EDF va louer des voitures électriques

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A l'occasion du Mondial de l'automobile, l'électricien est sur le point d'annoncer plusieurs initiatives fortes dans l'écomobilité, dont la location de voitures électriques à des flottes d'entreprises.

Pour EDF, ce Mondial 2012 marquera son entrée en fanfare sur le marché de la mobilité durable. C'est bien connu, le manque d'infrastructures de recharges constitue un frein majeur au décollage de la voiture électrique. A moins que ce soit l'inverse. C'est l'éternel problème de la poule et de l'oeuf. Qu'à cela ne tienne, l'électricien (partisan d'un déploiement modéré sur la voie publique au profit d'un équipement plus massif des particuliers et des entreprises) propose via sa filiale Sodétrel plusieurs offres de bornes destinées aux particuliers, aux collectivités ou aux entreprises. Il a signé à cet effet plusieurs partenariats avec des constructeurs, dont une exclusivité avec Nissan.
Jusque-là, rien de très surprenant de la part d'un électricien.

La location moyenne durée, un créneau stratégique

En revanche, son offre de location moyenne durée de véhicules électriques destinée aux entreprises, qui sera annoncée ce matin, constitue une initiative plus marquée dans l'écosystème de la «mobilité durable». Constatant que le créneau de la moyenne durée, qu'il estime stratégique, est déserté par les loueurs traditionnels (mais aussi par les constructeurs), il s'y engouffre grâce à un atout majeur: son offre de bornes de recharge. «Pour la courte durée, l'investissement dans une borne de recharge ne se justifie pas, mais cela représente un frein, explique Michel Couture, directeur de la mobilité électrique du groupe. Quant à une location longue durée, elle s'apparente à un achat à crédit, et suscite donc la même appréhension vis-à-vis d'un nouveau type de véhicules qui ne s'utilise pas comme un véhicule thermique.» Or Michel Couture est convaincu que c'est l'usage, via la location, moins engageante et moins onéreuse que l'achat, qui permettra de convertir massivement les automobilistes à l'électrique.

La maturité récente du marché

Pour lancer cette nouvelle offre, destinée aux flottes d'entreprises, EDF va réactiver sa filiale e-Lease. Créée en 1998 et détenue à 70% par EDF via sa filiale Sodétrel et à 30% par des loueurs, elle était dès l'origine positionnée sur le marché de la location, avec l'objectif de tester une offre de véhicules électriques sur une longue durée. «Mais dans les années 1990, le prix trop élevé, la durée de vie limitée de la batterie et finalement l'absence d'offre, se sont révélés des freins trop importants», témoigne Michel Couture.
Les temps ont changé: les batteries ont fait d'importants progrès en termes de capacité, de prix, de poids, de volume, de durée de vie; l'offre de véhicules se développe à grands pas, l'enjeu de la pollution est devenu majeur et le soutien public en faveur des véhicules décarbonés s'est nettement affirmé. EDF estime désormais le marché suffisamment mûr pour s'y implanter.

Une première flotte d'une trentaine de véhicules

L'électricien compte beaucoup avant tout sur sa capacité à proposer une offre duale comportant à la fois la voiture et (de façon facultative, mais qui devrait décider bien des entreprises, du moins l'électricien l'espère-t-il), l'infrastructure de recharge. «Cette location de durée moyenne -précisément de 1 à 23 mois- permettra de tester l'appétence des clients pour les véhicules électriques», assure Michel Couture. Dans un premier temps, la flotte sera composée d'une trentaine de véhicules, dont des iOn (développées par Mitsubishi pour Peugeot). Des discussions sont également en cours avec Renault pour des Zoé et avec Nissan pour des Leaf. Les tarifs de location ne sont pas encore définitivement arrêtés. A terme, les véhicules pourraient être revendus au grand public à des prix attractifs. «De nombreux experts pensent que le vrai marché de la voiture électrique sera celui de l'occasion», confirme Michel Couture.

