SNCF  : nomination d'un patron de la sécurité ferroviaire pour "remettre de la rigueur"

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(Crédits : reuters.com)
La SNCF va annoncer la nomination d'un patron de la sécurité ferroviaire qui aura autorité sur les trois établissements du groupe, l'Epic de tête SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités. Jeudi la direction a annoncé des mesures pour "remettre de la rigueur" après trois accidents en moins de trois ans.

Après l'accident du TGV d'essais qui a fait 11 morts le 14 novembre à Eckwersheim, en Alsace, la SNCF va, selon nos informations, annoncer la nomination d'un grand patron de la sécurité ferroviaire qui aura autorité sur les trois établissements, l'Epic de tête SNCF, SNCF Réseau (ex Réseau Ferré de France) et SNCF Mobilités (l'opérateur). Ce poste sera attribué en interne à la SNCF.

Par ailleurs, la SNCF a l'intention d'instaurer des réunions fréquentes avec les syndicats qui auront pour unique sujet la sécurité ferroviaire. Les annonces interviendront après une série d'entretiens avec les syndicats. Interrogée, la SNCF n'a pas souhaité faire de commentaire.

"Remettre de la rigueur"

Jeudi, la société ferroviaire avait annoncé à ses cadres et aux syndicats des décisions pour "remettre de la rigueur" dans les pratiques professionnelles, après l'accident. Ces décisions "ont un objectif, c'est de remettre de la rigueur à tous les étages", a souligné  jeudi Jacques Rapoport, président du gestionnaire d'infrastructure SNCF Réseau (ex-RFF), dans un entretien à l'AFP.

 "Chacun des trois grands niveaux de notre organisation managériale - opérationnel, production et dirigeant - a vraiment des enjeux complètement nouveaux qui rompent avec les pratiques habituelles et qui montrent bien que la priorité absolue à la sécurité se traduit dans le fonctionnement quotidien", a-t-il continué.

L'encadrement de proximité sera déchargé de certaines tâches pour passer plus de temps sur le terrain, les directeurs d'établissement devront analyser chaque incident dès le lendemain devant une autorité nationale (un peu comme cela se pratique dans le transport aérien), et l'encadrement dirigeant n'aura, en 2016, "que des objectifs de sécurité et leur part variable sera exclusivement allouée en fonction du respect de ces objectifs", a détaillé Jacques Rapport.

Trois accidents en moins de trois ans

En effet, a-t-il rappelé, "le diagnostic, ce sont les trois accidents en un peu moins de trois ans (Brétigny, Denguin, et Eckwersheim, NDLR), ce sont quatre rapports d'expertise" et plusieurs incidents, comme un TER devenu incontrôlable sur 20 kilomètres, en Normandie.

Il "ressort en fil rouge de tout ça que, parfois, on manque un peu de rigueur dans le respect et la mise en oeuvre des bonnes pratiques professionnelles", a-t-il ajouté, assurant qu'il ne s'agit pas d'une "mise en cause du personnel, de son professionnalisme, c'est un contexte général plutôt systémique, qui est d'ailleurs en partie lié à l'extrême complexité de nos règlementations et de nos organisations".

 Pour la CFDT, premier syndicat à réagir, le "manque de moyen" mais surtout "la course à la productivité et à la réduction des coûts, la gestion par activité, ont engendré une perte de savoir-faire et de compétences" et l'objectif de rigueur affiché doit "passer par une évolution des process et du management de la sécurité".

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Commentaires
a écrit le 30/11/2015 à 15:32 :
Encore un directeur de plus?
Avant les chefs connaissaient le fonctionnement de la SNCF,ils sortaient des écoles de la boite.Maintenant ils ont des diplômes,mais après?
Dans une cabine ,comment travailler en étant 7 ? Que de chefs qui ont déconcentrés le mécano dans sa conduite,,,
a écrit le 30/11/2015 à 15:17 :
la sécurité, c'est comme la qualité, l'honnêteté, l'écologie, etc. qui sont des vertus transversales. C'est aux dirigeants des entreprises, aux dirigeants politiques, aux faiseurs d'opinions, que revient la responsabilité de faire respecter ces valeurs.
Quand on se met à nommer des responsables, c'est que les dirigeants n'ont pas su insuffler ces valeurs. Ils n'ont pas été à la hauteur.
a écrit le 30/11/2015 à 13:03 :
J'aime beaucoup le discours: "en aucun cas le professionnalisme du personnel n'est remis en cause". Ah bon?? "Venez les enfants, on va avec papa dans la rame d'essai, ce sera rigolo" , ce serait permis par les procédures complexes?
Réponse de le 30/11/2015 à 13:54 :
Le fait de faire monter des enfants dans une rame d'essai, qui a déjà fait des centaines d'aller-retours sur le parcours n'est pas irresponsable. Dire le contraire est hypocrite.

En revanche, il reste aux enquêtes à déterminer qu'est-ce qui a amené le train à ne pas freiner à temps.

C'est naturel d'emmener ses enfants partager exceptionnellement son travail quand rien ne permet d'envisager un risque pour leur sécurité, ce qui était le cas ici
Réponse de le 30/11/2015 à 20:02 :
Normal ...
Mais dans toutes entreprises qui ce respectent ,si des essais ont lieu c'est qu'il y a un risque de danger lors de la mise au point...
Non...?
Quels entreprises réalisent des essais qui ne présente aucuns dangers ?
Les essais sont coûteux et doivent servir à la qualité du produit testé .
L'accident en est la preuve.

Qui êtes vous pour prétendre que la normalité est d'amener ces enfants prendre de tels risques ?
Vous avez des enfants , si oui encore un inconscient dans le monde des parents!!!
a écrit le 30/11/2015 à 13:00 :
Sauvés !

Un fonctionnaire de plus. Il va réunir autour d'une table les responsables du rail de gauche et les faire débattre avec les responsables du rail de droite. Il n'y aura plus jamais d'accident, il suffira de faire des rails en platine avec des traverses en or.
a écrit le 30/11/2015 à 12:34 :
cela prouve l'incompetence du pdg actuel
et une fonction de plus ou un copins de case
pas un chomeur non une personne qui va cumuler
m le ministre vous devrier mettre deux conducteur par cabine
faire rouler les tgv a 30kmh il y aura moins d'accident
a écrit le 30/11/2015 à 11:06 :
Ce poste n'existe-t-il pas déjà au Ministère du Transport ?
Cette mesure bureaucratique pour la paix sociale ne résoudra en rien la problématique de la Sécurité ferroviaire.
Pour changer une culture d'organisation, le meilleure est d'ouvrir à l'extérieure l'expertise et non conforter un super-monopole en privilégiant la promotion interne.
De plus le PDG de la SNCF aurait déjà dû démissionner pour montrer l'exemple en cas d'échec dans ce domaine.
Réponse de le 30/12/2017 à 10:12 :
tout a fait d'ccord pour sa demission.
Le PDG Pepy, trop longtemps, inefficace a son poste, couvre son chef d'une pseudo securite qui ose trouver cette pagaille "normale pour Noel".
Dans sa culture personnelle et religieuse, Noel est peanut.
Origine maghrebine oblige.

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