Norwegian dégringole en Bourse : les résultats de l'ogre low-cost s'écroulent

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(Crédits : DR)
La compagnie a publié une perte d'exploitation au deuxième trimestre de 862,9 millions de couronnes (106 millions d'euros) contre un bénéfice d'un milliard de couronnes il y a un an. L'action a chuté de plus de 14% à la Bourse d'Oslo.

Certains patrons de compagnies aériennes françaises avaient le sourire ce jeudi.  La chute de plus de 14% de l'action de Norwegian à la Bourse d'Oslo, qui a suivi la publication des résultats financiers du deuxième trimestre extrêmement mauvais, leur a donné du baume au cœur. Elle montre à leurs yeux que ce rouleau compresseur n'est peut-être pas aussi solide qu'il n'y paraît, alors que la politique de "Blitzkrieg" de la compagnie low-cost sur le long-courrier menace à terme leur survie.

Des résultats en chute libre

Alors que l'environnement est favorable aux compagnies aériennes avec la faiblesse du prix du baril, Norwegian a fait état ce jeudi d'une perte d'exploitation au deuxième trimestre de 862,9 millions de couronnes (106 millions d'euros), contre un bénéfice d'un milliard de couronnes il y a un an. Des résultats en chute libre qui ont surpris les analystes qui anticipaient une perte 3,5 fois moins élevée, à 246 millions de couronnes.

"Les résultats sont à "des années-lumière" des attentes du marché", a commenté Hans Ludvigsen, analyste chez Swedbank.

Le bénéfice net a certes augmenté de 44%, à 1,1 milliard de couronnes. Elle provient de la plus-value liée à la cession d'actions dans la filiale bancaire, Bank. Traduisant la forte augmentation du trafic passagers qui a accompagné la très forte croissance de la compagnie, en particulier sur le long-courrier, le chiffre d'affaires a parallèlement progressé de 17%, à près de 7,8 milliards.

La compagnie évoque des éléments exceptionnels

Déjà affaiblie par la démission inattendue au début du mois de son directeur financier Frode Foss, la direction a invoqué des éléments exceptionnels pour expliquer la contre-performance.

"Nous avons eu des surcoûts significatifs pour la location d'appareils, le prix élevé du pétrole et la taxe sur les passagers aériens mise en place par le gouvernement norvégien l'an dernier, ce qui a eu un impact négatif sur le résultat", a déclaré dans un communiqué le directeur général et principal actionnaire, Bjørn Kjos.

Croissance tous azimuts

Pour d'autres analystes interrogés par La Tribune, Norwegian paye le coût de son développement extrêmement rapide sur le long-courrier.

"Un tel développement coûte cher, surtout à cette vitesse", fait valoir l'un d'eux.

Delà à voir Norwegian aller droit dans le mur, il n'y a qu'un pas qu'ils ne franchissent pas. Pour eux en effet, le modèle de la compagnie n'est pas menacé dans la mesure où la compagnie ne rencontre pas de difficultés pour financer ses avions.

"Les investisseurs semblent prêts à prendre le risque", explique un analyste.

Du coup, si la compagnie est assurée d'un tel soutien, Norwegian a plutôt intérêt à continuer sa croissance effrénée pour pouvoir réaliser des économies d'échelle.

"A un certain niveau de production, une grande partie des coûts fixes sera amortie", poursuit le même analyste.

Sur le seul long-courrier, vingt-huit Boeing 787 entreront dans la flotte entre 2017 et 2020, auxquels s'ajouteront, à partir de 2019, les premiers A321 Neo LR.

Saisonnalité

Ces mauvais résultats pourraient en revanche inciter Norwegian à accélérer son développement sur ses marchés les plus porteurs en termes de potentiel. La France en fait évidemment partie. Surtout, un développement vers les Antilles et l'Asie pourrait à terme s'avérer salvateur pour la compagnie norvégienne, car il permettrait de compenser l'impact de la saisonnalité sur les Etats-Unis, son principal axe de développement aujourd'hui sur le long-courrier. Au cours de la saison hiver en effet, période de basse saison, les compagnies classiques rivalisent en prix avec les low-cost long-courriers car elles sont obligées de lancer des promotions agressives pour remplir les vols.

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Commentaires
a écrit le 25/07/2017 à 13:22 :
Se délecter de la chute des autres en espérant fermeture et chômage pour des milliers de personnes tout en se complaisant dans sa propre médiocrité sans se remettre en cause, typiquement franchouillard et pathétique.
N'en déplaise à ces guignols seigneurs attachés à leur confort, le viking n'en est qu'à ses débuts et va continuer le carton à Paris et...en province. Allez pensez Joon surtout, on y croit!

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