Emploi et vitesse

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Le président François Hollande disait en fin d'année dernière que la crise de la zone euro était finie. Il prenait comme référence, sans le dire, les rendements des dettes de pays, qui avaient tendance à baisser. Mais si l'on consulte d'autres indicateurs, la crise est loin d'être finie. Elle a même tendance à s'accélérer. Ainsi, le chiffre du chômage dans la zone euro a encore continué à grimper atteignant un nouveau record en novembre, à 11,8%, avec des pointes jusqu'à 26,6% en Espagne et 26% en Grèce, selon les estimations d'Eurostat.

Or, les politiques le savent, les résultats des sondages d'opinion ne varient pas: avoir un travail reste la principale préoccupation de l'ensemble de la population.

On comprend donc d'autant moins le faible écho médiatique recueilli par la réunion des partenaires sociaux sur l'emploi, initiée par le gouvernement de François Hollande. Certes, le sujet est technique mais concerne tout le monde, employeurs comme employés. L'enjeu, rappelons-le, est d'adapter le droit du travail pour parvenir à la fois à assouplir les règles d'embauche et de licenciement tout en offrant des garanties renforcées au salarié qui perd son emploi.

Il n'est pas dit que les partenaires sociaux - divisés - arrivent à se mettre d'accord, sur ce qu'il faut bien nommer une « réforme du marché du travail. » Surtout, cette réunion n'est pas à même de résoudre - ce n'est pas son rôle - le problème structurel en France : la création massive d'emplois par le secteur privé. Car l'enjeu majeur n'est pas tant de perdre un emploi que d'en retrouver rapidement un.

C'est à cette épreuve que vont être confrontés les salariés du Virgin Megastore, célèbre enseigne de l'avenue des Champs Elyées, qui compte 26 magasins dans l'Hexagone et emploie quelque 1.000 personnes. Ce mercredi matin, sera prononcé le dépôt de bilan devant le tribunal de commerce de Paris, et désigné un administrateur judiciaire.

Deux aspects dans cette affaire sont à souligner : d'une part, Virgin avait comme actionnaire principal le fonds d'investissement français Butler Capital Partners. Ce genre de fonds ne fait pas dans la philantropie mais est plutôt spécialisé dans le redressement sans état d'âme, très rapide, et la valorisation des entreprises en difficultés. D'autre part, l'enseigne Virgin, spécialisée dans les biens culturels, est victime du changement de paradigme déclenché par Internet dans la consommation de ces mêmes biens, et battu sur ce terrain par des sociétés comme Amazon et Apple.

Butler Capital a échoué. Le changement dans le secteur est allé trop vite, même pour un fonds d'investissement.

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