Autocars : Deutsche Bahn jette l'éponge en Allemagne

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L'entreprise publique va arrêter fin 2016 d'opérer ses liaisons en bus sous la marque BLB (Berlin Linien Bus). Seules 3 liaisons sur 40 seront reprises par IC-Bus, autre filiale de Deutsche Bahn spécialisée dans le transport à l'étranger.
L'entreprise publique va arrêter "fin 2016" d'opérer ses liaisons en bus sous la marque BLB (Berlin Linien Bus). Seules 3 liaisons sur 40 seront reprises par IC-Bus, autre filiale de Deutsche Bahn spécialisée dans le transport à l'étranger. (Crédits : © Michaela Rehle / Reuters)
Nettement déficitaire, la filiale du groupe ferroviaire allemand Berlin Linien Bus n'arrive pas à tenir tête à Flixbus, poids lourd du secteur qui détiendra 90% du marché après la disparition de ce concurrent.

La décision va forcément faire cogiter la SNCF. Son alter ego allemand, la Deutsche Bahn, a annoncé ce vendredi la suppression de BLB (Berlin Linien Bus), sa filiale de bus longue distance en outre-Rhin, chroniquement déficitaire. Fin 2016, BLB cessera son activité. Seules 3 liaisons sur 40 seront reprises par IC-Bus, autre filiale de Deutsche Bahn spécialisée dans le transport à l'étranger.

90% du marché allemand entre les mains de Flixbus

BLB a échoué à tenir tête à Flixbus, poids lourd du secteur qui détiendra 90% du marché après la disparition de ce concurrent, selon le journal économique allemand Handelsblatt.

Pour rappel, Flixbus s'est lancé en 2013 à la faveur de la libéralisation du transport en autocars en Allemagne et s'est rapidement hissé au rang de numéro un du marché, avec le rachat de MeinFernBus début 2015 et les acquisition annoncées à l'été de Postbus, propriété de Deutsche Post, et de certains activités du britannique Megabus.com.

Interrogé, un porte-parole du ministère allemand des Transports a rejeté vendredi le risque de formation d'un monopole, arguant qu'il fallait regarder l'ensemble de l'offre dans les transports et pas seulement celle dans les bus longue distance.

D'après les experts, les bus longue distance devraient transporter en Allemagne 26 millions de passagers en 2016. Depuis la libéralisation du secteur, ce mode de transport a le vent en poupe, surtout auprès des plus jeunes et des plus âgés - les prix sont plus bas mais il faut avoir le temps de voyager, notait récemment l'Obsoco.

Un chiffre d'affaires en hausse, mais combien de pertes ?

L'aventure de la "DB" dans les bus est-elle prémonitoire pour la SNCF qui s'est lancée, avec sa filiale Ouibus dans la bataille" de l'autocar, libéralisé depuis l'an dernier. Trop tôt pour le dire évidemment? Mais l'échec de la DB sera étudiée par les équipes de Guillaume Pepy.

Pour l'heure, le marché français poursuit sa progression. D'après le dernier bilan de l'Arafer, les six opérateurs (Ouibus 28% des lignes commercialisées, Eurolines/Isilines 35%, FlixBus 23%, Starshipper 8%, Megabus 6% et Migratour moins de 1%) ont réalisé un chiffre d'affaires global de 19 millions d'euros HT au 2e trimestre. Une progression de 56% par rapport au premier trimestre, qui s'expliquerait à la fois par l'augmentation de la fréquentation et par la hausse de la recette moyenne par voyageur : 12,6 euros HT pour un trajet moyen de 342 km (contre 11,3 euros HT pour 346 km au 1er trimestre). La recette moyenne par passager aux 100 km progresse donc de 40 centimes d'euros.

Reste que si le chiffre d'affaires augmente, quid des pertes ? Cela reste la grande inconnue.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2016 à 17:26 :
Les situations ne sont pas comparables la DB est un très grand transporteur routier commme la DPost alors que SNCF s'occupe principalement du rail. Il est probable qu'un accord -secret- tactique ait eu lieu à ce sujet, précipitant le regroupement des autres acteurs de ce segment puis leur abandon progressif qui ne manquera pas de se poursuivre. C'est, en effet, qu'un bus vide de passager peut cacher une soute pleine de colis, y compris ceux de courriers volumineux, ce qui donnerait un méchant coup à ces structures anciennes. On laisse donc les autocars écrouler les activités dans d'autres pays -comme en Italie ou la poste est transporteur à 95%- avant éventuellement de les reprendre, selon circonstances, en s'installant ainsi d'un coup sur des territoires étrangers. Le glissement d'une clientèle acquise de la route vers le rail pourra ainsi se faire si la société routière se met à affréter des trains, cela se doit d'être rappelé. La SNCF défend donc son activité et sera certainement agressive à l'avenir sur d'autres territoires étrangers dans son domaine. Cette pression générale laisse peut de manoeuvre à d'autres pays : on retrouve le même schéma d'une France et d'une Allemagne dominatrices... qui ne fait qu'agacer.
a écrit le 16/09/2016 à 16:19 :
Flixbus, cette compagnie voyou qui refuse de s'installer dans les gares routières existantes pour ne pas payer de redevance, et qui fait transiter ses passagers sur de vulgaires trottoirs...

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