Air France-KLM : "l'échec nous est interdit" (Spinetta)

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Jeudi, lors de l'assemblée générale des actionnaires d'Air France-KLM, le PDG du groupe Jean-Cyril Spinetta (qui quittera ses fonctions en juillet) a déclaré qu'il "faudra probablement réexaminer assez rapidement la situation de nos activités dans le cargo et le réseau moyen-courrier ». Le groupe doit aussi se décider sur le dossier Alitalia au deuxième semestre.

L?automne s?annonce chaud à Air France. Les mesures du plan de restructuration Transform 2015, qui vise à réduire la dette de 2 milliards d?euros d?ici à 2015, s?annoncent insuffisantes pour redresser la pente, alors que le contexte économique est largement plus dégradé qu?à l?époque où fut pensé ce plan (fin 2011). A l?inverse, le prix du baril est aujourd?hui inférieur aux prévisions du budget 2013.
Pressenti depuis plusieurs mois, un nouveau tour de vis sera nécessaire chez Air France-KLM et chez Air France en particulier, toujours en grande difficulté financière. Jean-Cyril Spinetta, le PDG du groupe l?a indiqué jeudi lors de l?assemblée générale des actionnaires. Plus précisément dans le cargo et le secteur court et moyen courrier. « Il nous faudra faire preuve de lucidité pour tirer le bilan, le moment venu, de Transform 2015; considérer ce que nous avons réussi et ce qui doit faire l?objet d?efforts supplémentaires », a-t-il déclaré. Et d?ajouter : « Compte tenu de la conjoncture actuelle et des premiers résultats, il nous faudra probablement réexaminer assez rapidement la situation de nos activités dans le cargo et le réseau moyen-courrier ». Alexandre de Juniac, le PDG d?Air France qui remplacera Jean-Cyril Spinetta à la tête d?Air France-KLM le 1er juillet avait déjà indiqué qu?un bilan de Transform serait fait à l?automne. En même temps que celui des bases de province. Rien de plus n?a été dit mais le débat sur ces sujets est très simple. Faut-il, dans le fret, conserver une flotte d?avions tout cargo ? Et faut-il, dans le moyen-courrier, étendre le périmètre de Transavia, la filiale à bas coûts d?Air France ? Et si oui (ce qui semble évident), sur quel périmètre du moyen-courrier ? A l?ensemble du moyen-courrier, de l?activité de point-à-point, ou au départ des bases de province de Marseille, Toulouse et Nice ? Ce dernier scénario semble le plus réaliste dans un premier temps.

L'exemple américain

Pour Jean-Cyril Spinetta, les difficultés des compagnies traditionnelles sur le moyen-courrier ne sont pas une fatalité. Il en veut pour preuve les performances des Majors américaines qui, après la vague de faillite intervenue dans les années 2000, sont revenues très rentables. « En l?espace de quelques années, c?est sur le réseau domestique qu?elles sont revenues en réduisant l?écart de coûts avec les low-cost, en fusionnant et en réduisant leurs capacités de manière significative lorsque cela a été nécessaire ». Jean-Cyril Spinetta assure que cette situation va se reproduire en Europe, en mettant plus de temps néanmoins. En voyant Ryanair clouer au sol 80 avions chaque hiver, il estime que la compagnie irlandaise et les low-cost en général ont perdu leur atout majeur : la très bonne utilisation des avions. Et de conclure sur le moyen-courrier : « l?échec nous est interdit ».

Trancher sur Alitalia
La deuxième partie de l?année s?annonce d?autant plus chaude que c?est à ce moment là qu?Air France-KLM devra prendre une position sur Alitalia, dont elle détient 25% du capital depuis 2009. Partisan d?un rapprochement avec la compagnie italienne depuis des années, Jean-Cyril Spinetta a indiqué qu?« Air France-KLM doit décider si pour renforcer sa présence en Italie, il a besoin d?Alitalia ou s?il peut le faire avec ses propres moyens ». « C?est comme ça que le problème doit être posé », a-t-il ajouté. Le PDG d?Air France-KLM est aujourd?hui l?un des rares au sein du groupe à soutenir un rapprochement avec la compagnie italienne. Mais au-delà de la bataille européenne, l?enjeu de demain sera de renforcer les positions du groupe sur les marchés en croissance. Jean-Cyril Spinetta a notamment cité le Brésil. « Faudra-t-il que cela passe par une présence au capital des entreprises ? C?est une question. C?est cette capacité à intervenir de manière raisonnable que se joue en partie l?avenir du groupe ». Mais avant de rêver à de nouvelles conquêtes, le groupe doit au préalable redevenir solide financièrement. 

