Le captage de CO2 peut-il sauver le climat ?

 |   |  419  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Photo Reuters)
L'éligibilité de cette technologie à l'acquisition de crédits carbone est à nouveau au programme de la conférence de Durban.

Le Graal des 2 degrés supplémentaires au-delà desquels les conséquences pour la planète sont difficiles à anticiper s'éloigne rapidement. Dans ce contexte, les tenants du captage et stockage de CO2 (CSC) donnent de la voix. Depuis plusieurs années, l'Agence internationale de l'énergie chiffre à 20% la part des émissions de CO2 que le CSC pourrait permettre d'éviter d'ici à 2050. Mais, outre un problème d'acceptabilité (en Allemagne, des écologistes sont allés jusqu'à faire un parallèle des risques encourus avec ceux du nucléaire), la technologie consistant à capter le gaz carbonique en sortie de centrale thermique ou d'aciérie avant de le stocker dans des cavités souterraines (gisements pétroliers ou gaziers épuisés ou aquifères salins), reste très onéreuse.

Amorcer la pompe

D'où la nécessité de trouver des pistes réglementaires et financières susceptibles d'amorcer la pompe. L'inclusion dans les mécanismes de développement propres (MDP), sur la table depuis plusieurs années, en fait partie. Dans le cadre du protocole de Kyoto, les MDP permettent aux pays développés d'acquérir des crédits d'émissions de CO2 en développant des technologies propres dans les pays en développement. Alors que le Substa (l'organisme chargé par l'ONU d'examiner dans quelles conditions techniques cette intégration pourrait se faire) continue de plancher sur le sujet, le CCS Global Institute réaffirme la nécessité que 3.400 projets soient développés dans le monde d'ici à 2050.

Mais si la conférence de Durban échouait à définir un cadre pour l'après-2012, c'est le principe même des MDP qui pourrait être remis en question. Certains comptent malgré tout sur une période de latence pendant laquelle ils continueraient d'être utilisés. L'Union européenne, tout en poussant à la continuité du mécanisme, pourrait n'accepter à compter de 2013 que des projets issus des pays les moins avancés, hormis certaines exceptions dont on ignore tout. Or, c'est plutôt en Chine ou en Afrique du Sud (gros consommateurs de charbon) que le CCS devrait se développer en priorité. En outre, les 300 millions de quotas qui doivent être vendus aux enchères pour financer des projets pilotes européens ont vu leur prix s'effondrer de moitié ces dernières semaines... Mais d'autres pistes seront probablement explorées afin de motiver les investissements des industriels et d'assurer la transition vers une électricité décarbonée comme le prévoit la feuille de route de la Commission européenne pour 2050. 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/12/2011 à 22:25 :
On peut produire de grosses quantités de charbon de bois, produit à l'étouffé, pour réduire la quantité de CO2 et fournir de la matière aux cultures.

Par contre, le captage en sortie de centrale, je n'y croie pas. C'est extrêmement complexe et dangereux pour le voisinage si une bulle remonte.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :