VTC : les chauffeurs veulent un numerus clausus, pas les plateformes type Uber

 |  | 935 mots
Lecture 5 min.
Le syndicat Unsa-VTC, qui représente les chauffeurs, voudrait idéalement durcir les conditions d'accès à leur profession.
Le syndicat Unsa-VTC, qui représente les chauffeurs, voudrait idéalement durcir les conditions d'accès à leur profession. (Crédits : REUTERS/Robert Galbraith)
L'Etat projette de réduire mécaniquement le nombre de chauffeurs de VTC. Certains s'en réjouissent. Mais les plateformes protestent et demandent une audience en urgence à François Hollande afin de clarifier la situation.

Au tour des VTC (voitures de transport avec chauffeur) de se faire entendre. A deux semaines d'un mouvement national des taxis contre les VTC - dont ils demandent la suppression pure et simple - prévu le 26 janvier, les organisations représentant les plateformes de mise en relation entre chauffeurs et passagers ainsi qu'Uber France, demandent à être reçues en urgence par le Président de la République.

Lettre des plateformes à François Hollande

Dans une lettre adressée à François Hollande, que La Tribune s'est procurée, les signataires (Uber France, la fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR), l'association alternative mobilité transport (AMT), ainsi que les sociétés de formation 8-C et Cab Formation) dénoncent en effet le numérus clausus censé figurer dans le projet d'arrêté qui devrait être signé et publié au Journal officiel d'ici lundi afin d'établir les conditions d'accès à la profession, et pour lesquelles les différentes parties (taxis, VTC et plateformes) ont été reçues ce début de semaine.

En effet, selon eux:

"Après plusieurs semaines de travail et d concertation, les cabinets des Ministres de l'Intérieur, de l'Economie et des Transports ont présenté lundi dernier un texte de compromis équilibré, qui aurait permis de remettre le secteur des VTC en croissance.

Or quelques heures plus tard, il semble que les avancées significatives réalisées par le gouvernement sur l'examen des futurs conducteurs aient été remises en cause d'un trait de plume avec l'introduction d'une disposition limitant drastiquement le nombre de sessions annuelles d'examen pour devenir conducteur VTC"

Limiter ou pas les sessions d'examen ?

Cependant, si cette idée "nouvelle" de limiter le nombre de sessions contrarie les plateformes, cela ne semble pas déranger les chauffeurs. Au contraire, le syndicat Unsa-VTC, qui représente non pas les plateformes type Uber mais leurs partenaires chauffeurs, explique même à La Tribune s'être vivement opposé aux représentants des plateformes, lundi, lors de la concertation en question.

Lire aussi : VTC, un syndicat officiel est affilié à l'Unsa

Et pour cause, celles-ci auraient souhaité qu'il n'y ait pas de restriction, ou alors une session par semaine au minimum, assure-t-il, tandis que du point de vue du défenseur des intérêts des chauffeurs, une par trimestre serait amplement suffisante. Au risque, sinon, de précariser encore davantage leur profession, met-il en garde.

Nuançons toutefois leur propos, puisque la toute jeune association "Alternative Mobilité Transport" (AMT) est également signataire de la lettre adressée à François Hollande. Celle-ci regroupe une dizaine d'entreprises dont les dirigeants sont les premiers membres. Ce qui représente plus d'un millier de chauffeurs capacitaires (Loti) en CDI. Or le fondateur de l'AMT, Joseph François, assure que ces chauffeurs salariés sont sur la même longueur d'onde que leurs employeurs, et sont tout à fait contre une telle limitation du nombre de chauffeurs, qui ne ferait qu'être un frein au développement à la croissance de leur entreprise en particulier, et donc du secteur en général.

Et d'ajouter à cet égard:

"Nous estimons que nous pouvons créer 1.500 postes en CDI en 2016"

L'association francilienne, qui a vocation de présenter "un nouveau dialogue avec des solutions concrètes pour répondre aux interrogations et au mécontentement liés à la situation actuelle est d'ailleurs ouverte à tous, comme aux chauffeurs indépendants", précise Joseph François, qui nous confie que le site internet est en cours de construction.

Les plateformes ne représentent pas les chauffeurs

Mais de son côté, l'Unsa-VTC tient bien à remettre les pendules à l'heure, en se démarquant bien des signataires de la lettre, "qui ne représentent absolument pas les chauffeurs", insiste son porte-parole.

Ces représentants de chauffeurs souhaitent en effet que leurs conditions de recrutement se rapprochent au maximum de celles des taxis. A tel point qu'ils n'étaient à l'origine pas pour le remplacement des heures de formation par un examen, mais pour leur cumul et une complémentarité entre les deux. Et le syndicat de lancer:

"Nous voulons une formation identique, voire plus qualifiante que celle des taxis"

Une formation commune avec les taxis ?

Au moins un tronc commun. Ce qui serait une bonne solution aux yeux de Yann Ricordel, le patron des Taxis Bleus.

