Qui subventionnera les subventionneurs ?

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Le Premier ministre n'a pas de chance. Car, au fond, que fait-il de si différent de ses prédécesseurs ? Augmenter les prélèvements - tout en jurant que c'est-la-dernière-fois-promis -, diminuer le pouvoir d'achat des salariés en les incitant à consommer davantage, sans oublier de glisser, de-ci, de-là, quelques petites ristournes pour les bons clients. Autant de vieilles recettes qui, hier encore, faisaient les bonnes soupes et qui, aujourd'hui - est-ce le manque de rondeur du nouveau maître queux ? -, ne donnent plus qu'un brouet amer. Voyez la « juppette », par exemple ? Qu'a-t-elle, au fond, de moins attrayant que sa soeur jumelle la « balladurette » ? Rien. Et pourtant, elle ne marche pas si bien. Et même les constructeurs, qui avaient applaudi à l'initiative du cher Edouard, se plaignent maintenant des « effets pervers » de ce type e prime sur leur marge et sur le comportement des consommateurs. Figurez-vous que non seulement ces mauvais Français en profitent pour acheter du bas de gamme, voire des voitures étrangères, mais qu'en plus ils font jouer la concurrence pour arracher des rabais supplémentaires. Comme s'ils avaient entendu parler de ces chefs d'entreprise qui, paraît-il, délocalisent pour bénéficier des allégements offerts par les collectivités locales et n'embauchent plus que de la main-d'oeuvre subventionnée par l'Etat. Nous sommes insensiblement entrés dans un drôle de système où, désormais, pour mettre un pied devant l'autre, chacun s'est habitué à attendre les soldes, les promotions, les primes, les subventions ou les baisses d'impôts. Les contribuables sont dorénavant priés de financer les dépenses courantes des consommateurs. Ça a paru marcher un temps. Et puis, on a fini par se rendre compte qu'il s'agissait des mêmes, et qu'ils n'avaient malheureusement qu'une seule tirelire pour tous. La malchance d'Alain Juppé est de s'être trouvé là au mauvais moment. KATHLEEN EVIN

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