Menace d'une grève nationale des pilotes de ligne du SNPL à Noël

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Ce bras de fer sur les accords d'entreprise se double chez HOP d'un problème de gestion des pilotes qui veulent être embauchés chez Air France en raison d'un accord signé dans le passé qui autorisait de telles passerelles en cas d'embauches chez Air France.
Ce bras de fer sur les accords d'entreprise se double chez HOP d'un problème de gestion des pilotes qui veulent être embauchés chez Air France en raison d'un accord signé dans le passé qui autorisait de telles passerelles en cas d'embauches chez Air France. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Le conseil national du SNPL a voté à l'unanimité le principe d'une grève pour dénoncer la manière dont la direction de HOP, la filiale régionale d'Air France, impose avec l'aval des autorités, les conditions de travail et de rémunération des pilotes. Une grève nationale, "extrêmement probable" selon le président du SNPL, est à l'étude

Y-aura-t-il une grève générale des pilotes de ligne français à Noël ? Voilà un scénario qui n'a pas encore dû remonter à Emmanuel Macron. Si le calendrier n'est pas encore fixé, le principe d'un préavis de grève capable de se déclencher à tout moment est quant à lui acté par le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) pour remettre en cause une manière d'imposer unilatéralement aux pilotes de HOP, la filiale régionale d'Air France, des conditions de travail qui ne souhaitent pas. Un procédé qui pourrait créer un précédent et être dupliqué dans les autres compagnies aériennes françaises, selon les pilotes.

Les vacances de fin d'année, une fenêtre de tir idéale pour le SNPL

Selon nos informations, une motion en ce sens a été récemment votée à l'unanimité lors du dernier conseil du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) qui réunissait tous les représentants des compagnies présentes en France dans lesquelles le syndicat dispose d'une section. C'est-à-dire Air France, HOP Air France, Transavia, Corsair, XL Airways, Aigle Azur, Air Caraïbes, Easyjet...

Le fusil est donc armé. Et risque bien de faire feu.

«Une grève est extrêmement probable. Il y a un risque de contournement du dialogue social par la direction générale de l'aviation civile (DGAC) qui est illégal selon nous », a déclaré à La Tribune Christophe Tharot, le président du SNPL, lequel n'a pas souhaité donner d'indication sur le calendrier d'un éventuel mouvement.

Pour autant, selon un pilote, un préavis très dur pendant la période des fêtes tient la corde au sein du SNPL national. Il est clair en effet que la proximité des vacances de fin d'année constitue une fenêtre de tir idéale pour les pilotes pour lancer un bras de fer.

L'origine du feu se situe chez HOP

L'histoire est un peu complexe. Elle découle de la fusion des trois compagnies régionales d'Air France, Britair, Regional et Airlinair décidée en 2016 pour créer la compagnie HOP. Comme pour les dénonciations d'accords d'entreprise, cette fusion imposait à la direction de renégocier avec les syndicats dans les 15 mois une nouvelle convention commune aux trois entités désormais regroupées pour définir les conditions de travail et d'utilisation des salariés. Avec la possibilité pour la direction d'imposer ses règles en cas d'absence d'accord au bout de 15 mois. C'est ce qui est arrivé.

Si la direction a trouvé un terrain d'entente avec les personnels au sol et les hôtesses et stewards, elle a, en revanche, échoué à signer un accord avec les pilotes. Le point de blocage se situe notamment au niveau des règles concernant l'organisation du travail entre les jours travaillés des pilotes et les jours non travaillés (système « ON-OFF »). S'ajoute également un désaccord sur les « repos réduits » ou « nuits courtes », où les pilotes ont par dérogation moins de 10 heures de repos comme le veut  la réglementation entre le dernier vol de la journée et le premier du jour suivant.

Face à l'absence d'accord début juillet, la direction de HOP a demandé à la DGAC de valider sa convention jusqu'au 31 décembre, provoquant une grève des pilotes de HOP au début de l'été. Pour le SNPL en effet, cette validation de la DGAC est illégale.

« Pour mettre en place un système ON-OFF, il faut non seulement un accord entre les syndicats et la direction, mais aussi une validation de l'inspection du travail et de la DGAC. En l'absence d'accord, la DGAC ne peut valider», explique un pilote de HOP.

« Si on laisse faire ce passage en force avec l'aval de la DGAC, ce genre de procédé peut se reproduire dans n'importe quelle compagnie », fait valoir un membre influent du SNPL Air France.

En pratique chez HOP, la direction peut imposer de manière définitive son système «ON-OFF » dès le premier décembre puis ses conditions de rémunération après le 31 décembre. « C'est un bond en arrière », déplore un pilote.

Le SNPL a perdu son recours en référé

Interrogée, la DGAC ne partage évidemment pas le point de vue du SNPL.

« Après l'échec des négociations avec certains syndicats de pilotes, la compagnie HOP! a demandé l'application d'un régime unilatéral de travail. Ce régime s'appuie sur un accord signé par une organisation syndicale ; accord qui n'a pu être validé, la représentativité de l'organisation syndicale signataire étant inférieure à 30%.

