L'UE réfléchit à un "Buy European Act" pour le ferroviaire

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Christophe Sirugue.
Christophe Sirugue. (Crédits : Reuters)
Face à la concurrence ferroviaire chinoise, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christophe Sirugue juge qu'il faut "réfléchir" à des "mécanismes qui obligeraient" une entreprise "à produire sur le sol européen" si elle veut pénétrer ce marché.

M. Sirugue et le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies réunissent lundi le comité stratégique de la filière ferroviaire.

"Il n'y a pas de fatalité, notre industrie ferroviaire a de vraies perspectives si elle sait s'adapter aux enjeux", souligne M. Sirugue dans une interview à paraître lundi dans le quotidien Les Echos. "Nous sommes confrontés à une concurrence chinoise très pressante. Le groupe CRRC (le géant du rail chinois China Railway Construction Corp.) pèse plus à lui seul que Siemens, Alstom et Bombardier réunis, et il vient de faire l'acquisition de la partie ferroviaire du tchèque Skoda", souligne-t-il.

La filière tchèque, le "cheval de Troie" chinois

Face à cela, "de la même manière que l'on a réfléchi sur les actions à entreprendre contre la concurrence déloyale de l'acier chinois, nous devons nous poser la question, à l'échelle européenne, des outils qui pourraient préserver les capacités de production de nos entreprises ferroviaires", avance Christophe Sirugue.

Selon lui, "nous ne pouvons pas ignorer ce risque", et voir l'industriel chinois se servir de sa nouvelle filiale tchèque comme cheval de Troie pour pénétrer le marché européen.

"Je ne suis pas un adepte du protectionnisme, mais je ne suis pas non plus un adepte de la naïveté. Lors du Salon mondial du secteur, InnoTrans, en septembre, j'ai pu constater que les Allemands partageaient les mêmes interrogations", poursuit le secrétaire d'Etat.

Un "Buy European Act" pour éviter un "Alstom Reichshoffen bis"

"Des mécanismes à l'échelle européenne qui obligeraient, quelle que soit la nationalité de l'entreprise, à fabriquer sur le sol européen pourraient être une forme de réponse intéressante, de la même manière qu'il existe un "Buy American Act" aux Etats-Unis ou des obligations de produire localement en Inde", indique-t-il.

M. Sirugue estime que "si nous n'ouvrons pas ce débat, nous serons vulnérables".

En septembre, le constructeur Alstom, invoquant un calendrier de commandes insuffisant dans l'Hexagone, avait annoncé l'arrêt prochain de la production de trains dans son usine historique de fabrication du TGV et le transfert de l'activité vers le site alsacien de Reichshoffen.

Critiqué pour ne pas avoir assez agi contre la désindustrialisation du pays, le gouvernement avait dès lors engagé des discussions tous azimuts pour empêcher la fermeture du site. Début octobre, il avait annoncé plusieurs centaines de millions d'euros de commandes de trains et locomotives pour Alstom.

(Avec l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/12/2016 à 10:36 :
Alors est ce que nos élites européennes sortiraient de leur longue léthargie dans une guerre économique, le réveil est un peu tardif et tragique pour les européens.
a écrit le 05/12/2016 à 9:48 :
La Chine étant une dictature est parfaitement adaptée au néolibéralisme économique dogmatique par nature, il est évident que le libre échangisme se retourne contre leurs profiteurs, les milliardaires occidentaux ont peur de se faire écraser par les milliardaires chinois en permanente augmentation.

Non seulement notre oligarchie est pas foutue de respecter ses propres règles mais en plus ces dernières se retournent contre elle.

Bravo les benêts.

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