Le mark règne sur l'Europe, le dollar sur les Amériques et l'Asie

L'union économique et monétaire européenne est peu comparable aux intégrations monétaires existantes, limitées à un contexte particulier. Les micro-Etats - Cité du Vatican en Italie ou principauté de Monaco en France - suivent par exemple étroitement la politique monétaire de leur grand voisin. Tandis que des pays d'inégale dimension - la Belgique et le Luxembourg, la Suisse et le Liechtenstein - vivent un rapprochement monétaire asymétrique. Dans l'Union économique belgo-luxembourgeoise, créée en 1921, c'est le franc belge qui sert de monnaie de référence et la Banque nationale de Belgique conduit seule la politique monétaire de l'ensemble. Ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes. En 1982, la dévaluation contrainte du franc luxembourgeois a ainsi suscité bien des velléités de rupture du côté du Grand-Duché... L'union monétaire version Maastricht se distingue également du concept de zone monétaire où c'est la devise la plus forte qui sert de référence. Aujourd'hui, la plupart des monnaies participent de facto à de telles zones ancrées principalement sur le dollar et le mark, par rapport auxquels sont définis les taux de change. Les pays qui renoncent ainsi à leur indépendance monétaire cherchent à accroître la crédibilité et la stabilité de leur politique monétaire pour séduire les investisseurs internationaux. Agnès Bénassy-Quéré et Pierre Deusy-Fournier, économistes au Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales), ont dressé une carte de ces zones monétaires en calculant la volatilité relative des taux de change des monnaies par rapport au dollar, au mark et au yen, entre 1989 et 1993. En Europe, cette géographie monétaire délimite un solide bloc de change constitué principalement des pays d'Europe de l'Ouest dans lequel presque toutes les monnaies sont ancrées sur le mark. S'y ajoutent les pays d'Europe centrale qui stabilisent partiellement leurs monnaies par rapport à la devise allemande. Demain, cette zone mark pourrait céder la place à une vaste zone euro dès lors que les pays de l'Est se verraient offrir une réelle perspective d'intégration rapide dans l'Union européenne, laquelle favoriserait une coordination monétaire implicite. C. V.

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