Comment créer 60 millions d'emplois verts en 20 ans ?

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Le Bureau international du travail (BIT) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) publient un rapport chiffrant entre 15 et 60 millions les emplois que pourrait créer une économie beaucoup tournée vers une croissance verte. Mais cela suppose de mettre en place des politiques adaptées et un dialogue social solide.

A la veille du Sommet Rio+20, organisé autour des sujets de l'économie verte et de l'éradication de la pauvreté, un rapport publié par l'ONU en partenariat avec le bureau international du travail (BIT) fait à nouveau le constat des dégâts causés à l'environnement mais aussi à l'emploi et aux populations les plus démunies par le modèle de développement actuel. Ils pointent notamment du doigt "l'instabilité systémique croissante liée au secteur financier dont le coût pour les entreprises et les travailleurs dans l'économie réelle est particulièrement élevé" et mettent en gardent contre une exacerbation des pénuries d'eau, de la flambée des prix de l'énergie, des denrées alimentaires et des matières premières, de la pauvreté, des inégalités, de la malnutrition et de l'insécurité alimentaire.

Déjà 5 millions d'emplois dans les énergies renouvelables

Rappelant qu'au moins la moitié de la population active mondiale (1,5 milliard de personnes) sera affectée par la transition vers une économie verte, le rapport liste plusieurs secteurs, qui ont déjà enregistré la création de nombreux emplois. C'est le cas notamment des énergies renouvelables, dont les effectifs augmentent de plus de 20 % par an et qui emploient aujourd'hui pas moins de 5 millions de personnes dans le monde. C'est aussi le cas des métiers liés à l'activité à l'exploitation de forêt, où huit millions d'emplois verraient le jour grâce aux 30 millions de dollars investis chaque année pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts. Les métiers de la protection de la biodiversité occupent 14,6 millions de personnes en Europe, de façon directe ou indirecte et ceux de la rénovation des bâtiments, qui ont mobilisé ces dernières années 100 milliards de dollars d'investissements, ont permis la création de 300.000 emplois par an en Allemagne.

 10 % des emplois responsables de 80 % des émissions de CO2

Bien sûr, certains secteurs seront plus touchés que d'autres par la transition. C'est le cas de la pêche, qui pourrait voir ses effectifs fondre pendant une période de ralentissement forcé des captures faisant suite à une surpêche, qui prévaut depuis de nombreuses années. Malheureusement, 95 % des 45 millions d'emplois du secteur sont occupés par des populations défavorisées des pays émergents. En revanche, le PNUE et le BIT rappellent que les 10 à 15 secteurs responsables de 70 à 80 % des émissions de gaz à effet de serre, les plus directement menacés par cette transition, ne représentent que 8 à 12 % des emplois dans le monde.

Le rôle essentiel du dialogue social

Pour autant, les auteurs mettent en garde. De nombreuses mesures doivent être mises en oeuvre pour que ces emplois verts voient réellement le jour.
Rappelant que cette transition implique des modifications substantielles des pratiques dans les entreprises et des changements structurels dans l'économie, ils insistent sur la nécessité d'inciter les entreprises à investir et à leur permettre d'adopter de nouveaux modes de production. Cela se décline notamment par une fiscalité environnementale faisant porter le poids du prélèvement du travail vers l'usager et le pollueur et par un accompagnement des entreprises dans cette transition, à commencer par les PME. En outre, pour garantir que cette économie verte bénéficie aux plus démunis et contribue réellement à faire reculer la pauvreté, le rapport recommande des politiques sociales et de marché du travail adaptés, mettant l'accent sur la qualification et la formation et garantissant l'équité entre hommes et femmes.

Enfin, le rapport insiste sur le rôle essentiel du dialogue social. En effet, une "coopération étroite entre le gouvernement et les partenaires sociaux" sera indispensable à la réussite de la conversion écologique, qui "va entraîner de profonds changements dans les processus de production et les technologies, ainsi que des réallocations d'emplois".

