En 2012, les enseignes signeront des baux verts

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(Crédits : Sopic)
Une nouvelle loi impose aux magasins de réduire leur consommation d'énergie. Le groupe Sopic applaudit : il vient de signer des « baux verts » pour son futur centre commercial à Montreuil.

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre au SIEC, salon du retail et de l'immobilier commercial qu'organisait le Conseil national des centres commerciaux les 16 et 17 juin à Paris. La loi Grenelle 2 imposera, à partir du 1er janvier 2012, à tous les baux à usage de bureaux et de commerces, l'insertion d'une « annexe environnementale ». « Et ce à partir de 2.000 m2 de surface de vente », précise Marie-Noëlle Marava, directrice de Sopic, promoteur de centres commerciaux. Concrètement, les enseignes, locomotives de centres commerciaux, et leurs bailleurs devront s'engager par contrat à « procéder à un relevé de leurs consommations énergétiques réelles en énergie finale ». En clair, le bail vert est sur les fonts baptismaux.

« Le bailleur exigera de son locataire des installations d'éclairage. Car elles représentent entre 50 % et 70 % des consommations d'énergie d'une enseigne », indique Marie-Noëlle Marava. Et il pourra recommander du matériel et des contrats de maintenance pour ses systèmes de climatisation, autre gros poste énergivore.

Créateur de valeur

« C'est une démarche totalement nouvelle. Elle exige des promoteurs qu'ils éduquent les responsables de travaux des enseignes à de nouvelles habitudes d'exploitation », estime Michel Cousin, président du groupe Sopic.

Il n'empêche. Le secteur s'y est déjà attelé. Le cabinet Stratégies Sites et Commerce dirigé par Philippe Lehartel vient de commercialiser huit « baux verts », avec les enseignes C&A, Camaïeuml;eu, Happy, Lissac, Marionnaud, McDonald's, Naturalia et Paul. Toutes s'installeront dans le centre Grand Angle que, fin 2012, Sopic ouvrira à Montreuil face à l'Hôtel-de-Ville. D'autres promoteurs font de même. En janvier, Unibail-Rodamco a signé ses premiers baux verts avec Nature & Découvertes pour ses magasins existants (voir « La Tribune » du 12 janvier 2010).

Tous les arguments plaident en leur faveur. Et pas seulement l'évolution de la législation. « Malgré le surcoût du bâtiment, les niveaux de loyers sont ceux du marché. Mais les charges payées par le locataire sont inférieures à 50 euros par m2, contre 80 à 100 euros du m2, habituellement », souligne Marie-Noëlle Marava. L'argument des baux verts pourrait aussi sonner aux oreilles des investisseurs. « Ils donnent de la valeur à un centre commercial », juge Philippe Lehartel. D'autant que se profile, en 2015, la mise aux normes environnementales des centres commerciaux existants. Un chantier énorme qui obligera les promoteurs à puiser davantage dans leurs poches.

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