Avec Ouibus, la SNCF va submerger la France d'autocars

Pour répondre à l'arrivée massive de la concurrence des autocaristes sur le marché français, la SNCF lance ce vendredi une offre autocar d'envergure : 130 lignes vers 46 destinations.
Fabrice Gliszczynski

3 mn

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La SNCF entre à son tour dans la bataille de l'autocar. Moins d'un mois après la libéralisation de ce marché en France avec la promulgation de la loi Macron le 7 août, la société ferroviaire frappe fort en musclant sa filiale autocariste IDBus rebaptisée Ouibus tout en proposant des tarifs très agressifs. Sa taille est appelée à doubler avec un réseau de 130 liaisons (dont 7 de nuit) vers 46 destinations dont 35 en France et les prix d'appel sont fixés à 5 euros l'aller simple.

« Notre objectif est de monter jusqu'à 8 millions de voyages proposés en 2018 », a expliqué Rachel Picard, directrice générale de SNCF Voyages.

Trois cents emplois directs seront créés pour assurer ce développement.

Confort dans les bus

Les premiers Ouibus prendront la route ce vendredi matin. Ils seront équipés de wifi et de prises électriques. Le réseau couvrira l'ensemble du territoire au départ de trois bases opérationnelles (Vitry/Seine, Lille, Lyon). L'Île-de-France sera desservie par quatre arrêts (Paris-Bercy, La Défense et les aéroports de Roissy et d'Orly). Le tout avec des fréquences importantes.

«Ouibus veut faire de la densité sa vraie marque de fabrique. On va aller chercher ce marché », précise Rachel Picard.

Les fréquences seront en effet importantes sur « les axes favoris du covoiturage » comme Paris-Nantes (9 aller-retours par jour) ou Paris-Lille (16 AR par jour), Paris-Lyon (14 AR par' jour) Paris-Rennes (7 AR par jour). Pour exploiter un tel réseau, la SNCF utilisera 80 bus qu'elle vient d'acheter et utilisera ceux d'autocaristes partenaires.

100 à 200 millions d'euros de pertes de recettes

Avec Ouibus, la SNCF va essayer de récupérer une partie des recettes qu'elle prévoit de perdre sur ses TGV et Intercités à cause de la concurrence des autocars (entre 100 et 200 millions d'euros par an).

La libéralisation du marché des autocars attire un grand nombre d'opérateurs et génère une guerre tarifaire sans merci avec des prix de transport imbattables entre 5 et 10 euros. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron table sur 200 lignes intérieures ouvertes d'ici fin 2016. Les bus rouges d'isilines, créée par Transdev pour le marché hexagonal - sa filiale Eurolines circule en Europe -sont les premiers à s'être lancés dès juillet avant la promulgation de la loi Macron. La société vise 5 millions de passagers annuels à l'horizon 2017.

Le leader allemand Flixbus ambitionne quant à lui de se propulser à la première place sur le marché français.

"Cela va se jouer sur la capacité à mettre beaucoup de bus sur les routes rapidement pour capter la demande", juge son patron Pierre Gourdain.

L'anglais Megabus est dans les startings blocks.

Développement de Ouigo

En parallèle de son offensive dans les autocars en France, la SNCF étend son offre de TGV low-cost Ouigo.

Ces derniers qui circulent actuellement entre la gare TGV de Marne-la-Vallée, à l'est de Paris, et des villes de l'axe rhodanien, "s'étendra au premier trimestre 2016 au nord et à l'ouest de l'Hexagone pour offrir plus de 6 millions de voyages à partir de 10 euros, près de 50 liaisons soit 3 fois plus qu'aujourd'hui", souligne l'entreprise.

Huit nouvelles gares seront desservies: Tourcoing, TGV Haute Picardie, Nantes, Rennes, Le Mans, Angers, Roissy Charles de Gaulle TGV et Massy TGV.

Fabrice Gliszczynski

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