La filière glisse prend la vague du recyclage

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(Crédits : Peter DaSilva/The New York Times)
Les industriels du surf veulent limiter leur impact environnemental, notamment celui des films plastiques des emballages.

Le développement durable est un enjeu particulièrement important pour la filière glisse. Alors qu'elle surfe sur une image proche de la nature, du bien-être de l'individu et de son environnement, son activité n'a rien d'exemplaire dans ces domaines. Les planches sont fabriquées dans des matériaux à base de résines synthétiques et les combinaisons sont en Néoprène, un dérivé du pétrole. Les amateurs de vagues courent le monde en avion et s'habillent de vêtements fabriqués loin de leurs lieux de vente, où ils sont acheminés enveloppés dans un film plastique protecteur, appelé « polybag ». L'impact sur l'environnement de ces polybags dont Eurosima, la fédération professionnelle des industriels de la glisse, estime l'utilisation à quelque 50 millions d'unités chaque année rien que pour la filière européenne, se traduit de plusieurs façons : épuisement de la ressource, toxicité pour les organismes aquatiques et contamination des sols et des rivières par les produits de décomposition. Car ces polybags finissent pour la plupart en déchetterie. « Nous en produisons à nous seuls 14 millions chaque année. Et c'est vrai que, jusqu'à présent, nous ne nous sommes pas vraiment préoccupés de savoir ce qu'ils devenaient », reconnaît par exemple Maritxu Darrigrand, directrice du développement durable de Quiksilver.

Désormais soucieux de réduire ces impacts, les industriels ont collectivement d'abord ramené de 50 à 40 microns l'épaisseur du film plastique, réduisant ainsi de 600 à 480 tonnes la masse de leurs déchets annuels. Ils se sont également interrogés sur le recours à d'autres matières premières pour remplacer le polyéthylène ou autre polypropylène dont ces films sont en général constitués. Mais ni les bio-plastiques ni les polyesters fragmentables n'ont obtenu l'adhésion du secteur. Les premiers restent en effet encore trop onéreux aujourd'hui. Quant aux seconds, ils présentent un bilan environnemental peu flatteur puisqu'ils finissent en micro particules qui, même si elles sont invisibles à l'oeil nu, ne s'en disséminent pas moins un peu partout.

Quatre entreprises ont donc entrepris il y a deux ans de mettre en place une filière de recyclage. Rip Curl, Quiksilver, Billabong et Volcom se sont portées volontaires pour tester le projet, qui consiste à collecter des polybags dans leurs magasins et franchises (soit quelque 300 points de vente en France) pour les rapatrier ensuite dans le sud de l'Aquitaine où ils disposent chacun d'un centre logistique et de broyage.

Phase de test

Un premier débouché a d'ores et déjà été identifié grâce à la présence dans la région d'une entreprise qui fabrique des sacs-poubelle. « C'est une solution intéressante qui permet de parvenir à équilibrer financièrement le système », annonce Franck Laporte-Foret. Le directeur d'Eurosima voudrait voir la phase de test débuter dans les prochaines semaines avant de l'étendre à d'autres marques. Mais l'idéal serait, pour les industriels, de trouver le moyen de recycler ces emballages plastiques en sacs de caisse pour leurs magasins, un support qui pourrait leur servir à valoriser leur initiative auprès de leurs clients.

 

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