Les entreprises en quête de respectabilité

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Copyright Reuters (Crédits : © Hervé THOUROUDE)
Quelque 500 chefs d'entreprise réunis pour le « Parlement des entrepreneurs d'avenir » débattront cette semaine à Nantes des bénéfices d'une politique de responsabilité sociétale et environnementale (RSE).

Le seul respect de l'environnement ne constitue pas l'alpha et l'oméga de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) mais il en est l'un des piliers. La RSE, qui fait son chemin dans les pratiques des entreprises (et dans leur communication), désigne la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable. Il s'agit de prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leur activité et d'adopter les meilleures pratiques vis-à-vis de la société et de l'environnement. En cette période de crise favorisée par la financiarisation excessive de l'économie et des visées court-termistes, il existe des chefs d'entreprise convaincus des bénéfices d'une solide politique RSE. Le réseau des entrepreneurs d'avenir, qui compte 500 d'entre eux, se réunit les 12 et 13 mai à Nantes avec la participation notamment d'Alstom, Schneider Electric et Lafuma.

Si les investisseurs institutionnels ont été les premiers à se pencher sur le sujet, en recourant aux services des agences de notation extra-financières (telles que Vigeo, en France), l'intérêt pour la qualité de la RSE s'élargit à toutes les parties prenantes d'une entreprise. À ses clients, eux-mêmes redevables du niveau de responsabilité de leurs fournisseurs ; à ses banquiers et assureurs, soucieux des risques sociaux et environnementaux encourus ; à ses consommateurs enfin, sensibles aux conditions dans lesquelles les produits ont été fabriqués.

Droits de l'Homme

La question des outils est centrale. La publication à l'automne dernier de la norme ISO 26000, première du genre à encadrer la RSE dans le monde entier, semble accélérer le passage à l'acte au sein des entreprises. Toute organisation dans le monde, quels que soient sa taille et son secteur, peut s'y référer pour mesurer et piloter sa performance en termes de gouvernance, respect des droits de l'homme, relations et conditions de travail, environnement, bonnes pratiques des affaires, questions relatives aux consommateurs et engagement sociétal. « C'est la première démarche globale, qui reprend toutes les thématiques sur lesquelles nous sommes positionnés », s'enthousiasme Thierry Bourgeois, directeur industriel du fabricant de produits naturels Léa Nature, en charge du projet RSE.

Même pour de bons élèves comme Léa Nature, la nouvelle norme incite à élargir son champ d'action au-delà du périmètre de l'entreprise, à toute sa « zone d'influence ». Par exemple, à sortir d'une stricte relation commerciale pour soutenir des filières agricoles amont (un facteur clé de succès pour les produits biologiques). Ce concept « d'entreprise élargie » intéresse également Dominique Lechevallier, directeur du marché Entreprises chez Generali. « ISO 26000 stabilise les pratiques et constitue un guide précieux pour compléter la cartographie des risques des entreprises que nous prospectons. Depuis l'instauration en 2005 de son label « Agir pour notre avenir », décerné à ses 15 clients les plus performants en la matière, l'assureur a pu vérifier son intuition.

« Les entreprises les mieux notées sur leur RSE affichent un profil de risque deux fois meilleur que la moyenne. » ISO 26000, qui n'est pas certifiable, attribue à une entreprise donnée un niveau de maturité. Mais des labels peuvent prendre le relais au niveau national, comme c'est le cas en France de LUCIE, destiné en premier lieu aux PME.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2011 à 12:59 :
les droits et devoirs de chacun sont ils respectés dans une entrprise???

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