Les PME du secteur photovoltaïque courtisées

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Fragilisées par la crise et l'instabilité juridique de la filière, de nombreuses PME sont sollicitées pour vendre leur portefeuille de projets.

La crise ! Quelle crise ? Alors que de nombreuses PME de la filière photovoltaïque affirment beaucoup souffrir, d'autres milieux d'affaires se frottent les mains. Effet collatéral de la crise de l'offre qui a frappé le secteur et qui a donné lieu à trois baisses successives des tarifs de rachat de l'électricité solaire et un moratoire qui a gelé les projets engagés entre décembre 2010 et mars 2011, le photovoltaïque est soudainement pris d'une fièvre acheteuse jusqu'alors inconnue, indique Me Frédéric Ichay, avocat d'affaires à Paris.

« Ça a commencé vers septembre 2010, juste après la deuxième baisse des tarifs de rachat décidée par le gouvernement », confirme le PDG du groupe lyonnais Pécéblé (photovoltaïque), David Cornet. À compter de cette époque, de très nombreuses entreprises ont été approchées, témoignent plusieurs dirigeants contactés par « La Tribune », avec une question récurrente à la clé : « avez-vous des projets à vendre ? ». Ces interlocuteurs qui oeuvrent dans la discrétion, viennent de toutes les directions. « Il y a des fonds d'investissement chinois, suisses, allemands mais aussi des investisseurs étrangers comme des banques ou des assureurs américains ou israéliens, ou encore des sociétés espagnoles, belges voire françaises », expliquent plusieurs patrons. David Cornet raconte pour sa part « avoir été approché lors du salon Energaïa » à Montpellier en décembre. « Avez-vous des opérations à vendre ? », lui ont demandé ses interlocuteurs, qui ont ajouté : « Nous, nous n'avons pas de problèmes financiers. »

Un marché attractif

Mais d'où vient ce soudain engouement pour les projets solaires français ? L'explication tient en quelques mots. Les PME, fragilisées par la crise du secteur, sont devenues des proies faciles pour ces chercheurs de projets. Le décret du 9 décembre dernier qui a gelé une grande partie des projets, les a sérieusement déstabilisées. Aux effets du moratoire et à ceux des deux baisses des tarifs de rachat décidées par le gouvernement en janvier et septembre 2010, se sont conjuguées les conséquences de la crise économique et financière de 2008-2009 qui s'est notamment traduite par un affaissement considérable des crédits bancaires. « La conjonction de ces éléments a tout bloqué », d'où « l'opportunisme des chasseurs de projets », analyse David Cornet.

En creux, ce regain pour le mercato photovoltaïque peut être interprété comme une bonne nouvelle. Il prouve que le marché solaire hexagonal reste attractif. Et que en dépit des à-coups qu'il subit, beaucoup estiment qu'il est encore temps de s'y engager. À une condition toutefois, celle d'avoir les reins financiers suffisamment solides pour se passer pendant quelques années de retours sur investissement.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2011 à 13:46 :
Comment écrire de telles inépties au moment même où les PME/PMI françaises vont mettre la clef sous la porte et 25 000 emplois vont être supprimés !!!
Vous parlez des développeurs qui vont vendre à l'étranger ! Rien n'a été fait pour les industriels ! La France ne veut pas d'énergies renouvelables en dehors de ces intérêts dans EDF EN.....
a écrit le 01/03/2011 à 11:21 :
Le constat est là mais l?analyse finale ne tient pas.
Rien à voir avec le maintien de l?attractivité du marché français.
Les investisseurs dont vous parlez ne sont pas là pour le long terme mais pour faire des coups !
Ils achètent des projets aboutis à des sociétés qui vont être liquidées. Ces sociétés valorisent des projets qu?ils ne sont plus en capacité de financer afin de sauver ce qui peut l?être avant de tirer le rideau.
Pensez vous que ces investisseurs auront à c?ur de privilégier la filière française ?
L?état aura tout gagné !
PME/PMI françaises qui coulent et bénéfices de la CSPE qui partent à l?étranger.
Ce n?est pas le contraire de ce que semblait vouloir le gouvernement ?

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