La compagnie HOP!, en application des dispositions du code de l'aviation civile et notamment son article D422-6, a demandé la validation à la DGAC de ce régime de travail. Après vérification de sa validité règlementaire, tant d'un point de vue social, que de celui de la sécurité des vols, la DGAC a produit un arrêté autorisant son application.

Cette procédure, qui existe de longue date, a été récemment contestée par le SNPL devant le tribunal administratif, qui, saisi en référé, a débouté la demande de cette organisation. »

En effet, le SNPL a déposé un recours en référé auprès du tribunal administratif de Melun qui l'a rejeté. Mais le recours demeure sur le fond.

Le patron d'Air France se dit confiant

Ce mardi, devant les journalistes de l'association des journalistes de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE), Franck Terner, le directeur général d'Air France s'est montré très ferme et « confiant ».

« Si nous ne signons pas d'ici au 1er décembre, nous avons l'autorisation de passer les règles d'utilisation des pilotes de manière unilatérale. Je souhaite évidemment que nous arrivions à trouver un accord. Nous avons envoyé à la DGAC le dernier texte soumis à signature. Il n'y a pas beaucoup de points d'écart. Je suis confiant [...]. »

Ce bras de fer sur les accords d'entreprise se double chez HOP d'un problème de gestion des pilotes qui veulent être embauchés chez Air France en raison d'un accord signé dans le passé qui autorisait de telles passerelles en cas d'embauches chez Air France. Ce qui est le cas aujourd'hui. Or, ces départs pour Air France déstabilisent HOP.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2017 à 22:39 :
Et une grève, une ! La caste des pilotes - qui ont beaucoup moins d'heures de vol que tous leurs concurrents mondiaux - veut passer les fêtes de fin d'année chez elle. Les clients, la vie, voire la survie de l'entreprise, ne sont t pas leur sujet. Ce qui compte pour eux, c'est toujours plus de moins d'heures de travail. ...
a écrit le 24/11/2017 à 13:24 :
Avons-nous oublié le vol Rio-Paris ? Je crois que les actionnaires des compagnies aériennes prennent aussi l'avion :) Sont-ils prêt à hypothéquer leur vie pour quelques dividendes de plus ? Bonne chance...
a écrit le 23/11/2017 à 13:25 :
Bientôt le crash.
Résultat d'enquête:
"Pilots error"
a écrit le 23/11/2017 à 12:43 :
Et hop, on prend les mêmes et on recommence!
Virez moi tout ça.
a écrit le 23/11/2017 à 12:07 :
Heureusement maintenant AF n'est plus nationalisée et toute puissante ,et le ciel français est concurrentiel; pour tous ceux qui espèrent prendre l'avion en cette fin d'année cet avertissement est salutaire.
a écrit le 23/11/2017 à 11:40 :
Air France c'est comme la sncf, ratp, fonctionnaires... une caste de nababs en dehors de la réalité économique du secteur marchand qui demande à la société civile de se serrer la ceinture pour maintenir leurs avantages et privilèges. Révoltant !
Réponse de le 23/11/2017 à 12:46 :
C'est le moins que l'on puisse dire.
Réponse de le 23/11/2017 à 13:52 :
As-tu déjà travaillé 10h00 après un premier poste ? Tu comprendras qu'avec seulement 5h00 de sommeil au mieux (si on arrive à dormir...), on ne soit pas au mieux de ses capacité à piloter et prendre la responsabilité de 400 vies humaines, plus quelques million de dollars de matériel ou marchandises. Si je vol sur un compagnie française que je paye plus cher, je veux avoir la meilleure sécurité possible.
Réponse de le 23/11/2017 à 14:02 :
Merci monsieur l'expert-autoproclamé mais lisez un peu plus avant d'affirmer.
Le monde d'aujourd'hui est en manque de pilotes, et beaucoup de compagnies augmentent leur offre pour les faire venir, et cela n'impacte pas en rien le prix du billet. Nul besoin de se "serrer la ceinture".
Renseignez-vous également sur les conditions dans les compagnies du golfe et/ou chinoises, souvent plus interessantes et défiscalisées.

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http://trends.levif.be/economie/entreprises/ryanair-il-y-a-clairement-une-hemorragie-de-pilotes/article-normal-745601.html

http://www.lepoint.fr/economie/air-france-cherche-pilotes-desesperement-22-11-2017-2174399_28.php
Réponse de le 23/11/2017 à 17:01 :
"Air France c'est comme la sncf, ratp, fonctionnaires... "

Chez Air France comme à la sncf, ratp, fonctionnaires,c'est exactement comme le privé ,il y a plusieurs catégories de salariés le petit, moyen ,gros.

