qui prennent l'avion pour passer les vacances de No??'international... alors vous n'allez pas me faire pleurer sur le triste sort de ces nantis.
Réponse de le 20/12/2011 à 10:43 :
smicards en salaire de base... mais majoration des heures le week end et jours feriés, nuits, ect.. !!!
ca chiffre vite

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