Guerre tarifaire en vue dans les ferries avec le retour des ex-SeaFrance

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Deux anciens navires de SeaFrance, le Rodin et le Berlioz, ont repris la mer lundi matin pour le compte de la compagnie de ferries My Ferry Link / Reuters
Deux anciens navires de SeaFrance, le Rodin et le Berlioz, ont repris la mer lundi matin pour le compte de la compagnie de ferries My Ferry Link / Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Onze mois après l'arrêt de l'activité de SeaFrance le 15 novembre 2011 et huit mois après sa liquidation, des bateaux et des salariés anciennement chez SeaFrance ont repris l'activité sous la bannière My ferry link. Son directeur général déclare à la Tribune viser "l'équilibre en 2014".

Onze mois après l'arrêt de l'activité de SeaFrance le 15 novembre 2011 et huit mois après sa liquidation, des anciens salariés de SeaFrance ont repris du service. Ce lundi matin, le « Berlioz », l'un des trois navires rachetés par Eurotunnel puis loués à la société d'exploitation My ferry link, constituée en Scop (coopérative ouvrière issue des anciens salariés de SeaFrance), a quitté le port de Calais pour Douvres. Le « Rodin », également un ancien de la flotte de SeaFrance, devait entrer dans son sillage. Ces deux bateaux, qui peuvent transporter 1.900 passagers et 120 camions, effectueront chacun quatre allers et retours par jour. Un troisième navire, le « Nord/Pas-de-Calais » doit être mis en service à l'automne. Tous battent pavillon français. Ils appartiennent à Eurotunnel qui, en juin, avait repris les actifs de SeaFrance pour 65 millions d'euros, et qui les loue à My ferry link. Cette dernière compte 395 marins et sédentaires, "majoritairement des ex-SeaFrance". L'objectif de la Scop est, à l'horizon 2013 d'employer "environ 520 salariés en France, ainsi que 70 à 75 en Angleterre".

Les salariés au capital

Une fois leur période d'essais terminé, les salariés sont contractuellement tenus à faire remonter au capital de la Scop une partie de leur rémunération. Les anciens salariés de SeaFrance concernés par le plan de sauvegarde numéro 3 auront une participation supplémentaire de 5.000 euros maximum.

Surcapacités

L'arrivée de My ferry link pose inévitablement la question de la surcapacité sur le trafic transmanche et d'une nouvelle guerre tarifaire qui avait fait tant de mal à SeaFrance. My ferry link vient se frotter au britannique P&O et à Louis Dreyfus Amateurs associé au danois DFDS qui, peu de temps après la liquidation de SeaFrance, avait mis en ligne deux navires pour entre Calais et Douvres. "Le niveau du prix dépend essentiellement pour ne pas dire uniquement du niveau de l'offre et de la demande. A partir du moment où le marché est en surcapacité, les prix baissent, donc l'arrivée d'une capacité supplémentaire aura un impact", affirmait mi-juin Christophe Santoni, le directeur général de LD Lines, filiale de Louis Dreyfus Armateurs (LDA).

110 à 120 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014

Interrogé ce lundi par La Tribune, Jean-Michel Giguet, le directeur général de My ferry link se défend d'être à l'origine d'une situation surcapacitaire. « S'il y a surcapacité, ce n'est pas de notre fait. Le Berlioz et le Rodin n'ont, depuis qu'ils existent, assuré que la ligne Calais-Douvres. S'il y a une surcapacité, elle ne provient pas de ces deux bateaux, mais du fait qu'entretemps, des gens ont voulu prendre la place ». « Rentrer dans une bataille tarifaire ne constitue pas notre angle d'attaque », a-t-il ajouté. My ferry link espère rafler "12 à 14%" de parts de marché pour l'activité fret et "8 à 10%" pour l'activité passagers. " Et Jean-Michel Giguet vise « l'équilibre en 2014 avec un chiffre d'affaires de 110 à 120 millions d'euros ».

Concurrence déloyale?