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Commentaires
a écrit le 18/05/2013 à 20:45 :
il est effectivement lassant de lire et re lire des commentaires concernant les privilèges des uns, le comportement des autres...
Je ne suis pas salarié de cette entreprise mais la connais suffisamment pour en avoir une lecture un peu moins simpliste que beaucoup...
Ne pensez vous pas que cette belle est grande entreprise souffre de deux maux principaux?
Le premier, son effectif digne des plus belles administrations du bloc communiste.
En 1998 cette belle entreprise PUBLIQUE n'a pas su opérer sa mutation en passant au statut d'entreprise privée. Les doublons, triplons et autres emplois fictifs n'ont pas disparu avec cette mutation. Des milliers de postes sont à supprimer dans cette belle administration...Le ratio avion/personnel administratif parle de lui même et quand on le compare à celui des autres compagnies...Cette entreprise n'est pas tournée vers son coeur d'activité, le transport de passagers mais vers son administration...
Le second, les choix stratégiques désastreux et hasardeux des dirigeants qui se succèdent, tous les cinq ans en moyenne, en imposant des mesures sans aucune cohérence dans le temps. Pas plus qu'une réponse adaptée à son environnement.. NDLR à la naissance des low coast, les salariés étaient matraqués de la propagande dirigeante qui s'exclamait que ce modèle n'avait aucun avenir et ne chassait pas sur les terres d'AF...Il fallait ensuite réduire les coûts et réduire le service (NEO) avant de l'améliorer sous la nouvelle présidence...Les amendes affligées à AF pour des pratiques illégales. Les responsables, non sanctionnés ou débarqués sont changés de bureaux (trop dur!).
Alors cessez cette attitude trop fréquente en France de dénigrer nos entreprises et envisagez l'avenir de cette grande entreprise après en avoir eu une description plus réaliste. Merci.

a écrit le 18/05/2013 à 8:39 :
toujours autant de critiques sur AF. Je suis étonné d'entendre des critiques qui pour certaines ne sont pas du fait de la compagnie mais des aéroports.
Le top lire le businessman!!!! faire la leçon comme si dans son entreprise tout était au top. Je bosse dans une grande entreprise qui couvre tous les continents et chez nous comme chez AF et autres il y a des "conneries" qui sont faites. Alors un peu de lucidité et moins de mensonges. AF a des pb mais si l'Entreprise doit faire des progrès en matière de gestion et aussi parfois en matière de "réception" du client il est impératif que les français soient au côté d'AF car personne et plus particulièrement la France ne gagnera à voir notre transporteur faire face à des difficultés qui pourraient remettre en cause sa place dans le ciel international. Un effort de lien, de compréhension, de la Compagnie et des passagers sont impératifs pour l'avenir.
a écrit le 17/05/2013 à 19:48 :
Danger le PDG dit simplement il y a échec chez AF ..mais qui va encore casquer.?
J'ai arrêté de voler avec AF depuis 10 ans ..Désole mais les gens y sont tellement agréable que je m'y sens presque gêné de les déranger dans leur travail..Alors je me rabats tristement sur Cathay Pacific ...sniff
a écrit le 17/05/2013 à 15:09 :
Echec interdit, il semblerait que ce ne soit pas la premiere et derniere fois que l'on utilise ce genre de slogan pour Air France...

Et au fait quid du CCE Air France qui est en redressement, j'imagine que Spinetta a fait comme d'habitude un gros cheque pour apaiser les soucis des uns et des autres...
a écrit le 17/05/2013 à 13:09 :
Je ne suis pas prophète mais Air France devrait commencer par reconquérir tous ces/ses passagers passés à la concurrence .... je pense au programme FB désastreux ( acquérir des miles est devenu si cher sur la compagnie, qu'il vaut mieux aller voir ailleurs..., les prix des billets est flou et compliqués car contrairement à toutes les autres compagnies, AF ne propose jamais les 100% des miles sauf à voyager en Premium économie ou "classe Y".. Les seuls billets proposés sont avec 25% voire 50% au mieux de miles .les passagers peuvent se rendre compte des différences en allant voir www.lufthansa.fr, www.aircanada.com, www.united.com etc..... toutes ces compagnies sont bien plus généreuses avec les passagers "fréquents"....
a écrit le 17/05/2013 à 13:00 :
En quoi le fait que Transavia arrive sur le segment du moyen courrier est une évidence? Je n'y crois pas un instant... Alors attention avec les évidences.

Pas ailleurs, je ne pense pas qu'il faille lâcher Alitalia.
Réponse de le 17/05/2013 à 13:12 :
Et ben AS, j'espère que tu n'es pas à la direction d'AF car bonjour les dégâts.
a écrit le 17/05/2013 à 11:41 :
très risqué d'aller sur le dossier Alitalia, très risqué

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