L'Allemagne s'oppose à une "politique monétaire verte" souhaitée par Lagarde

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(Crédits : Stephen Jaffe / FMI)
Christine Lagarde, qui va prendre la tête de la Banque centrale européenne, estime que le changement climatique doit être intégré au sein des objectifs de l'institution monétaire.

Le président de la Bundesbank a estimé mardi que la politique monétaire ne devait pas être utilisée pour lutter contre le réchauffement climatique, alors que la nouvelle présidente de la BCE, Christine Lagarde, entend en faire un des objectifs de l'institution.

Une "politique monétaire verte", par exemple sous la forme d'un programme d'achats d'obligations vertes, est perçue de manière "très critique" par le patron de la Banque fédérale allemande, Jens Weidmann, qui s'exprimait lors d'une conférence sur la finance durable à Francfort.

Une telle évolution serait "contraire aux règles prévues par le Traité européen", selon lesquelles les interventions des banques centrales dans le cadre de la politique monétaire doivent rester "neutres", c'est-à-dire refléter la composition des titres disponibles sur le marché.

La banque centrale pourrait aussi se retrouver en "conflit potentiel", quand elle voudrait mettre le frein sur les achats d'obligations alors que des militants pour le climat réclameraient une action plus vigoureuse.

Objectifs de la BCE

Cette prise de position intervient à trois jours de la prise de fonction de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne, en remplacement du président sortant Mario Draghi.

Auditionnée par le Parlement européen début septembre, la Française avait estimé que le changement climatique devait être intégré au sein des objectifs de la BCE. Il s'agissait notamment de concilier la règle de neutralité sur le marché avec la future nomenclature très attendue des actifs "verts", quand cette classification aura été adoptée par les Etats membres.

En matière de supervision, elle avait appuyé l'idée que les actifs verts soient pris en compte pour évaluer les risques et donc le niveau de capitaux propres des banques. Là encore, Jens Weidmann s'est distancié de la Française: il serait "erroné" d'utiliser la réglementation bancaire "pour fournir des incitations en matière de politique climatique". Cette tâche devrait revenir au politique, selon le banquier allemand.

La Bundesbank n'est pas inactive pour autant sur le climat. Elle songe à verdir son portefeuille de titres détenus en propre, lourd de 12 milliards d'euros, et investit déjà dans des titres verts une partie des fonds que lui confient les collectivités publiques dans le cadre de plans de retraite.

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Commentaires
a écrit le 30/10/2019 à 15:51 :
L'Allemagne a le droit de donner son avis, ce n'est pas l'avis de tous, l'Allemagne avec ce gouvernement est en fin de cycle !
a écrit le 30/10/2019 à 15:19 :
L'Europe a mal à l'Allemagne.
a écrit le 30/10/2019 à 10:21 :
Quand on va arriver à plus de 2°C de changement climatique, la Bundesbank n'aura plus qu'à contempler l'état de l'Allemagne et tenter de sauver ce qui peut être encore sauvé.
a écrit le 30/10/2019 à 9:54 :
Ce n'est effectivement pas une surprise.
Au début du mois, 8 nations européennes avaient sollicité la nouvelle commission pour passer l'objectif de réduction carbone pour 2030 de 40% à 55 % :
Danemark, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Suède, Espagne et France.
L'Allemagne et ses sous-traitants très polluants de l'est sont absents.
Blablabla refus de Merkel : « Je pense que fixer en permanence de nouveaux objectifs n’a aucun sens ».
La ex-championne (ex-exemple à suivre de nos experts et médias) ne sait plus sur quel pied danser, communication virevoltante et illisible, tandis que son industrie très énergivore licencie par milliers.
Umweltverschmutzung : wählen sie deutsche qualität
L'arnaque de la croissance allemande (automobile, agroalimentaire) aux détriments de ses voisins (France, Italie) est rattrapée pas la police, et ce n'est que justice !
a écrit le 30/10/2019 à 9:42 :
Pourqoui elle ne parle pas de situation desastreuse financier et politique (Macron qu'il a peur pour les vrais reformes) de la France en fois d'essayer de voler l'argent des allemands et des autres pays nordics? l'Heure d'un separation financier entre les pays d'ail des profiteurs et les pays nordics s'approche.
a écrit le 30/10/2019 à 9:33 :
Heureusement qu'il y a les Allemands pour s'opposer aux débilités sociétales des castes au pouvoir françaises. Une banque centrale n'est pas faite pour s'occuper du climat, ce n'est pas son rôle, ni dans ses compétences. Mémère Lagarde ferait bien de lire les status de l'organisme qu'elle est censée servir, avant d'obéir au faux prophète du château qui cherche de l'argent pour financer ses dérivatifs pseudo-scientifiques.
a écrit le 30/10/2019 à 9:23 :
On se dirige vers un dogme pour avoir bonne conscience mais, sans savoir si l'on cours vers d'autre "désastre"! Un dogme impose des réformes qui ne débouchent pas vers plus de démocratie et de liberté d'action mais vers une dictature plus ou moins camouflé!
a écrit le 30/10/2019 à 8:29 :
Bon Weidman et contre tout depuis toujours, alors... Ils passeront au dessus de lui et dans 3 ou 4 ans, il dira qu il s était trompé comme il l a fait avec Draghi... Un loser dogmatique absolu.
a écrit le 30/10/2019 à 7:10 :
Premiere epine dans le pied de lagarde et par repercusion du presidium supreme micron 1er. Plus de pretextes aux deficits.
a écrit le 30/10/2019 à 6:58 :
La seule réponse au changement climatique est la maîtrise de la population mondiale. Mais l'idée même d'oser aborder ce sujet, paralyse aussi bien le milieu politique que le milieu médiatique. Tant que cette action sur la population mondiale, n'aura pas été réglée, on ne pourra rien faire en Europe sauf à envisager une décroissance européenne qui serait immédiatement compensée par une croissance dans les autres continents.
a écrit le 29/10/2019 à 22:48 :
Voir les allemands opposés à la lutte contre le changement climatique n’est pas une nouveauté. Ce qui importe pour eux d’abord, ce sont leurs industries qui sont les plus polluantes: le charbon, la chimie, les voitures
Le reste, nichts! Bon ben reste plus qu’a Modifier les statuts de la bce.
Réponse de le 30/10/2019 à 15:24 :
commentaire debile. la BCE est la pour gerer l euro, pas pour decider ou investir. Les allemands ont raison de dire que ca c est le role du gouvernement (et donc des electeurs indirectement).

Que diriez vous si la BCE decidait demain de financer la conquete spaciale ou le clonage humain car c ets dans l air du temps ?

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