Tunisair prépare un douloureux plan de survie

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Dos au mur, la compagnie nationale tunisienne prépare un plan de restructuration et une augmentation de capital. La compagnie a perdu 34 millions d'euros en 2012.

Tunisair se prépare à adopter cette année un plan de redressement drastique dont dépend sa survie. Créée en 1948, la compagnie nationale tunisienne est dos au mur : chute de fréquentation en 2011, résultats négatifs, elle affiche un effectif pléthorique, plus de 8.000 employés, pour une flotte de seulement 32 avions. A la fin de l'année, la direction a annoncé la suppression de 1.700 postes en plus de 329 départs à la retraite non remplacés. Le plan sera bientôt en discussion mais l'UGTT, le syndicat majoritaire a fait part de son accord de principe, dans la mesure où aucun licenciement n?est prévu. En 2011, juste après la révolution, la compagnie avait intégré 2.000 contractuels, une décision lourde de conséquences ? «L'application de la loi exigeait leur intégration à l'entreprise, défend Chokri Kamoun, syndicaliste UGTT, ce sont ces contractuels qui travaillaient alors que certains titulaires, ne font rien : j'évalue le personnel non productif à 2.000 personnes environ ! » Des personnes recrutées pour leur proximité avec l'ancien pouvoir ou en échange de services rendus, Tunisair était un employeur accommodant sous Ben Ali.

Le trafic remonte
Le plan de redressement est plus ambitieux qu'une simple compression de personnel, explique Rabah Jerad, PDG de la compagnie, intégration des filiales mal gérées, économies, ouverture et fermeture de ligne et surtout « une augmentation de capital qui permettra de renouveler la flotte qui vieillit. Notre seule condition est que l'état tunisien reste majoritaire : le pays a besoin d'une compagnie nationale. »

Air France détient 5,6% du capital

Pour l'instant rien n'a été décidé pour l'ouverture du capital qui devrait passer de 53 millions d'euros à 90 millions: offre en bourse, alliance avec un partenaire stratégique, intéressement du personnel ? L'état tunisien détient pour l'instant plus de 74% de Tunisair, et selon son PDG, pourrait céder des parts à condition qu?il reste à hauteur de 51%. Air France détient 5,6 % de la compagnie. Reste à convaincre investisseurs ou partenaire de miser sur une compagnie qui détient 38% des parts de marché mais affiche un résultat négatif de 113 millions de Dinars en 2011 (-54 millions d'euros) et 72 millions (- 34 millions euros en 2012). Rabah Jerad se veut pourtant confiant « en fréquentation nous avons atteint cette année le record de 2008 avec plus de 3,8 millions de passagers. » La survie de Tunisair passe aussi par une bataille de l'image, les retards de la compagnie étant un sujet de plaisanterie national et la concurrence est rude : pas moins de 5 compagnies, dont des charters, opèrent sur le sol tunisien. La petite dernière Syphax, créée en 2011, montre un appétit féroce: la semaine dernière, son PDG a signé commande pour dix Airbus.

L'exemple de Royal Air Maroc
Tunisair peut s?inspirer de Royal Air Maroc. La compagnie nationale marocaine a entrepris l'an dernier un plan de redressement sévère, en passant de 5.600 à 3.900 agents et en procédant à l'augmentation de son capital : 1,6 milliards de dirham, apportés par un fonds du royaume. Un succès puisque les résultats de 2012 ont renoué avec le positif : résultat d'exploitation de 560 millions de dirhams (50 millions d'euros) pour les huit premiers mois de 2012 (il était de -600 millions de dirhams (-53 millions d'euros) sur la même période en 2011).
 

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Commentaires
a écrit le 24/01/2013 à 16:03 :
C'est ainsi, il faut en passer par là, mais avec la majorité élue, il y aura des avions "A VOILE"

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