Le GAN en vitrine sur les routes de France

Pendant la première semaine du Tour de France, l'équipe GAN a crevé l'écran. De quoi mettre du baume au coeur de l'assureur, qui, il n'y a pas si longtemps encre, se demandait s'il allait poursuivre l'aventure du cyclisme, tant ses résultats financiers sont en berne depuis trois ans. Une semaine avant le départ du Tour, le GAN a reconduit le contrat de l'équipe jusqu'au 31 décembre 1997. Mais après un démarrage en fanfare, la chance a tourné. Chris Boardman a terminé le prologue en seconde position, Frédéric Moncassin a ravi le maillot jaune lors de la troisième étape, relayé dès le lendemain par l'un de ses coéquipiers, Stéphane Heulot, sacré champion de France depuis le 23 juin. Mais la première étape de montagne - Chambéry - les Arcs - lui a été fatale. Victime d'une tendinite au genou, il a été contraint à l'abandon. Et, durant cette même journée, le reste de l'équipe n'a guère brillé par ses performances. Qu'à cela ne tienne, durant sept jours les journaux, les chaînes de télévision et les radios ont consacré l'équipe du GAN. Pour une marque, c'est un scénario rêvé. D'autant que le GAN investit environ 30 millions de francs par an depuis 1993 dans le parrainage d'une équipe cycliste. Avec ses dix-huit coureurs, ses deux directeurs sportifs, les mécanos, l'encadrement médical..., elle participe tout au long de l'année aux grandes courses internationales. Pour « les GAN », l'année 1996 s'est bien présentée : ils t déjà remporté vingt-cinq victoires avant le début du Tour. « Dans le cyclisme, si on ne gagne pas, on n'existe pas. Mais il faut aussi savoir miser sur le temps », souligne Bruno Paillet, directeur de la communication du GAN. Il faut aussi prendre un risque sur une équipe. En 1995, lorsque Chris Boardman, considéré comme l'un des espoirs du Tour, a été victime d'un très grave accident lors du prologue, le moral des troupes et du sponsor a failli virer à la déprime. Aujourd'hui un certain nombre d'entreprises, comme le Crédit Lyonnais avec la remise du maillot jaune, ou Compaq pour le chronométrage des étapes, financent en partie l'événement mais n'investissent pas dans une équipe de coureurs. Les temps étant difficiles, le GAN a réduit de 3 millions de francs le budget alloué au cyclisme. « Nous avons choisi de privilégier le sport. Nous ne participons pas à la caravane du Tour, très consommatrice de fonds », ajoute Bruno Paillet. A ceux qui se déclarent surpris qu'une entreprise ayant perdu plus de 5 milliards en 1994 et 1,8 milliard l'année suivante dépense 30 millions de francs pour la « petite reine » , il répond : « C'est un arbitrage d'investissement publicitaire. » A la télévision, une campagne de pub pendant quinze jours coûte entre 10 et 12 millions de francs. Moncassin, Boardman ou Heulot filmés pendant des heures lors de la retransmission en direct des étapes, cela n'a pas de prix. Et le GAN est plutôt sage comparé au Banesto, à la Once ou à Motorola qui consacrent entre 60 et 90 millions de francs à leurs équipes respectives. Dominique Mariette

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