Air France : si le plan B est évité en 2017, les suppressions de postes aussi ?

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(Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Si les 1.000 suppressions de postes prévues en 2016 semblent irréversibles, les 1.900 suppressions de postes supplémentaires prévues en 2017 seront-elles remises en cause en cas d'accords avec les syndicats ? Si elle assure que les licenciements seront évités, la direction ne remet pas en cause le principe de suppressions de postes. Explications.

Plan A, plan B, plan B (phase 1, en 2016), plan B (phase 2, en 2017), mais si la direction et syndicats négocient le plan A d'ici au début de l'année 2016, le plan B aujourd'hui enclenché sera annulé, mais seulement la partie 2 en 2017, mais si les négociations échouent, le plan B tout entier sera appliqué..., la communication d'Air France est pour le moins complexe pour le grand public et les hommes politiques. De fait, celle sur les suppressions de postes l'est tout autant.

1.000 suppressions de postes en 2016

Ce jeudi, le Pdg d'Air France, Frédéric Gagey a annoncé au comité central d'entreprise la suppression de « moins de 1.000 postes » en 2016, confirmant les propos d'Alexandre de Juniac ce dimanche. Ces suppressions de postes, sous forme de mesures de départs volontaires, correspondent à la première phase du fameux plan B annoncé le 1er octobre au lendemain de l'échec des négociations des mesures de productivité dans le cadre du plan Perfom (plan A). La seconde phase est prévue en 2017. Elle sera mise en place si les négociations avec les syndicats (qui doivent reprendre prochainement) se soldent à nouveau par un échec d'ici au début de l'année 2016.

Les 1.000 postes supprimés représentent un tiers des 2.900 suppressions de postes annoncées pour l'ensemble du plan B. Elles coïncident peu ou prou avec le niveau de baisse des capacités prévues en 2016 (-3%, sur les 10% prévus pour l'ensemble du plan B), lesquelles sont irréversibles car la commercialisation des vols pour l'année prochaine a débuté.

Les suppressions de postes correspondent à la baisse de capacités

Reste une question dont la réponse manque de cohérence. Que se passerait-il si le plan B prévu pour 2017 (soit la deuxième partie de ce plan) était évité du fait de la signature d'accords entre la direction et les syndicats ?

Avec un tel scénario, la baisse de capacités supplémentaire de 7% planifiée en 2017 serait de facto annulée au profit « d'une reprise de la croissance » comme l'a indiqué la direction. Mais les 1.900 suppressions de postes prévues pour la seconde phase du plan B le seraient-elles également ? En théorie elles devraient l'être. Le 5 octobre, lors de la conférence de presse qui a suivi l'agression de deux membres de la direction d'Air France, Frédéric Gagey, le Pdg d'Air France, n'a-t-il pas expliqué en effet que les suppressions de postes entre la phase 1 et 2 du plan B correspondaient au sureffectif estimé de la baisse des capacités ? Donc s'il n'y a plus de baisse d'offre, il ne devrait pas y avoir les baisses d'effectifs qui y sont attachées. "Cela semblerait logique", fait valoir un syndicaliste.

Pas de plan B, pas de licenciements secs

Or, dans son discours, la direction n'a jamais remis en cause les suppressions de postes même en cas de plan B évité en 2017. La seule précision apportée (elle est de taille) est de garantir qu'il n'y aurait pas de licenciements secs pour les catégories de personnels dont les syndicats qui les représentent signeront des accords de productivité. D'ailleurs, François Hollande ne dit pas autre chose quand il déclare : "on peut éviter des licenciements à Air France".

La direction est mal à l'aise avec cette question. Elle sait pertinemment que si elle évite le plan B et la diminution de 7% des capacités long-courriers, les sureffectifs actuels vont non seulement perdurer, mais surtout s'amplifier. Car si on devait arriver à une suppression du plan B en 2017, c'est que des accords de productivité auront été signés. Or, la productivité générée par ces accords aura pour conséquence d'augmenter les sureffectifs. Et des départs théoriques.

Quant à promettre d'éviter les licenciements secs au profit des départs volontaires est une chose. Mais que ce se passera-t-il s'il n'y a pas assez de candidats aux départs ?

Par ailleurs, cette absence de licenciements en cas d'accords excluait « les secteurs où l'écart de coûts par rapport au marché est tel qu'il ne pourrait être comblé par la voie de la négociation »(ndlr, certaines escales du sud de la France). Qu'en est-il aujourd'hui? En tout cas, la nuance a complètement disparu dans la bouche de la direction.

