Air France veut qu'ADP s'inspire d'Amsterdam et baisse ses redevances

Pour relancer le trafic vers Paris, Air France va, selon nos informations, demander à ADP une baisse des redevances "de 3 à 4%" pour "les deux à trois prochaines années". A Amsterdam, les redevances vont baisser en 2017 pour la troisième année consécutive.
Fabrice Gliszczynski

4 mn

Si ADP a prévu une hausse « modérée » des redevances en 2017, «en dessous du plafond », les compagnies aériennes, Air France, en particulier, ne veulent pas en entendre parler.
Si ADP a prévu une hausse « modérée » des redevances en 2017, «en dessous du plafond », les compagnies aériennes, Air France, en particulier, ne veulent pas en entendre parler. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)

Le bras de fer entre les compagnies aériennes, au premier chef Air France, et le groupe ADP sur le sujet brûlant des redevances aéroportuaires s'annonce une nouvelle fois extrêmement tendu avec, sur fond de négociations sociales à Air France et d'atonie du trafic pour cause de menace d'attentats en France, la proposition tarifaire d'ADP pour l'année 2017. Celle-ci sera communiquée ce mardi aux compagnies aériennes à l'occasion d'une Commission consultative économique (cocoéco).

Hausse maximum de 1,68%

Après un gel des redevances en 2016, conformément au contrat de régulation économique (CRE) 2016-2020, signé en 2015 entre le gestionnaire des aéroports parisiens et l'Etat, ADP peut à nouveau les augmenter en 2017 dans la limite d'un plafond de 1,68% selon le mode de calcul du CRE. Pour les quatre prochaines années en effet, ADP le CRE autorise ADP à augmenter ses redevances de 1,25% par an, une hausse à laquelle il faut ajouter d'autres éléments comme l'inflation.

Air France veut une baisse sur deux ou trois ans

Si ADP a prévu une hausse "modérée" des redevances en 2017, "en dessous du plafond", les compagnies aériennes, Air France, en particulier, ne veulent pas en entendre parler. Selon nos informations, la compagnie française va demander une baisse des redevances "de 3 à 4% par an au cours des "deux à trois prochaines années", dans le « but d'améliorer la compétitivité de plateforme parisienne » et d'accompagner la baisse des prix nécessaire pour redynamiser un trafic passagers fortement impacté par les attentats en France. "Au cours des deux dernières années, les prix des billets ont baissé de 8% et les redevances augmentent", explique un connaisseur du dossier.

Interrogée, Air France ne fait pas de commentaire.

Baisse de 25% à Amsterdam en trois ans

Pour justifier sa demande, Air France met en avant l'exemple de l'aéroport d'Amsterdam Schiphol qui va baisser ses redevances en 2017 pour la troisième fois consécutive. Après une baisse de 7,7% en 2015, 10,66% en 2016, l'aéroport néerlandais diminuera ses redevances de 8,7% en 2017.

"Si ADP suit le plafond, les redevances auront en 2017 augmenté de 4% à Roissy quand elles auront dans le même temps baissé d'environ 25% à Amsterdam », fait valoir un observateur. Et d'ajouter : «Si on baissait de près de 25% les redevances à Roissy, Air France économiserait 150 millions d'euros".

Chez ADP, on ne fait pas de commentaire, même si l'on rappelle agir en conformité avec le contrat de régulation économique, qui "modère les redevances" et dont "l'enveloppe d'investissements prévue permet aux compagnies aériennes de générer des économies."

"Dans le CRE nous avons modifié notre structure tarifaire pour que la correspondance à Paris coûte moins cher. La correspondance Europe-Europe passe de 39 à 28 euros, celle entre un vol européen et un vol international de 51 à 38 euros et entre deux vols internationaux de 62 à 46 euros. Nous sommes deux fois moins chers que Londres, 20% moins cher que Francfort mais plus cher qu'Amsterdam", a déclaré la semaine dernière le PDG d'ADP, lors de la présentation d'une nouvelle zone d'accueil à Roissy pour les passagers en correspondance longue.

Et d'ajouter :

"attirer de nouveaux passagers suppose qu'on ait les tarifs les plus bas. Même si les redevances aéroportuaires à Paris ne représentent que 2% du compte de résultat d'Air France, cela représente néanmoins une charge. Nous savons que nous devons être compétitifs car nous ne sommes pas au cœur d'une rente mais en concurrence avec d'autres aéroports. En 2016 sous le double effet des attentats en France et du dynamisme d'Amsterdam, la croissance de trafic à CDG sera quasiment stable par rapport à 2015 quand elle sera de plus de 10% à Amsterdam".

Plusieurs facteurs de dynamisme à Amsterdam

Selon un expert des questions aéroportuaires proche d'ADP, ce dynamisme s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord par la baisse des redevances que permet un contrat de régulation plus clément à Schiphol, du fait d'une une exigence de WACC (coût moyen pondéré du capital de 2,5% quand il dépasse les 5% pour ADP.

« Il s'agit d'un WACC de complaisance qui est à la limite de l'aide d'Etat », estime-t-il.

Ce dynamisme s'explique aussi, selon lui, par la saturation de Londres-Heathrow qui pousse des compagnies à se poser à Schiphol, d'autant plus que l'aéroport d'Amsterdam est proche de la congestion, lui aussi. "Des compagnies prennent des positions aujourd'hui car d'ici un à deux ans, Schiphol sera congestionné », fait-il valoir.

La croissance plus dynamique de KLM par rapport à Air France est également mis en avant.

Fabrice Gliszczynski

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Commentaires 4
à écrit le 23/11/2016 à 15:41
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Plutôt que de devenir une low cost, Air France devrait investir dans des trains pendulaires entre Paris et Châteauroux, devenir actionnaire de cet aéroport en prenant exemple sur Singapour pour le développement de ce dernier. Renforcer l'offre touris...

à écrit le 23/11/2016 à 9:57
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ADP est une poubelle. A eviter, sans parler de tout le reste.

à écrit le 22/11/2016 à 14:28
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A Paris ce n'est pas que les prix qui comptent. Les aéroports d'ADP sont fort désagréables, pas d'espace pour s'asseoir confortablement, ni de restauration fun comme à l'aéroport d'Amsterdam qui est un vrai village. A Paris le staff est plutôt désagr...

à écrit le 22/11/2016 à 9:05
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Pour sauver AIRFRANCE il suffit d'appliquer la note n°6 du conseil d'analyse économique. Attendons le prochain Président de la République, à condition qu'il propose cette mesure dans son catalogue.

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