Des partenariats tous azimut avec des acteurs de la mobilité durable

Plusieurs partenariats, l'un avec la start-up d'autopartage pour entreprises et collectivités Mopeasy, un autre avec Schneider Electric, un autre encore avec Axa Assistance complètent l'offensive d'EDF dans l'écomobilité.
Avec Mopeasy, détenteur d'un brevet pour un système sans radio permettant de fonctionner dans les parkings, EDF vient empiéter sur les plates-bandes d'Autolib avec une offre d'autopartage.
Avec Schneider Electric, il offrira une solution de recharge clé en main à destination des grandes surfaces, qui devraient devenir rapidement un marché important.
Avec Axa Assistance (mais aussi Europcar, Navteq et Schneider), c'est une plate-forme communautaire baptisée Plug & Move qui doit faciliter la vie des utilisateurs de véhicules électriques, grâce à des services de géolocalisation et d'information concernant les bornes de recharge.
Sur un marché de l'écomobilité tout juste émergent, où les cartes sont totalement rebattues et où la voiture n'est plus qu'un maillon parmi d'autres, EDF semble bien décidé à occuper le terrain.
 

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a écrit le 03/10/2012 à 10:58 :
A supposer que ses véhicules électriques se développent, avec quoi on va les recharger? Alors que l'approvisionnement de certaines régions est déjà tendue en hiver (du fait du chauffage électrique)... avec les centrales au charbon Allemandes?
a écrit le 26/09/2012 à 16:11 :
La seule voiture électrique réellement efficiente et techniquement au point est la voiture à hydrogène. Qu'est-ce qu'on attend ?
Réponse de le 26/09/2012 à 17:27 :
De savoir synthétiser l'hydrogène à des coûts rentables et avec un bilan écologique favorable et de savoir le stocker dans un réservoir de voiture...
a écrit le 26/09/2012 à 13:35 :
Une voiture électrique me brancherait bien si j'étais bien au courant .
a écrit le 26/09/2012 à 12:57 :
Qui va payer ? voitures couteuses utilisées a but publicitaire aucun interet.n'ont d'écolo que le nom parce que l'électricité elle n'est produite avec des éoliennes
Réponse de le 26/09/2012 à 13:55 :
La voiture électrique n'a pas vocation à nous rendre écologique/économique mais plutôt indépendant du pétrole.
Réponse de le 26/09/2012 à 16:58 :
Oui, mieux vaut être dépendant de l'uranium
Réponse de le 26/09/2012 à 17:31 :
Dépendant de l'uranium et du lithium...
a écrit le 26/09/2012 à 12:20 :
Il faut arrêter de dire des bêtises par avance!
Personne connaît encore le MTBF des batteries qui sont en train d'etre mises dans les vehicules qui sont mis en production maintenant et on est train de dire que ça va durer longtemps! Le consommateur moyen serait fou d'acheter un VE d'occasion si en cas de défaillance de la batterie on lui demandait hors garantie entre 7 et 10000 euros pour la remplacer...et avec comme conséquence la perte totale financiere ou presque du véhicule, car il est hors d'usage sans la batterie!
Je vois beaucoup de spécialistes qui sont les conseilleurs mais pas les payeurs!
Réponse de le 26/09/2012 à 13:58 :
Si tout le monde avait votre raisonnement, nous roulerions encore en charrette. Je doute que votre batterie ne tombe en panne subitement hors garantie. Un vice de forme n'attendant pas 3 ans pour se déclarer.
Réponse de le 26/09/2012 à 14:27 :
Les batteries ne font bien souvent pas partie du prix de vente de la voiture électrique, c'est une location. Le constructeur vous loue une batterie, disons 80?/mois pour la Zoé de Renault. Ca permet justement de ne pas s'en faire pour la défaillance de la batterie et, point le plus important, de profiter des avancées technologiques qui permettent de faire plus de km.
Réponse de le 26/09/2012 à 16:14 :