Enfin, évoquer un schéma de reprise de la croissance dès 2017 (sans en préciser l'ampleur) en cas d'accords avec les syndicats d'ici à début janvier, laisse perplexe beaucoup d'observateurs. Pour l'heure, selon nos informations, les scénarios de budget en 2017 sur lesquels travaille la direction, ne tiennent pas compte de l'arrivée de B787.

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Commentaires
a écrit le 24/10/2015 à 16:34 :
franchement d'après les économistes de renom ce n'est pas le planB qui va mettre AF dans le bon chemin de croissance. C'est le plan C avec 3000 suppressions des emplois et ceux qui suivront plan D plan F... pour dégraisser le mamouth et on verra de la lumière au bout du tunnel
a écrit le 23/10/2015 à 15:27 :
C'est bien pour ca que les salaries sont en colere, n'ont plus confiance dans une direction qui passe sont temps a mentir et en ont marre des pris pour des c... .
Réponse de le 24/10/2015 à 17:37 :
enfin ces salariés ne sont qu'à partir travailler chez les concurrents d' AF par ex Easyjet Emirates Germaunwing etc... Ils les attendent à bras ouvert Ils faut etre mobile et de ne pas s'accrocher à la SNAF. Il n'y a pas que cette société pour leur salut! Changez l'air et la boite messieurs les croutons gneugneu
a écrit le 23/10/2015 à 14:35 :
L’Etat actionnaire est-il efficace alors que la société aurait fait cadeau de 10 milliards à certaines entreprises. Pour la question de la croissance et donc des emplois, on trouve selon les données Banque Mondiale que sur la période 2000-2014, pour la croissance et l’inflation, les USA feraient 1,95 et 2,04 l’Allemagne 1,21 et 1,11 l’Angleterre 1,87 et 2,37 la France 1,3 et 1,53, alors vive le fumoir inflationniste ! Le niveau de vie des américains stagnerait depuis 1990 à 53000 $, on n’est pas dans les défiscalisations alimentées par la BCE via la bourse. Ne fait-on pas dans la mutualisation des pertes ? Dans les années de croissance par exemple 2000 et 2008, la France fait du déficit contrairement aux autres pays, n’avons-nous pas un problème de conception du développement économique avec le déficit et le chômage permanent, les impôts et la bureaucratie ? Les dépenses augmentent au détriment de la croissance à l’export, de l’industrie ou de l’agriculture. N’avons-nous pas un Etat Moloch à réformer ? On fait dans le tripatouillage monétaire, les dévaluations funestes qui détruisent le pouvoir d’achat comme autrefois on dévaluait chez les radsoc. Les autres pays ne concilient-ils pas le long terme et la stabilité monétaires avec des relances ponctuelles de type keynes, grands travaux. On parle d’une politique d’offre, où sont les baisses d’impôts ? Nous avons signé un traité Maastricht à 60% dette, on pourrait imaginer un remboursement par le baby-boom, 6 millions de pré-retraites, la fin des logements chers avec libération du foncier, pour le déficits des excédents alors que la croissance est relancée. Si la monnaie n’est pas un instrument régalien le déficit ne produit-il pas de l’inflation, la BCE a-t-elle mandat pour financer les Etats ? Les salaires baissent, par exemple les jeunes instituteurs passent de 2X au salaire X, on fait dans la promotion vers le bas et les emplois sous qualifiés d’infrastructures avec un Etat anti technologies ? Pour les retraites, ne devrait-on mettre en place des financements alors qu’elles sont annoncées en baisse ? Alors que le PIB par habitant est annoncé en baisse depuis 2007, sommes-nous dans un régime vampire alors qu’on parle banksters, on pourrait fonxsters ou bien boomsters. Ne sommes-nous pas en société de rentiers avec des défiscalisations et des corporations à statut ? Alors qu’on fait des recapitalisations et des subventions qui sont des échecs, on pourrait demander un remboursement alors que nous sommes en record de faillites d’entreprises ? On publie qu’il existerait une guerre des monnaies, sommes-nous dans la guerre de sécession avec des présidents disparus par des lobbies, on baisserait la monnaie en excédents européens, n’est-ce pas absurde ? Ne devrait-on se méfier des apocalypses par la dette qui produisent des impôts qui seraient jugés excessifs ou des baisses de pib alors qu’on n’aurait pas de politique d’excédents budgétaires?
a écrit le 23/10/2015 à 14:12 :
