Les fabricants d'électroménager défendent la durée de vie de leurs produits

Par Rémy Janin  |   |  399  mots
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Un sondage réalisé pour le compte des fabricants de gros électroménager cherche à tordre le coup à l'idée de non durabilité des appareils qu'ils fabriquent

C'est une rumeur qui traine depuis longtemps. Les fabricants d'appareils ménagers, et ceux de gros appareils ménagers en particulier, ourdiraient un complot consistant à fabriquer des produits à la durée de vie programmée à l'avance. "Ces idées ont la vie dure", a déploré hier mardi le président du groupement interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement électroménager (Gifam), Jean-Jacques Blanc, lors de la présentation d'un sondage cherchant à mesurer l'adhésion des ménages à la réalité de cette rumeur.

Au-delà de la volonté des professionnels de tordre le coup à une rumeur dont "l'un des enjeux est la confiance que portent les consommateurs aux marques", c'est aussi la question de la durée de vie des appareils et par conséquent la problématique des déchets et de leur progression continue qui s'esquissent en toile de fond. Sans surprise, le sondage réalisé par TNS Sofres pour le compte du Gifam, n'entérine pas l'idée selon laquelle les ménages adhèrent à la rumeur. La durée de vie qu'ils souhaitent pour les appareils achetés - réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, lave-vaisselle - "se rapproche sensiblement de la durée de vie réelle moyenne des appareils", constate le sondage. Exemple : ils répondent aux sondeurs qu'ils envisagent une durée de vie de 14 ans et 4 mois pour leur congélateur. Et celui-ci à une durée moyene de vie de 15 ans et 2 mois ! Pour autant, l'adéquation entre l'estimation des acheteurs et la durabilité réelle des appareils ne prouve pas que le complot est absent de leur esprit. En revanche cela exprime un minimum de satisfaction consumériste.

Alors que le parc hexagonal du gros électroménager représente 177 millions d'appareils, le Gifam affirme qu'environ 6 millions d'entre eux font l'objet d'intervention chaque année. Une proportion censée démontrer leur fiabilité et là encore contredire la suspicion.

Micaela Moran, de l'association de consommateur Que-Choisir ne corrobore pas la rumeur. Elle explique en revanche que "les appareils sont de plus en plus équipés de pièces en plastique au détriment de pièces métalliques ainsi que de composants et dispositifs électroniques qui aggravent les risques et provoquent davantage de pannes". Ce à quoi les fabricants rétorquent que grâce à ces évolutions ils ont, en dix ans, divisé par deux les consommations d'eau et électrique de leurs appareils.