Selon lui, le défaut vient plutôt des conditions de passage de l'examen. Tel que cela a été présenté, explique-t-il à La Tribune, le projet serait de faire passer les examens dans les centres de formation de chauffeurs. Les mêmes centres seraient ainsi chargés de rédiger eux-mêmes le questionnaire, et de l'envoyer aux autorités compétentes pour validation. Sachant qu'une absence de réponse vaudrait validation du questionnaire en question. Les corrections ne seraient en revanche pas faites dans le même centre de formation, mais par un autre. Autrement dit, les écoles de chauffeurs les forment, rédigent les questions et font elles-mêmes passer l'examen à leurs élèves, qui ont payé pour leur formation... "Cela pose un réel problème", estime Yann Ricordel. Un avis d'ailleurs partagé par le syndicat Unsa-VTC.

Reste la question de la limitation du nombre de sessions : pourquoi seraient-elles restreintes à trois, quatre, ou cinq par an ? Et avec à chaque fois, quel nombre de places disponibles par session ? Comment ces critères sont-ils établis ? "C'est comme le nombre initial de 250 heures de formation. A l'origine, d'où ce chiffre est-il sorti ? ", s'interroge Nicolas Louvet, du bureau de recherche 6-t. "Il faudrait peut-être se poser les bonnes questions", glisse-t-il. A bon entendeur...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/01/2016 à 15:53 :
quel rapport entre la nouvelle génération et l'ancienne?

Il y a eu pres de 300 saisies de licence par les banques en décembre, les taxis n'arrivent meme plus à payer leur charge.

Tu lis les articles ou tu commente un article avec tes a priori? Les chauffeurs de VTC sont contre ce texte aussi
a écrit le 15/01/2016 à 10:58 :
il y en a toujours pour les Taxis!! et la nouvelle génération n'ont-elle pas le droit elle aussi a une part du gâteau, a gagner de l'argent en travaillant plutot qu'a dealer? Grace a l'ancienne generation la France ne peut meme plus offrir un avenir aux jeunes, il est temps d’arrêter d’être égoïstes et de voir plus loin. que sa petite personne . Nous sommes en 2016! on ne va pas garder les taxis jusqu'a la fin des temps! le monde change, les gens , les demandes ont changées. Si les TAXIS NE SONT PAS CONTENTS RENTRER AU BLED ( car facile de venir faire son beurre chez les autres et de ne pas donner de travaille aux vrais francais qui vous ont ouverts leur portes) ou a la retraite voler chez vous et laisser les autres bosser pour offrir une qualité prix aux clients qui n'aura pas l'impression de se faire plumer et de monter avec la boule aux ventre de savoir combien il va payer a l'arriver pour monter dans une voiture ou le language courtois n'existe pas.
PS: Je ne suis pas vtc.
Réponse de le 16/01/2016 à 0:58 :
Vous devriez commenter sur un autre sujet, manifestement vous n'avez aucune connaissance dans le domaine.
Au delà du pathétique de votre intervention, vos sous entendus sont insupportables.
Votre médiocrité cherche des excuses...
a écrit le 15/01/2016 à 8:29 :
En France,on devient de plus en plus égoïste, on ne pense même plus ,on fait que de regarder son petit porte monnaie sans penser à l avenir,ces éditeurs de appli ne créent pas de l emplois bien au contraire que de la précarité ,et bientôt ça sera toutes les professions qui seront touchés( coiffeur,auto école, pharmacie, hotelerie,restaurant,notaire,avocat etc....)
a écrit le 15/01/2016 à 7:11 :
Bien le bonjour,

Le vilain terme numerus clausus fait peur à tout le monde car il a ses dérives qu'il était pourtant si simple de maîtriser...

Mais en réfléchissant un peu, il s'agit là de la préservation d'un métier. On voit d'étranges personnages proposer aux voyageurs sortants d'un avion ou d'un train leurs services de transport de personne. Que cela veut-il dire ? Comme le dit l'article, posons nous les bonnes questions. Le travail manque déjà ! Le massacre du transport individuel à déjà assez duré. Que l'état se penche sur une autre profession que celle des taxis.
Ces éditeurs d'applications mettent le chômage en avant, mais nous allons transformer ces métiers en "petits jobs" auquel il faudra cumuler une autre activité.Est ce un bon calcul ? Ce n'est pas avec une course le matin et une course le soir qu'on nourrit une famille...

Je regrette de constater que la majorité des internautes postant des commentaires ont un parti pris. Il ne faut pas s'inquiéter de la situation des éditeurs d'application, déjà bien prospère, mais de la situation des travailleurs qu'elles exploitent et de la catastrophe économique qu'elles ont déclenché au sein des vtc et des taxis. 1 chauffeur = 1 famille
a écrit le 14/01/2016 à 19:20 :
Ils réclament le système qu'ils ont vomi...
a écrit le 14/01/2016 à 19:16 :
Le gouvernement n'a donc rien compris, et ne fait que créer un obstacle de plus à la réforme des taxis. Qu'il est fort Valls!
a écrit le 14/01/2016 à 17:46 :
Et paf une rente de plus.
Comme si la licence des chauffeurs de taxi ne suffisait pas, voici la licence pour VTC

On recommence le systeme de rente completement aberrant (l'etat donne un droit a des privilégiers qui se retrouvent du jour au lendemain a la tete d'une licence qu'ils peuvent revendre)
Réponse de le 16/01/2016 à 1:04 :
La " rente " , le mot est lancé.
De quelle rente parlez vous ?
Celle qui nourrit votre jalousie ?
Ne confondez pas tout, et mettez en place les moyens d'accéder à la même chose au lieu de baver sur l'assiette du voisin puisque que vous ne savez pas remplir la votre...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :