L'ambitieux Itron prêt à investir sur Linky, les concurrents aussi !

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DR (Crédits : ERDF)
Ils attendent la fin de l'expérimentation des 300.000 premiers compteurs communicants Linky testés actuellement en Indre-et-Loire et à Lyon, dans le cadre du projet pilote d'ERDF qui doit s'achever fin mars.

Les trois industriels qui ont fabriqué à parité les premiers Linky, Iskra (Slovénie), Itron (Etats-Unis) et Landis+Gyr (Suisse/Australie), mais aussi d'autres acteurs comme le français Sagemcom vont scruter attentivement le lancement d'un appel d'offres dans les prochains mois pour le remplacement des 35 millions de compteurs électriques français, prévu théoriquement entre 2012 et 2017.
Landis+Gyr et Itron rivalisent déjà de gros contrats à l'international. Et les deux leaders mondiaux ne veulent pas laisser passer le marché français. Le premier compte sur son site industriel de Montluçon (Allier), le second sur sa base de Chasseneuil du Poitou (Vienne). Si les intentions de Landis+Gyr sont connues depuis quelques mois maintenant, celles d'Itron se dessinent doucement.

Itron : vers 4 à 5 millions de compteurs par an ?
L'américain, qui possède 6 sites industriels dans l'Hexagone, a déjà investi 8 millions d'euros dans une ligne pilote à Chasseneuil du Poitou pour fabriquer la première version de Linky : 6 millions pour la R&D et 2 millions pour les équipements et l'automate ultra-moderne. Ce pilote est capable de produire 500.000 compteurs par an, Itron en a déjà fabriqué et livré 100.000 à ERDF pour son expérimentation.
La chaîne est plutôt impressionnante. Le coeur de la ligne est représentée par des bras automates qui assemblent en quelques secondes, et avec finesse, les 4 cartes électroniques principales du compteur Linky. Outre l'ingénierie de la production, Itron travaille sur la robustesse du compteur, les problèmes de déploiement d'échelle et la performance du système dans son ensemble.
Sur son site viennois, Itron part sur la base d'un outil industriel capable de produire 4 à 5 millions de compteurs par an. Une cadence très importante par rapport aux 35 millions de compteurs intelligents à fournir en France dans les prochaines années. Ce dispositif permettrait aussi de viser l'export.

Des investissements importants
Par comparaison, Landis+Gyr mise sur une capacité de production de 1,5 à 2 millions de compteurs par an. Un rythme qui doit lui permettre de capter 40% du marché français, indiquait l'année dernière Christian Huguet, directeur général de Landis+Gyr France, soit 14 millions de compteurs environ. Contactée par GreenUnivers, la société confirme toujours cette ambition, mais reste mesurée. "Le véritable point de départ sera la réception de l'appel d'offres", juge un responsable de Landis+Gyr.
Même expectative chez Itron. "Mais la décision d'investir est prise", assène Marcel Régnier, directeur général d'Itron International, pour qui Itron à vocation à développer son site de Chasseneuil pour concevoir et fabriquer localement les compteurs communicants français. "L'investissement dépendra des volumes à fournir et des temps impartis," note le dirigeant, optimiste sur sa capacité à remporter une tranche des 35 millions de futur Linky.

Le français Sagemcom sur les rangs
Le slovène Iskra, qui a fabriqué 100.000 Linky, arbitrera sans doute la compétition, tout comme le groupe français Sagemcom. De l'avis d'un observateur, le français sera logiquement qualifié parmi les fournisseurs. Chez Sagemcom, la question de participer à la compétition ne se pose même pas. Le groupe a des objectifs ambitieux sur ce marché, a expliqué un responsable à GreenUnivers.
Sagemcom a été sélectionné en octobre dernier par ERDF pour tester une brique technologique de Linky concernant une technologie de communication par courant porteur en ligne, dite CPL G3, dans le cadre d'un projet pilote. Ecarté de la production des 300.000 premiers Linky, Sagemcom devra mettre les bouchés doubles pour rattraper le retour d'expérience que possèdent désormais Itron, Landis+Gyr et Iskra sur la fabrication de Linky.

Pas de visibilité sur l'appel d'offres
Si Linky aura bien sûr un cahier des charges bien précis, la compétition pour la production des 35 millions de compteurs se jouera sur le coût, la qualité et la fiabilité des produits. L'offre complète de solutions autour des compteurs intelligents (concentrateur, système d'information, technologie de communication et divers instruments du smart grid...) sera aussi déterminante, tout comme la capacité à répondre industriellement à la fabrication de millions de compteurs.
"ERDF a naturellement vocation à travailler avec plusieurs fournisseurs", tranche Michelle Bellon, présidente du directoire d'ERDF, en visite hier dans les locaux d'Itron à Chasseneuil du Poitou. Mais elle n'a pas donné de visibilité sur la date du lancement de l'appel d'offres, arguant que la décision de généraliser Linky incombait à l'Etat.

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