Franchement , je sais pas comment ils gèrent ... J'ai bien moins de salariés mais si je gérais comme ça , il y a belle lurette que je serais au tribunal de commerce pour liquidation ou autre ... Plan A , Plan B phase 1 etc... Mais dans quel monde ils vivent ? Faut avancer , casse ou pas faut arrêter de chipoter !
Réponse de le 24/10/2015 à 7:11 :
Peut-être n'avez vous pas de syndicats bornés dans votre boîte...
a écrit le 23/10/2015 à 13:27 :
Des lignes ont été fermées car non-rentables au taux horaire actuel... mais avec une amélioration de la productivité, peut-être qu'une réouverture de certaines de ces lignes serait possible ...??
En attendant, AirFrance pourra toujours occuper ce temps de travail disponible en accélérant le développement de Transavia, et en affectant une partie de son personnel excédentaire vers Transavia le temps que de nouvelles lignes AF puissent être mises en place ...
Des lignes directs province-Antilles et province-Réunion seraient en tout cas les bienvenues... Peut-être même que des parisiens du nord de Paris préfèreraient faire un CDG-LYS-RUN plutôt que traverser paris pour décoller de Orly, ou inversement...
Réponse de le 24/10/2015 à 16:43 :
pourquoi il y a tant de personnes de habitant en province qui veulent absolument d'aller en Antilles ou à la Réunion ils ne sont pas bien en France? Ou ils ne pouvaient pas prendre un vol d'Emirates poue Dubai et lesa Antilles ou la Réunion. C'est beaucoup moins cher mais vraiment moins cher Il n'y a pas que la SNAF nom de dieu
a écrit le 23/10/2015 à 13:07 :
TOUS les licenciements envisagés auront lieu. Le reste n'est que manipulation pour obtenir préalablement des modifications des conditions de travail et de salaire.
On parie ?
a écrit le 23/10/2015 à 12:50 :
Perso, (et ce, depuis des années), je persiste à dire que les PNT (quid des PNC ?) sont les plus payés de toutes les compagnies européennes, pour faire partie de ceux qui travaillent le moins !
Ceci explique aussi le nombre de lignes non rentables ...
Sans évolution sur ces deux points, la direction n'avait pas d'autre choix que de supprimer des postes et des lignes, pour ne conserver que les lignes qui peuvent supporter une aussi faible productivité.
Dès lors que la productivité est amélioré grace à un effort salarial et/ou temps de travail. Les lignes non-rentables jusqu'alors, mais qui le deviennent grace à cette baisse des coûts, ces lignes doivent bien évidemment perdurer, ce qui permet alors d'utiliser la main-d'oeuvre existante (mais sans le temps de travail ajouté...) !
Que les syndicats négocient au contraire un plan de développement pour utiliser le temps de travail supplémentaire "offert" à la compagnie : je les soutiendrai (moralement, car je n'ai aucune influence dans la compagnie !) à fond dans cet esprit !
de
a écrit le 23/10/2015 à 11:29 :
Tout d'abord les 1000 salariés qui vont partir peuvent remercier le Snpl qui n'a pas signé. La suite des negos pour l'ensemble des personnels AF va dépendre de l'issue des negos entre la direction et le snpl. Ce dernier change de tactique après ses échecs consécutifs... Communication minimale, peu de présence à la manif d'hier...on se fait oublier, on attends la sortie des bons résultats du trimestre , on fait de grands appels d u pieds à l'état, on espere que les politiques vont s'en mêler, on rêverait qu'enfin les dirigeants soient remerciės bref on gagne du temps....encore une fois l'avenir de cette compagnie va dépendre de négociations entre le snpl et la direction...
a écrit le 23/10/2015 à 11:12 :
Visiblement la direction ne sait pas comment faire pour annoncer que de toutes les manières,le plan d'attrition ne pourra être évité sinon c'est la mort de la compagnie du moins dans son modèle actuel.
a écrit le 23/10/2015 à 10:50 :
C'est peu dire que la communication d'Air France est complexe. Elle est même illisible. On peut imaginer qu'elle reflète une réalité sociale difficile. On espère qu'elle n'est pas le signe d'une stratégie d'entreprise brouillonne. En tout cas, elle manque clairement d'efficacité, tant en interne qu'à l'externe.
Réponse de le 23/10/2015 à 11:21 :
voilà un constat pour le moins honnête .
Pourquoi ne se pose t on jamais la question de l 'intelligence de la direction ? Ne va t on pas avoir à la fin le même résultat qu'avec AREVA . Autre question : l'irresponsabilité ou l'incohérence de l'actionnaire étatique .

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