Islande : un eldorado pour les "data centers verts" ?

 |   |  560  mots
(Crédits : Reuters)
Sous le nuage, les data centers... Avec sa position géostratégique entre l'Europe et les Etats-Unis et ses ressources électriques propres issues de l'énergie hydraulique et géothermique, l'Islande émerge comme une destination de choix pour accueillir ces super-centres énergivores qui abritent les données informatiques externalisées des entreprises.

Alors que le pays subit de plein fouet la crise financière depuis 2008, avec notamment une devise sous-évaluée, les sociétés spécialisées investissent le marché. Et l'Etat islandais fait les yeux doux pour les attirer.

Les data centers sortent de terre

La start-up Verne Global, spécialisée dans le développement de centres de données, fait partie de ces sociétés qui ont senti le marché. L'entreprise, qui est présente aussi à Washington aux Etats-Unis, s'est installée à Keflavik, dans le sud-ouest de l'Islande. Elle construit actuellement l'un des plus grands complexes de l'île, près de Reykjavik, qui sera alimenté par 30 à 45 MW d'énergie propre, avec la possibilité de monter jusqu'à 140 MW de puissance.

En mai dernier, le norvégien Opera Software, une société éditrice de logiciels, a annoncé le transfert d'une partie de son trafic vers le nouveau data center développé par l'islandais Thor Data Center, et cela via des câbles sous-marins déployés par l'islandais E-Farice, spécialisé dans les télécommunications. Opera Software revendique 110 millions d'utilisateurs dans le monde.

Energie propre et compétitive

Alors que le secteur est en forte croissance, autour de 9% par an, les développeurs de centres de données sont lancés dans une course à l'efficacité énergétique, visant notamment à réduire le Power Usage Effectiveness, ou PUE, un indicateur de référence en la matière. Les voies sont nombreuses mais les deux axes principaux d'efficacité concernent l'apport d'électricité (propre et/ou renouvelable) et le refroidissement (notamment par des systèmes de "free cooling" tirant partie au maximum des températures froides extérieures, naturelles et illimitées).

Et en la matière, l'Islande offre de sérieux atouts ! Alors que l'énergie consommée du pays provient presque exclusivement de sources géothermique et hydraulique, elle n'utiliserait en 2010 qu'un tiers de ses ressources énergétiques disponibles.

Le pays met aussi en avant la compétitivité-prix de son électricité, égale voire inférieure à l'électricité d'origine fossile. Associée aux ressources en froid - les températures annuelles oscillent entre -3 et 13°C, -, l'Islande offre des conditions optimales pour réduire les coûts de déploiement et l'impact environnemental des data centers. Dernier atout, le pays fait partie des plus développés en matière de technologies de l'information et des télécommunications.

Quid des volcans ?

En mai 2007, la cabinet PricewaterhouseCoopers classait l'Islande comme le pays le plus compétitif sur les coûts dans le secteur, par rapport aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou à l'Inde par exemple. L'agence d'aide à l'investissement en Islande joue ainsi à fond la carte des data centers, et met en avant ses sociétés : Skyrr (data center, hébergement), E-Farice et Danice (télécommunications), Landsnet (transmission électrique), Síminn Group (services de télécommunications), Landsvirkjun et Orkuveita Reykjavíkur (opérateurs énergétiques)...

Reste à savoir si le pays peut s'inscrire durablement dans le paysage des centres de données, et si les sociétés accepteront d'entreposer leurs informations dans une région aussi reculée, une île posée sur un nid de volcans. Le réseau de câbles de transmission devra également faire ses preuves sur le long terme, tant sur le plan de la sécurité que de l'efficacité.

Green Business - le site de référence


 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :