Ferroviaire : "l'Île-de-France est une priorité nationale" (SNCF/RFF)

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Alors que le service se dégrade, un milliard d'euros va être investi pour rénover et développer le réseau en Île-de-France en 2014 et 1,386 en 2015. Pour faire les travaux, des lignes seront fermées.

"La question est : comment on le raconte aux usagers déjà à cran, comment on le gère en termes de régularité et en termes de confiance dans le service". Mi-janvier, lors de ses vœux, à la presse, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, ne cachait pas ses craintes à l'aube d'une phase de travaux sans précédent en Ile-de-France pour moderniser cette infrastructure saturée, complexe et âgée.

"Nos infrastructures ne sont pas à la hauteur de ce qu'elles devraient être. Elles sont vieillissantes et hétérogènes. Pour autant, dans ce cadre, la sécurité est garantie, elle l'est tellement que la ponctualité en souffre", explique Jacques Rapoport, le président de Réseau Ferré de France (RFF).

"Les résultats de qualité de service ne sont pas au niveau des attentes clients et du Stif (l'autorité organisatrice des des transports), renchérit Yves Ramette, le directeur général RFF et SNCF Infra pour l'Île-de-France, pour qui cette région est "une priorité nationale".

Si les investissements ont repris en Île-de-France depuis 2009, ils vont être atteindre des niveaux records au cours des deux prochaines années.

Investissements

"En 2014, un milliard d'euros seront consacrés à l'amélioration de la qualité de service en Île-de-France et 900 recrutements seront réalisés", a indiqué Yves Ramette

  En 2015, ce sera 1,386 milliard. Entre 2015 les investissements seront multipliés par 2,5 par rapport à 2012. Un mélange de renouvellement et de développement. "Le financement est classique. Le renouvellement est à la charge de RFF, la modernisation à l'Etat et à la Région", explique Jacques Rapoport. Objectif : améliorer l'efficacité de 20%, et augmenter de 40% la production à partir de 2015 (par rapport à 2013).

Fermeture de lignes

 Problème, on ne fait d'omelette sans casser des œufs. Et pour remettre les choses en état, il va falloir prendre des décisions lourdes, qui vont pénaliser les usagers, déjà excédés par les retards en cascade. En plus des traditionnels travaux de renouvellement, des interventions "complémentaires qui méritent une opération coup de poing" sont prévues.

Ces opérations ciblées nécessiteront des "interruptions de trafic spécifiques en accord avec le STIF", a précisé Yves Ramette, citant notamment deux semaines d'interruption entre Pontoise et Gisors pour débroussailler. Jean-Paul Huchon, président du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), s'est déclaré prêt à autoriser de coupures totales du trafic de certains trains de banlieue pour accélérer la rénovation des lignes. Les fermetures devraient essentiellement avoir lieu la nuit, le dimanche, pendant l'été. Certaines lignes pourraient toutefois ne pas fonctionner pendant plusieurs semaines.

 Ce plan de travaux estivaux va être communiqué aux élus "dans des délais courts". Il doit s'accompagner d'un plan alternatif de transport des passagers, notamment en bus. Une logistique colossale. L'an dernier la coupure du RER B (dans la partie nord) pendant 4 jours avait nécessité l'utilisation de 300 bus.

RER : 4 millions de passagers par jour dans 10 ans

Le service en Île-de-France est énorme. Il combien à la fois un service francilien et national. Au total, 7.500 trains circulent chaque jour, dont 6.500 Transiliens, lesquels transportent des un nombre de passagers colossal. A lui seul le trafic du RER B est supérieur à l'ensemble du trafic TER national. Le trafic du RER A est trois fois supérieur à celui du TGV. "Au total, les RER transportent 3 millions de passagers par jour aujourd'hui, contre 2 millions en 2000. Dans dix ans, ce sera 4 millions", explique Bénédicte Tilloy, directrice générale SNCF Transilien. Or le nombre de trains n'a pas évolué depuis 12 ans.

Des travaux sur le reste du territoire

Les travaux ne seront pourtant pas cantonnés à l'Ile-de-France. La moitié du réseau, sur laquelle circulent 80% des trains, et qui a "souffert de sous-investissements pendant 30 ans", selon Jacques Rapoport, sera également modernisée. Mille kilomètres de voies seront renouvelées, contre 500 en 2005. Entre 2013 et 2020, 2,5 milliards d'euros y seront consacrés chaque année. Des rails, caténaires, ponts, signalisation, seront changés et modernisés. Des travaux d'accessibilité en gare et suppression de passages à niveaux seront également engagés. "Ce n'est pas normal qu'il y ait des équipements qui datent des années 30", a réagi Jacques Rapoport.

