Matignon édite en vert

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La Documentation française (DF) et la Direction des Journaux officiels (DJO) sont deux éditeurs publics, rattachés au Premier ministre. Avant leur fusion en 2010, ces entités changent de paradigmes et veulent montrer l'exemple. Entretien avec Laurence Wagner, Chargée de mission développement durable (DD) et RSE (responsabilité sociale et environnementale ) aux Journaux Officiels.

En quoi la prochaine fusion des directions des Journaux Officiels et de la Documentation française (prévue en 2010) permet-elle d'intégrer le développement durable dans les services de l'Etat ?

L'article précisant que les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable, en conciliant la protection de l'environnement, le développement économique et le progrès social est inscrit dans la Constitution depuis 2005. Il est logique que les services du Premier ministre, auxquels appartiennent ces deux entités, prennent une part active dans cette démarche. La fusion de la DJO (Direction des Journeaux Officiels) et de la DF (Documentation française) répond au souhait de fonder une direction de référence et d'expertise unique pour l'information publique, faisant appel à l'ensemble des TIC (Technologie de l'Information et de la Communication). Leurs histoires respectives, leurs activités d'imprimeur, d'éditeur et de diffuseur, la conduite du changement menée ces dernières années (développement de l'activité numérique, nouveaux processus de production, plans de cessation d'activité...) nous conduisent tout naturellement à nous engager dans une démarche durable et responsable, qui doit s'entendre dans toutes ses dimensions: environnementale bien sûr, mais également économique et sociale conformément à l'esprit de la stratégie nationale de développement durable (SNDD) en cours d'élaboration. Notre objectif est de devenir exemplaire de l'engagement de l'Etat.

Quels sont les enjeux qui impliquent le plus le "green business" ?

Nos activités d'imprimeur sont bien sûr les plus évidentes à cet égard. Nos clients, comme nos donneurs d'ordre, s'engagent dans une démarche d'éco-responsabilité et nous demandent d'y prendre part. Nous modernisons l'ensemble de la chaîne graphique, ce qui nous permettra de réduire nos impacts environnementaux en offrant une logistique d'impression écologiquement responsable et actionnable à la demande. L'imprimerie est une industrie polluante, mais les nouveaux matériels, encres, papiers... permettent d'en réduire les impacts. Le label Imprim'vert®, le bilan carbone sont nos premières étapes ; nous réfléchissons désormais à une meilleure gestion de nos flux et de nos stocks entre nos trois sites, avec nos fournisseurs... Au-delà, notre mission est plus largement celle d'éditeur public. Chargés de diffuser la norme juridique, nous devons aussi garantir la transparence économique via les informations relatives aux entreprises. Cela signifie être en capacité de répondre à des besoins et des usages différenciés par des contenus et des supports conçus dans une démarche "responsable" comme l'exigent désormais les politiques publiques. C'est rendre accessibles les textes sous un format à la fois plus performant économiquement, moins nocif pour l'environnement et plus approprié à l'usage qui en est fait. Cela exige de mettre l'écoute et l'innovation au coeur de notre développement, avec des moyens qui restent modestes; les sites que nous offrons comme Légifrance, Bodacc.fr ou Info-financière.fr en sont les plus beaux exemples...

Ces actions visent-elles à rattraper un retard ou montrer l'exemple?

Les deux bien sûr ! Ce serait malhonnête de dire que nos activités industrielles et commerciales ont toujours été conçues et menées dans une démarche d'éco-responsabilité. Mais la création de cette future direction nous offre aujourd'hui l'opportunité de mettre le développement durable au c?ur de notre stratégie. C'est ambitieux, il faudra le lier directement au management, le mettre au c?ur de chacune de nos activités et s'appuyer sur tous les acteurs, les  "parties prenantes", de l'organisation. Vaste programme ! L'engagement de l'équipe dirigeante sera déterminant. C'est aussi une belle occasion de répondre à la question souvent renvoyée par la sphère de l'entreprise: comment l'Etat s'applique-t-il à lui même sa politique publique?


 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
GOUVERNEMENT SARKOZY > HORS LA LOI >
Ce matin avaient lieu simultanément à l'Assemblée Nationale la séance plénière de discussion sur le projet de loi Hadopi 2, et plusieurs séances en commissions permanentes.Notamment à la commission des affaires sociales, qui examinait mercredi matin une modification du projet de loi finances 2009 avec l'audition de trois ministres du gouvernement.Les députés présents devaient donc choisir entre la défense de leurs convictions sur le texte du projet de loi Hadopi,ou leur travail en commission des affaires sociales.Pourtant,l'article 41.1 du règlement de l'Assemblée Nationale interdit une telle concomitance."Quand l?Assemblée tient séance, les commissions permanentes ne peuvent se réunir que pour terminer l?examen d?un texte inscrit à l?ordre du jour"En application de cet article, la discussion du projet de loi Hadopi 2 aurait donc dû être interrompue pendant les travaux des commissions, ou réciproquement.Mais Bernard Accoyer,président UMP de l'Assemblée Nationale, n'a rien voulu entendre mercredi matin face aux protestations des députés socialistes
http://lienpluscourt.com/NUMERAMA22

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