Les logiciels verts d'Avob gagnent du terrain

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Avob accélère son développement sur le segment de l'informatique verte, grâce à ses logiciels qui s'attaquent au gaspillage énergétique des ordinateurs. Cette start-up de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), créée il y a 18 mois, a pris pied sur le marché américain en septembre dernier et va monter en gamme sur sa technologie en 2011.

Composée d'une quinzaine de personnes et dirigée par un jeune ingénieur, Pierre Duchesne, la société vient de réaliser un premier tour de table de 250.000 euros auprès d'investisseurs privés et de business angels. Elle envisage d'ores et déjà une nouvelle levée de fonds plus conséquente au deuxième trimestre 2011. Les trois ingénieurs fondateurs, Pierre Duchesne et deux amis rencontrés sur les bancs de l'école, restent majoritaire.
Ce "financement de confort", selon la société, vient renforcer sa trésorerie et stabiliser financièrement son décollage rapide. Il va aussi appuyer le financement de dépôts de brevets, évalué à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Entre 50 et 75% d'économie énergétique
Avob édite des logiciels pour réduire la consommation des équipements informatiques. A l'origine, la société est partie du principe que la puissance allouée à un ordinateur est surdimensionnée par rapport à son utilisation réelle. Elle a mis au point un logiciel qui permet de moduler la puissance du processeur d'un ordinateur en fonction des besoins de l'utilisateur.
Résultat, au lieu de fonctionner à plein régime en permanence, et donc de consommer un maximum d'énergie, le système informatique ne consomme que l'énergie dont il a besoin à l'instant T. En moyenne, une entreprise ayant une flotte importante d'ordinateurs peut ainsi espérer économiser plus de 50% sur sa facture d'énergie. Les économies peuvent même atteindre 75 à 80% sur un parc d'ordinateurs dont la consommation est très importante (postes de travail à la puissance surdimensionnée et constamment allumés, par exemple).
Grâce à son logiciel, un gain de 75% d'économies a été réalisé, en 2009, sur une flotte pilote d'ordinateurs au ministère de la Culture.

Un modèle économique lié à la performance
La jeune pousse développe depuis un modèle économique lié aux économies réalisées par ses clients, en calculant le coût des licences qu'elle accorde, les économies d'énergie constatées durant une première phase d'audit approfondie et payante. Un argument de vente difficile à contrer...
Elle veut bousculer le marché déjà établi par des cadors du secteur comme les sociétés anglo-saxonnes Verdiem et 1E. Pour faire la différence, Avob compte aussi sur la particularité de sa technologie de gestion de l'énergie, pour contrer un deuxième cercle de concurrents formé par NEC, Fujitsu ou IBM. Le français présente une équation technico-économique qui pourrait faire bouger les lignes de la concurrence internationale dans les prochains mois.

Une place au soleil en France en quelque mois
Au premier trimestre 2010, Avob a réalisé 60 audits commandés par des sociétés du SBF120 et des collectivités (ministères et conseils généraux). Au deuxième trimestre, Avob a remporté un appel d'offres de La Poste pour son parc informatique, avec à la clé 140.000 licences. Et aujourd'hui, Avob est référencée par l'UGAP, la centrale d'achat publique française. Déjà prestataire d'Essilor, elle aussi est en discussion avancée avec d'autres grands comptes du CAC 40, comme des constructeurs automobiles et des acteurs de l'aéronautique.

Aux Etats-Unis, par la porte californienne
La start-up compte réaliser 600.000 euros de chiffre d'affaires sur son premier exercice, avec les 10 millions en ligne de mire à 3 ans. Elle a ouvert, en septembre dernier, une filiale aux Etats-Unis, à San Francisco.
Elle développe aussi des partenariats avec des intégrateurs au Mexique, en Suisse, en Israël et en Europe de l'Est. Pierre Duchesne ne cache pas son ambition : "nous voulons devenir leader mondial de la réduction de l'empreinte carbone dans l'informatique des entreprises".

La société change de dimension
Initialement tournée vers les ordinateurs de bureau et les PC portables, la société s'attaque aux éléments actifs du réseau (wifi, routeurs, serveurs...) et travaille sur les équipements d'impression. "Le marché commence à se stabiliser avec des grands acteurs mondiaux, dont nous espérons faire partie. Mais tout va très vite dans le secteur du software, tous les six mois il faut innover", indique Pierre Duchesne. A terme, les consoles informatiques qui commandent le bâtiment pourraient être concernées.
Il n'y a qu'un pas pour évoquer le smart grid. "Nous avons vocation à approcher les acteurs du secteur et à les comprendre", reconnaît le dirigeant.

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