 

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a écrit le 04/02/2014 à 7:22 :
Et pendant ce temps-là, les NKM-Hidalgo déploient des trésors d'ingéniosité pour nier le potentiel ferroviaire futur de la Petite Ceinture, une ligne ferroviaire circulaire qui va se retrouver convertie en gadgets bobo-électoraux pitoyables, alors que le besoin de transports est considérable.
a écrit le 31/01/2014 à 17:07 :
Tiens donc la meme promotion de l'ENA que le président. Et de plus, ils partagent un point commun : aucune capacité à gérer. Les incidents se multiplient sans cesse, générant des retards sur retards avec des "agents" qui ne sont pas informés. Utilise t il ses transports ce "pantouflard de Voltaire promotion"? Et pour quoi faire une priorité nationale de transports locaux? Pourquoi n'a t il rien fait avec son copain Delanoe ? Qu'est ce qu'ils font ces gens avec des responsabilités qu'ils n'assument jamais et critiquant sans cesse leu prédecesseurs quelqu'ils soient ?
a écrit le 31/01/2014 à 17:02 :
C'est le vrai sujet de Paris : les transports. En 7 ans une forte dégradation du service avec augmentation d'incidents se répercutant sur l'usager et une inflation du prix du transport. NKM qui, à priori, n'a pas de responsabilité sur ce sujet devrait d'en emparer pour comprendre pourquoi le cout est inflationniste, sans doute autorisé par la mairie actuelle. Un bel audit en perspective à réaliser objectivement, bien sur.
a écrit le 31/01/2014 à 15:13 :
Pourquoi la SNCF a-t-elle validée la construction de nouvelles lignes TGV-LGV aux coûts exorbitants tels la LGV Le Mans-Rennes estimée à 7,2mds€ au lieu,initialement d 1,3mds€en 2003?Les hauts dirigeants de la SNCFont pondu des communiqués(expansion mai2013,challenges du 21/12/13) dénonçant la non rentabilité de ces décisions politiques.Qui sont les dindons de ces farces à plusieurs milliards d'euros,alors que les comptes publics sont exsangues?Pourvu que les marchés financiers nous prêtent de l'argent à des taux très bas,sinon à nous la sinistrose!
a écrit le 31/01/2014 à 13:14 :
"Pour autant, dans ce cadre, la sécurité est garantie, elle l'est tellement que la ponctualité en souffre".

Les victimes de Bretigny apprécieront.
a écrit le 31/01/2014 à 11:39 :
La région parisienne est devenue la concentration de toutes les décisions de l'Etat le siège de la BPI, le développement des nouvelles technologies, la silver industrie etc etc il n'est pas étonnant que cette concentration pose de réels pb de transport mais également de perte de compétitive car les retards dans les transports le temps de déplacement etc etc a un coût négatif sur le PIB. on voit d'ailleurs l'inutilité" des élus qui ne se posent pas la question d'un autre type de déploiement des nouvelles actions de l'Etat. Plus grave les élus qui nous bassinent à le refus de la fin de la concentration des "emplois" politiques à 2 balles ne sont pas à la hauteur des besoins de leur territoire même mieux ils se foutent de leur territoire du moment qu'ils passent par la case rémunération.
Réponse de le 01/02/2014 à 0:21 :
Je partage votre avis pour la vivre quotidiennement. Outre le coût économique des retards, c'est le stress vécu à long terme pour chacun et des situations qui dégénèrent avec des usagers à cran. Tout concentrer sur Paris alors que nous avons aujourd'hui amplement les moyen de travailler confortablement à distance est un non sens. Alors pourquoi collectivement continuons à faire ce choix...
a écrit le 31/01/2014 à 10:15 :
"Pour autant, dans ce cadre, la sécurité est garantie, elle l'est tellement que la ponctualité en souffre"
Est-ce une blague de mauvais goût ? Non seulement SCNF/RATP ne sont pas capables d'assurer le niveau de service, mais avec l'accident de Bretigny on ne peut pas dire que la sécurité soit garantie !
Incapable de respecter un niveau de service convenable, des services saturées et on demande à l'utilisateur d'être irréprochable : être en règle avec son titre de transport + l'avoir validé, sous peine d'avoir une amende. C'est inconcevable ! Comment peut t on demander à ses usagers d'être irréprochable lorsque nous même sommes incapables d'aligner 2 bus ou 2 trains sans retard ?
a écrit le 31/01/2014 à 10:06 :
Si le sujet ne concernait pas des millions de personnes, on serait tenter de rire. Une priorité nationale ? Le simple fait de moderniser 28 km de lignes ferroviaire pour la tangentielle Nord constitue déjà un problème insurmontable pour le STIF,RFF et la SNCF. Les travaux ont commencé en 2008 et devaient se terminer en 2014. Ensuite on a annoncé 2017 et maintenant la ministre Cuvillier n'est plus capable de donner une date au député de Sartrouville ...
Alors pour s'occuper du RER il faudra 40 ans ....
a écrit le 31/01/2014 à 8:47 :
En tant qu'usager excédé, je préfère largement qu'ils ferment un temps les lignes et voir un réel résultat durable, quitte à se débrouiller autrement pour aller au travail

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