"Ce qui nous intéresse, c'est comment Eurotunnel, avec l'équipe de l'ex-SeaFrance, compte réussir là où SeaFrance a échoué", indiquait avant l'été Brian Rees, directeur de la communication de P&O. La compagnie britannique avait évoqué vouloir porter plainte auprès de la Commission européenne pour abus de position dominante en cas d'acquisition des navires par Eurotunnel. "Nous devons attendre et voir comment la nouvelle compagnie est mise en place et financée, et savoir si ce qui est proposé représente une concurrence loyale (...). Si nous pensons que c'est déloyal, nous ferons part de nos inquiétudes", avait-il ajouté.

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a écrit le 21/08/2012 à 13:35 :
en France le plus important pour les politiques c'est "différer la casse sociale" c'est d'ailleurs celà qu'avait bien compris le 'sinistre' Louis Petiet (Bernard Krief Consulting) qui a repris des dizaines d'entreprises avec juste de belles promesses d'emploi "il fait beau sur l'emploi" disait-il. Nos politiciens ne savent plus quoi faire, gagner du temps c'est la priorité. Dans cette affaire Sealink on a Eurotunnel téléguidé par le gouvernement et chargé de tout faire pour éviter la casse sociale, tout le monde sait pertinemment comment ça va finir. Mais bon depuis des décennies ce procédé fonctionne, rappelez vous Air-Liberté c'etait pareil. Par contre pour toutes les entreprises de France qui jouent le jeu, sans aides, sans subventions, alors là .. il y a du gros temps, mais ça, tout le monde s'en fou ! hélàs.
Réponse de le 21/08/2012 à 14:06 :
Tout à fait vrai eric75010. J'en tendais ce matin sur Europe1 un salarié tout heureux d'avoir investi ses 5.000 EUROS dans le capital de sa société. J'étais malheureux pour lui car c'est une énorme manipulation sur le dos de pauvres gens qui ne demandent qu'à y croire, bernés par les politiciens et les syndicats.
a écrit le 21/08/2012 à 10:16 :
Si c'est avec les mêmes syndicats (du crime), la nouvelle compagnie prendra l'eau dans pas longtemps...
a écrit le 21/08/2012 à 8:51 :
Où comment on a réussi à se débarasser d'une épine dans le pied en refourgant le bidule aux salariés. Ils font aujourd"hui la fête, ils sont tous patron/actionnaire. Qu'est-ce que çà va changer? Les clients seront-ils plus nombreux et prêts à prendre le ferry en lieu et place du tunnel? L'activité économique et les échanges entre la France et la GB vont-ils se développer et permettre de faire vivre cette entreprise? Maintenant qu'ils sont tous patrons, va-t-on accepter des licenciements si la nécessité de gestion l'impose? Va-t-on accepter des années sans augmentation et/ou rattrapage du oût de la vie? Ou bien est-ce là simplement une grosse anranque afin de se débarraser d'un dossier à la Peugeot/Lejaby/Mittal et faire mourier cette société à petit feu loin des projecteurs avec l'assentiment des employés et des syndicats?
a écrit le 21/08/2012 à 8:31 :
cela durera le temps des subventions ,ensuite les querelles internes pourriront le fruit de l'intérieur et un nouvel appel au peuple sera effectué ,pauvres contribuables qui ne sont pas représentés valablement par un syndicat style CGT ou CFDT
a écrit le 20/08/2012 à 21:15 :
La vrai vie va commencer : les anciens salariés syndiqués vont devoir apprendre le commerce.
Que sont devenues les dettes de l ancienne société liquidée ? Quel montant cela a coûté aux contribuables ?
a écrit le 20/08/2012 à 16:40 :
Une petite grève les copains pour planter le décor.
Réponse de le 20/08/2012 à 18:42 :
c'est vrai en la matiere ils savent faire
a écrit le 20/08/2012 à 16:00 :
Pour le moment impossible de réserver sur Internet. je ne sais pas où les passagers achètent eur billet. Ils doivent sans doute se présenter au bas de la passerelle. On verra si la CFDT continue son cirque auquel cas la comédie ne durera pas longtemps. Au fait qui a payé les créances ?
a écrit le 20/08/2012 à 14:51 :
sont il vacances aussi
Réponse de le 20/08/2012 à 16:14 :
C'est le CFDT mais avec les mêmes pratiques !

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