Sinon ,en voici une nabab à la SNCF;

La dette de la SNCF s'élève aujourd'hui à 42 milliards d'euros... et pourrait atteindre les 63 milliards en 2026. Cela n'empêche pas l'entreprise ferroviaire de payer grassement ses cadres dirigeants. Sur les six premiers mois de 2017, la discrète ministre des Armées, Florence Parly, a en effet reçu pas moins de 52.569 euros net mensuels, soit 315.418 euros, de la part de l'entreprise publique, dont elle était directrice générale chargée de SNCF Voyageurs, la branche dédiée aux trajets de longue distance. L'équivalent de 35 Smic. C'est ce qu'il ressort de la déclaration d'intérêts de la ministre, transmise en plein creux du mois d'août, après l'immense majorité de ses collègues, et publiée ces derniers jours sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Son poste dans l’entreprise publique lui avait déjà rapporté des sommes rondelettes en 2016 : 365.961 euros, soit 30.496 euros net mensuels. Grâce à de sympathiques revenus complémentaires, obtenus via une présence aux conseils d'administration de plusieurs sociétés, comme Ingenico, Altran, Zodiac Aerospace ou BPI France - pour un total de 139.119 euros en 2016 -, plus quelques milliers d'euros de dividendes perçus de ces sociétés, Florence Parly apparaît comme la ministre la mieux rémunérée du gouvernement en 2016 et en 2017.
a écrit le 23/11/2017 à 9:59 :
La SNCF va suivre comme d'hab. Comme çà on pourra rester chez soi au coin du feu, surtout si EDF pratique les coupures de délestage annoncées .Joyeux Noël à tous.
a écrit le 23/11/2017 à 8:55 :
Moi qui ai justement pris des billets Air France pour aller voir ma famille au Canada...c'est bien la dernière fois qu'on m'y prendra à faire du patriotisme économique!
a écrit le 23/11/2017 à 4:28 :
La France. Un pays a survoler, surtout quant on prend l'avion.
a écrit le 22/11/2017 à 23:51 :
EVENTUALITE CONSTRUCTIVE : En doublant les salaires, combien de semaines sans grèves ?
a écrit le 22/11/2017 à 23:10 :
Pourquoi ne pas les licencier tous, comme avaient fait les américains, cela avait calmé tout le monde, et mis fin à ce chantage insupportable.
a écrit le 22/11/2017 à 21:57 :
Les avions autonomes et sans pilote c'est prévu pour quand? Sans déconner, le mois dernier c'est une compagnie Allemande et la plus vieille compagnie Britannique qui ont fait faillite, il est temps qu'ils atterrissent ou ça va être le crash pour Air France.
a écrit le 22/11/2017 à 21:24 :
La comédie traditionnelle en France, tant que ça marche encore ici, allez-y, peut-être ça va marcher pour un petit billet supplémentaire.
a écrit le 22/11/2017 à 20:35 :
Comprends pas ces gens qui font le plus beau métier du monde (à un salaire qui doit faire lui aussi rêver) et qui essayent d'y couper...
Réponse de le 22/11/2017 à 23:56 :
Et orgueilleux et m'as tu vu, avec çà, quand on les croise en cortège dans l'aérogare. A gerber ces gens là.
a écrit le 22/11/2017 à 20:17 :
Bien bien ! En attendant les Norwegian French Blue arrivent en force sur le long courrier et Easyjet compte sur Roissy pour élargir sa base après le Brexit (info d'aujourd'hui). Continuez comme ça les loulous, mais faudra pas pleurer, vous l'aurez bien cherché. Et surtout, ne croyez pas que "ça n'arrive qu'aux autres", rien que sur cette année les Air Berlin, Alitalia et Monarch sont là pour vous le rappeler. Mais bon, au moins vous aurez le temps de faire grève au pôle emploi ! A force de se prendre pour la SNCF des airs...
a écrit le 22/11/2017 à 18:30 :
C'est tous les ans la même chose pour les fêtes de fin d'année. Une forme de chantage.
a écrit le 22/11/2017 à 17:58 :
Il y a bien longtemps que je n'utilise plus AF pour mes déplacements...Pour les fêtes, cette année je voyagerai avec AIR CHINA, pas de risque de grêve impromptu...
a écrit le 22/11/2017 à 17:48 :
Comme d'hab. :(((( quand les gens prennent des vacances....!

Il serait temps de mettre fin aux privilèges de ces enfants gatés !
a écrit le 22/11/2017 à 17:36 :
passez par les aeroports etrangers ( bon, pour les bretons, c'est un peu plus dur, les autres francais ont le choix!
a écrit le 22/11/2017 à 17:26 :
S'il ne veulent plus bosser chez AF, qu'ils changent de cie et laissent la place aux autres ! Ras le bol des gens qui prennent en otage les autres juste pour leur propre confort !
a écrit le 22/11/2017 à 17:23 :
OUF : il me reste au choix le TGV ou Ryanair ou esayjet en France et pour tout le reste du monde toutes les airlines non snpl et de ce fait , moins chères qu'une airline snpl .
Réponse de le 23/11/2017 à 4:49 :
"moins chères qu'une airline snpl ":avec l'argent de vos impots locaux.....
a écrit le 22/11/2017 à 17:12 :
Cela faisait longtemps...
Cordialement
a écrit le 22/11/2017 à 17:05 :
Cà c'est bien eux

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