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a écrit le 01/06/2012 à 12:58 :
C'est une bonne nouvelle qu'un secteur d'activité crée de l'emploi par contre je me méfie des effets d'annonce des organismes internationaux. je me souvient qu'à la création de l'euro celui ci devait entrâiner la création de je ne sais plus combien de millions d'emplois ont voit aujourd'hui malheureusement le résultat. L'important c'est la création d'emploi et il faut rester raisonnable quant aux chiffres annoncés.
a écrit le 01/06/2012 à 0:31 :
C'est une très bonne direction désormais incontournable.
a écrit le 01/06/2012 à 0:10 :
le BIT donne dans le 'madame irma' maintenant ...?
combien d'emplois créés et combien d'emplois supprimés...? On parle dans cet article de 300.000 emplois crés en allemagne : cela inclu -t-il les emplois des entreprises solaires allemandes qui viennent de déposer le bilan ? et a-t-on déduit les emplois supprimés dans la filière nucléaire ??
Réponse de le 01/06/2012 à 9:46 :
Il faut arrêter de se focaliser sur la défense du nucléaire français à travers chaque intervention, l'article parle de la RENOVATIOn pour les 300 000 emplois cités.
Dans les ENR il s'agit de 382 000 emplois crées dans le même temps, dont 110 000 emlplois dans le solaire. MALGRE les pertes d'emplois récentes dans ce secteur il continue à créer de l'emploi. En France on fait ses choux gras des quelques faillites de ce secteur en pleine consolidation parce qu'on y voit une menace pour notre nucléaire. Une alternative! Quelle horreur! La consolidation du secteur informatique dans les années 90 a entrainé beaucoup de faillites aux Etats-Unis et beaucoup de sarcasmes en France. Résultat : les Etats-Unis sont toujours ultra leader et nous toujours ultra nuls.
a écrit le 31/05/2012 à 22:29 :
il faut beaucoup de main d'oeuvre pour tuer les insectes sans insecticide et pour sarcler la terre sans outil motorisé . C'est générateur d'emplois.
Réponse de le 31/05/2012 à 23:08 :
+1 ;)
Réponse de le 01/06/2012 à 0:36 :
Moins cependant que pour tuer et sarcler la bêtise...!
a écrit le 31/05/2012 à 19:45 :
Au moins, le BIT reconnaît que les subventions à certains secteurs détruisent au moins autant d'emplois dans d'autres secteurs. C'est un premier pas 'révolutionnaire' (n'ayons pas peur des mots) vers plus de réalisme que vient de produire le BIT. Mais ce que ces néo-marxistes oublient, comme à leur habitude, c'est le malinvestissement, grand destructeur d'emplois à terme, que ces subventions provoquent. Au final, il ne restera que des dettes et des chômeurs (et le froid glacial des longues nuits d'hiver, dans le cas des énergies vertes) lorsque l'illusion de la croissance subventionnée se sera envolée.
Réponse de le 31/05/2012 à 21:07 :
Guignol, vous avez dû TRES mal lire le premier paragraphe qui alerte sur la trop grande puissance de la finance. Mais bon, en tant que rentier, on vous "comprend"...
a écrit le 31/05/2012 à 19:08 :
vous parlez création d'emplois? On nous dit qu'on perd en période de croissance des parts de marché à l'export. Le medef réclamait 90 milliards pour la compétitivité. On est loin du compte. De plus, on lit dans la presse que nous allons progressivement perdre nos industries dans les 5 ans à venir. a commencer par les télécoms, puis les voitures, les trains et les avions. C'est pas Napoléon qui disait quand la Chine s'éveillera le monde tremblera?
Réponse de le 31/05/2012 à 19:29 :
En effet. D'ailleurs, Alain Peyrefitte a très mal vécu sa retraite de Russie ainsi que sa retraite à Sainte-Hélène.

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