80 euros par mois de location de batteries ? Plus 80 euros d'électricité consommée ? Et toujours une autonomie ridicule et des temps de chargements délirants ? Autant rouler à l'essence ! C'est moins cher et beaucoup plus efficace.
a écrit le 26/09/2012 à 12:03 :
Est ce que les bornes de recharges et les prises électriques de voitures sont normalisées?
a écrit le 26/09/2012 à 11:19 :
C'est quand il y aura un réseau de bornes de recharges que les gens passeront à l'électrique. L'offre de Renaul est très bonne avec des prix acceptables mais il n'y a pas de bornes.
Personellement, le Twizzy m'intéressait pour aller au boulot, il permet de porter une charge que ne permet pas le vélo, il protège plus qu'un scooter et il coûte moins cher qu'une voiture mais il n'y a pas de borne. S'il y avait une borne près de chez moi et près de mon boulot, je pourrais sauter le pas.
a écrit le 26/09/2012 à 10:34 :
Il y a beaucoup plus efficace pour économiser du carburant. - Un train de fret, qui traverse la France du sud vers le nord avec 48 semi-remorques, permet d'économiser environ 15 000 litres de gazole par voyage.
- Un bateau de transport peut économiser 2,5 tonnes de carburant par jour avec l'aide une voile SkySails.
- Grâce à une chaudière biomasse utilisée pour chauffer ses 3 hectares de serres, un producteur de melons va économiser 370 000 litres de fioul par an dès 2013.
Réponse de le 26/09/2012 à 11:15 :
Ce serait idéal si les trains n'étaient pas sous la menace permanente du chantage syndical. Et l'électricité du train, comment la produit-on ? Avec des éoliennes ou du gaz de schiste ? Les trains ne sont pas près d'arriver à destination...
Réponse de le 26/09/2012 à 11:16 :
Le fret n'est pas une solution. Tous les réseaux ferrés actuels sont saturés et les écolos n'en veulent pas de nouveau...
Réponse de le 26/09/2012 à 12:04 :
Un train de fret diesel consomme 3 fois de carburant que des camions (ce qui permet d'éviter l'électrification des lignes soit 1 million d'euros le kilomètre). Une péniche consomme 5 fois de carburant que des camions.
a écrit le 26/09/2012 à 8:49 :
Il serait intéressant de connaitre la taille du parc de voitures électriques utilisées par EDF pour ses propres besoins.
Réponse de le 26/09/2012 à 10:09 :
3000 à l'epoque ou j'ai créé Elease il y a 10 ans
Réponse de le 01/10/2012 à 21:33 :
Le plus grosse flotte de VE au monde, c'est la Poste "Avec 10.000 voitures et plusieurs milliers de quads électriques d'ici 2015, avec également plus de 10.000 vélos à assistance électrique".
L'idée de lancer une grosse commande de véhicules électriques regroupant l'Etat et plusieurs sociétés est apparue début 2009 et a débouché l'année suivante sur un groupement comptant 20 adhérents. Ces derniers sont, entre autres, ADP, Air France, Areva, Bouygues, EDF, Eiffage, ERDF, France Télécom Orange, GDF Suez, Suez Environnement, GRT Gaz, GrDF, La Poste, RATP, le consortium d'aide aux collectivités SAUR, la SNCF, le groupe SPIE, l'Ugap, Veolia et Vinci, le tout piloté par La Poste.
Son but est «d'atteindre une masse critique permettant de faire naître une offre de véhicules électriques compétitive et pérenne», soulignent les ministères de l'Environnement, de l'Economie et des Finances ainsi que celui de l'Industrie dans un communiqué commun. A terme, 50.000 véhicules électriques pourraient être achetés via cette procédure.
Sur les 23 000 véhicules électriques des 2 premiers lots, sur cet appel d'offre, le groupe EDF en commande environ 3000 en grande majorité pour sa filiale Erdf. ( + 2 000 par la suite).
Réponse de le 03/10/2012 à 23:13 :
Très bien, appel d'offres sorti en 2010, combien de VE ont été livrés en 2012?

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