Les assureurs s'adaptent aux besoins de l'économie "bas carbone"

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Face aux coûts exponentiels liés au changement climatique, les assureurs multiplient leurs offres en direction des différents secteurs de l'économie verte.

Prenant peu à peu conscience que des comportements vertueux en matière d'environnement étaient synonymes de meilleurs profils de risques, les assureurs ont commencé depuis quelques années déjà à proposer à leurs clients, particuliers et entreprises, des produits sur mesure assortis de tarifs modulables. Ainsi, il n'échappe à personne qu'une entreprise veillant à éviter toute pollution de son environnement court moins de risque de procès et de pénalités (et en fait courir moins à son assureur).

Mais, au-delà des comportements particuliers, les grandes compagnies d'assurance ont également établi depuis quelques années un lien très clair entre la multiplication des catastrophes naturelles, qui leur coûte très cher (voir encadré), et le changement climatique. Sans même parler des véritables catastrophes, notamment cyclones et inondations, d'après une étude de l'Argus de l'assurance, pas moins de 20 % à 30 % du PIB des pays industrialisés serait ainsi soumis aux conditions climatiques.

D'où l'intérêt de la profession, de favoriser le développement d'une économie « décarbonée » susceptible de limiter l'ampleur de ce changement climatique, et des additions salées qui l'accompagnent. Certains (comme le britannique GCube) se sont positionnés de longue date sur les secteurs des énergies renouvelables. Mais le créneau attire aujourd'hui des assureurs plus classiques, qui rivalisent d'imagination pour s'adapter aux besoins spécifiques de « l'économie verte ».

Alléché par un marché domestique des biens et services de l'environnement qu'il estime à 107 milliards de livres (74,7 milliards d'euros), le leader britannique Aviva a ainsi annoncé il y a deux semaines une nouvelle gamme de produits destinés à l'éolien, au solaire, à la production d'énergie à partir de déchets, à la biomasse, ainsi que d'autres dédiés au conseil en environnement ou encore à l'ingénierie du bâtiment. Aviva proposera par exemple une police couvrant une installation d'énergie renouvelable qui ne serait pas en mesure d'honorer son contrat de fourniture d'énergie au réseau.

Police de garantie

Munich Re, pour sa part, a mis au point une police (commercialisée en France par le courtier Filhet-Allard pour les panneaux fabriqués par Solairedirect, voir ci-dessous) permettant à un opérateur d'installations photovoltaïques de se couvrir contre une production inférieure aux spécifications du fabricant. Une façon de donner aux développeurs de projets une plus grande visibilité dans leurs calculs d'investissements, tout en soulageant le fabricant du poids d'une garantie technique de long terme.

Plus original encore, Kiln, un assureur de la Llyod's, a souscrit le mois dernier la première police permettant à une entreprise de se couvrir contre le risque d'un changement de réglementation concernant les crédits carbone. En effet, l'invalidité de certains types de crédits carbone obtenus via des projets de réduction de certains gaz industriels (HFC 23) à compter de mai 2013, décrétée par la Commission européenne il y a un an, et l'incertitude qui pèse encore sur certains autres, sont identifiées comme un facteur de blocage du marché carbone, dont l'Europe est le principal acteur. De telles initiatives devraient contribuer à le rendre plus liquide.

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