Findus mise sur la pêche responsable

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Alors que s'ouvre à Bruxelles le salon international des produits de la mer, la pression sur les ressources n'a jamais été aussi forte.

Les chiffres sont têtus. La consommation mondiale de poisson atteint 115 à 120 millions de tonnes par an alors que le produit de la pêche plafonne à 95 millions de tonnes, malgré l'accroissement des flottes. Le solde provient donc de l'aquaculture, « qui est tout sauf une solution de substitution sans effet sur la pêche sauvage », souligne le directeur général de Findus France, Matthieu Lambeaux. C'est le 1er avril que la marque suédoise, vendue par Nestlé au fonds d'investissement EQT en 2000 et aujourd'hui propriété du fonds britannique CapVest, a dévoilé son site dédié à la pêche responsable, « respectdesressourcesmarines.com ». Destiné au consommateur, ce site communique les « indices de durabilité » de neuf familles de poissons (mis au point avec SFP - « Sustainable fisheries partnership ») et lui apprend à décoder les indications des emballages.

Surcoût

Mais la démarche de Findus est on ne peut plus sérieuse. Avec 150.000 tonnes de poissons achetées chaque année, la marque est le premier acheteur européen de produits de la mer. « La valeur de l'entreprise se trouve dans sa ressource », rappelle Matthieu Lambeaux. De quoi justifier la mise en place dès 2002 d'une politique d'achats responsables fondée sur dix principes et un outil d'évaluation de ses fournisseurs impliquant des audits internes et externes. Une part significative de ses produits est labellisée MSC (Marine Stewardship Council), le label international qui fait foi en matière de pêche responsable. L'objectif est fixé à 100 % pour 2012. Mais 10 % seulement des pêcheries sont labellisées dans le monde. Matthieu Lambeaux se félicite de l'avance acquise par Findus sur un sujet qui devrait connaître une réglementation de plus en plus stricte dans les prochaines années. L'Union européenne prévoit ainsi d'instaurer un système de quotas individuels fixant pour chaque navire de plus de 12 mètres une quantité maximale autorisée de poissons à pêcher. Ces quotas seraient échangeables entre pêcheries d'un même État.

Bien sûr, cette politique a un prix. « Passer d'achats opportunistes sur le marché à des achats négociés auprès de pêcheries sélectionnées entraîne un surcoût de 15 à 30 % », estime le directeur général. Un surcoût qu'il assure ne pas répercuter aux clients. Ces derniers sont 40 % à déclarer choisir Findus pour sa politique de pêche responsable, contre 17 % seulement en 2007. La marque espère d'ailleurs poursuivre sa conquête de part de marché dans un contexte de raréfaction de la ressource et d'arbitrage par le prix forcément favorable aux produits premium.

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